Chambly : la robotique sauvée in extremis à l’école secondaire

Les élèves de l’école secondaire de Chambly (ESC) qui font de la robotique ont eu chaud alors que la menace de la fin de l’activité a plané pendant presque deux semaines.

La robotique a été en péril à l’ESC. Emmanuel Nadeau-Ethier, Hugo Marois et Alexandre LeSage, enseignants qui chapeautent les projets, ont annoncé, le 9 mars, qu’ils cessaient toute implication en robotique. Le 19 mars, une deuxième rencontre d’échanges avec la direction a permis d’apporter des éclaircissements sur les décisions prises et de reconnaître les rôles de chacun. À la lumière de ces discussions, les enseignants responsables ont finalement confirmé leur intention de poursuivre leur engagement dans le projet. Les activités pourront donc reprendre normalement pour les élèves concernés. 

Un problème à résoudre

Le 18 mars, avant que les deux parties ne finissent par s’entendre, des élèves de l’ESC ont fait savoir leurs inquiétudes relativement à la fin abrupte des activités de robotique, lors du conseil d’établissement (CE). Depuis presque 17 ans, ce genre de projet y existe. L’activité se déroule en parascolaire ainsi qu’en projet pédagogique particulier. L’établissement scolaire a notamment rayonné à l’étranger à de multiples reprises en participant à des compétitions dans divers pays.

Mécontents, une trentaine de parents, accompagnés de leurs adolescents arborant le chandail rouge du club de robotique, ont voulu avoir des explications quant à cette fin aussi soudaine qu’inattendue.

Silence devant le Code d’éthique

En septembre dernier, un enjeu entourant le fonds à destination spéciale (FDS), qui concerne particulièrement le déplacement en d’autres pays lors de compétitions internationales, avait été soulevé. Ce fonds, soit environ 10 000 $, est constitué de dons amassés pour payer le déplacement.

Après l’annonce du 9 mars, une rencontre, impliquant notamment la direction, a eu lieu. Marie-Claude Messier, directrice de l’école, a indiqué que le sujet du FDS est revenu sur la table. « Mis à part ça (FDS), je ne sais pas ce qui a mené à cette décision. Il me manque, à moi aussi, de l’information. La vraie raison, je vous jure, je ne la connais pas », a-t-elle nommé lors du CE. De leur côté, les enseignants concernés ont évoqué le Code d’éthique, imposé par le ministère de l’Éducation, les empêchant de divulguer les raisons de cette décision. 

Le mot « voyage »

La directrice est revenue sur la modification de l’encadrement de 2024 « interdisant toutes factures ou toutes associations d’un voyage avec une école ». Devant l’utilisation du mot « voyage », plusieurs parents se sont insurgés. « C’est une compétition dans le cadre du parascolaire. C’est ça qu’il faut garder en tête. Un voyage, c’est de l’agrément », ont clamé des parents. « Ce sur quoi je me gouverne, ce sont mes encadrements légaux. Ce n’est pas moi qui les écris. Je vais les suivre, c’est ma job », a cadré Mme Messier.

Une mère, dont l’enfant fait de la robotique à l’ESC depuis quatre ans, a pris la parole. « Ça fait 17 ans qu’il y a de la robotique. Il n’y a jamais eu de problème. Depuis le mois d’août, on se bat pour garder le FDS. Ce n’est pas vrai que ces profs, dévoués depuis 17 ans, tirent la plug du jour au lendemain. Il y a des raisons. Il y a une accumulation. »

Des élèves qui subissent

Comme c’est habituellement le cas à cette période de l’année, une compétition de robotique aura lieu le 24 avril à l’ESC. La crainte de l’annulation de l’événement a été soulevée. « Ma seule volonté, c’est que ça marche », a déclaré Marie-Claude Messier. Elle a affirmé être au coeur de démarches afin que l’événement se déroule comme convenu et que la robotique perdure à l’école.

Entretemps, les jeunes n’ont pas touché à leurs robots depuis plusieurs jours. « Il faudrait avoir du temps pour pratiquer. Est-ce qu’on pourra rattraper ces heures? », a questionné un élève. La directrice a assuré être en mode solution pour que les élèves perdent le moins de temps possible. « Avec le Code d’éthique, on ne peut pas tout dire. J’ai comme l’impression que toute la vérité n’est pas sortie. Je trouve compliqué de débattre sur quelque chose dont on n’a pas toutes les informations », a renchéri un élève sous les acclamations du public.

« La loi a préséance même si le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) s’est doté d’un protocole », affirme une membre du CE. Elle se réfère à l’article 94 de la Loi sur l’instruction publique (LIP), qui mentionne que « le CE peut, au nom du CSS, solliciter et recevoir toute somme d’argent par dons, legs, subventions ou autres contributions bénévoles de toute personne ou de tout organisme public ou privé désirant soutenir financièrement les activités de l’école ».

« J’espère que quand vous (Marie-Claude Messier) allez au CSSP, vous vous faites la porte-parole de l’école et que vous représentez les élèves abandonnés aujourd’hui », a souhaité une membre du CE.

Au fil des ans, la robotique a entre autres permis à des élèves de compétitionner en Russie, au Qatar et au Costa Rica.