Chambly : l’agrandissement de l’école secondaire : un travail sur du long terme
Jean-François Roberge, député de Chambly et ministre de l’Immigration, reconnaît les longueurs entourant le projet d’agrandissement de l’école secondaire de Chambly (ESC), qui viendra à terme dans les mois à venir.
Dix années se sont écoulées. Entre la pétition déposée à l’Assemblée nationale par Jean-François Roberge, fin 2016, et l’accueil de tous les cycles à l’école secondaire de Chambly, rentrée scolaire 2026, il est question d’une décennie. « Oui, c’est long, absolument, trop long, convient Jean-François Roberge. Il y a eu des années de perdues. Une fois que l’on a enclenché le projet, je pense que ça a quand même été dans les temps, considérant la complexité à la fois de construction et la rénovation de l’ancien pavillon. »
Le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) a informé que l’ESC pourra accueillir tous les élèves lors de la rentrée scolaire 2026-2027. Les travaux de mise aux normes dans l’ancien bâtiment se poursuivront toutefois l’an prochain. Une cohabitation temporaire entre les activités d’apprentissage et le chantier de construction sera donc nécessaire.
Des commissaires dans les jambes
Les premiers coups de pelle ont eu lieu en novembre 2020. Cela faisait alors quatre ans que la communauté chamblyenne avait officiellement fait entendre à Québec sa volonté d’agrandir l’ESC. « Ça a été long avant que ça démarre. À l’époque, on avait devant nous un conseil des commissaires. Il n’était pas très aidant, pour le dire ainsi. Il n’avait pas cette vision de l’école secondaire complète à Chambly. Il a fallu travailler fort et faire beaucoup de mobilisation », blâme Jean-François Roberge. Ces conseils ont disparu avec l’abolition des commissions scolaires francophones, en juin 2020, sous la volonté du député local, alors ministre de l’Éducation.
Le rôle de la COVID-19
Les travaux de construction se sont amorcés au coeur des mesures sanitaires de la COVID-19. « Il y a eu retard dû à la pandémie. Tout a ralenti. Beaucoup de chantiers ont été retardés en raison de ce que l’on a appelé le rebond pandémique. Il y avait beaucoup d’investissements à faire en peu de temps. Ça a propulsé les coûts d’infrastructures à la hausse. Dans le cas de l’ESC, ça n’a pas été majeur par rapport au budget estimé, mais on n’a pas échappé aux augmentations et aux retards », se souvient le ministre de l’Immigration
Encore du retard
Au début de 2024, les travaux de l’agrandissement se terminaient. Luc Lapointe, ancien directeur général du CSSP, a indiqué qu’il était temps de recevoir le financement nécessaire pour rénover l’ancien bâtiment scolaire. Ce dossier devait être présenté au Conseil des ministres l’été suivant. Ça n’a pas été le cas. En décembre, le CSSP a dû annoncer qu’il n’y aurait pas suffisamment de places pour tous à la rentrée 2025. « Je savais que ça allait être présenté, mais c’est sûr que j’étais moins à l’aise avec le fait que ce soit retardé. Ce sont des décisions gouvernementales qui sont difficiles. On ne peut pas faire tous les dossiers en même temps. J’ai joué mon rôle de député de Chambly », décrit M. Roberge. Il soutient être allé à la rencontre des ministres des Infrastructures (Jonatan Julien) et de l’Éducation (Bernard Drainville). « J’ai fait tout ce que je pouvais pour m’assurer que le projet reste dans les priorités et soit dans les premiers à être débloqués, et c’est ce qui est arrivé ensuite. »
Pas encore à Mont-Bruno
Quand il est devenu concret que tous les élèves ne pourraient être accueillis à l’ESC pour la rentrée 2025-2026, le CSSP a proposé des solutions temporaires pour pallier la situation. Celle d’envoyer une cohorte de cinquième secondaire à l’école du Mont-Bruno, comme c’était le cas depuis plusieurs décennies, a été vigoureusement rejetée par plusieurs parents. Jean-François Roberge n’a pas été surpris de cette levée de boucliers. « Y envoyer des enfants, alors que l’on avait notre nouvelle école, c’était perçu comme un recul. Pas que c’est une mauvais école, mais c’est loin, géographiquement, pour les gens d’ici. Ils se disaient que ce n’était pas vrai que l’on allait renvoyer nos enfants à l’autre bout », rapporte Jean-François Roberge. Les élèves de première secondaire ont finalement occupé l’école du Boisé, à Carignan, lors de la dernière année scolaire. « À court terme, je pense que c’était la meilleure option », estime le ministre de l’Éducation. Cette nouvelle école a été officiellement inaugurée la semaine dernière en présence du premier ministre du Québec, François Legault.
« Fier » du bilan en éducation
En deux mandats de la Coalition avenir Québec (CAQ), beaucoup d’actions ont lieu au bureau de circonscription de Jean-François Roberge, sur l’avenue Bourgogne. Enseignants, services de garde, secteur adulte et transporteurs scolaires y ont notamment manifesté. Votre gouvernement a-t-il pris soin du milieu de l’éducation? « Oui, absolument », répond Jean-François Roberge, convaincu. Il se dit « très fier » du bilan en éducation sous l’ère de la CAQ. Il met en contexte qu’il s’agit d’un sujet sensible. « On parle des enfants avec des parents. Donc, des gens qui sont émotivement engagés et c’est très bien comme ça », juge-t-il. Il rappelle la présence « extrêmement puissante » des syndicats. « Donc, quand on a un sujet prioritaire, des parents touchés au premier chef puis des groupes de pression puissants, ça ne peut pas être facile, mais c’est correct. Peu importe le parti au pouvoir, sur huit ans, dans la mesure où l’on essaie de faire des changements, c’est certain qu’il y aura un peu de manifestation, d’agitation. »
Redevenir enseignant
Les élections générales provinciales sont prévues le 5 octobre prochain au Québec. Au moment d’écrire ces lignes, selon les projections du vote de Qc125, la CAQ n’obtiendrait que 16 % du suffrage. Dans la circonscription, le député local serait à 21 %, sous le Parti québécois qui se situe à 39 %. Hypothétiquement, Jean-François Roberge nomme être ouvert à regagner son poste de professeur. « C’est une option pour moi. Que ce soit en 2026 ou, plus tard en 2030, ça se peut très bien que je retourne enseigner. Je n’ai jamais perdu le désir d’être enseignant. Chaque fois que je mets le pied dans une école, je me sens bien », conclut-il.
