Chambly : des étudiants contre les cours jusqu’à 20 h au cégep
La Chamblyenne Florianne Pomerleau, présidente de l’Association générale étudiante du cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu (AGECSJR), remet en question la décision de l’école de prolonger son cadre horaire jusqu’à 20 h.
À l’automne prochain, le Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu prolongera son cadre horaire jusqu’à 20 h, du lundi au mercredi. Il explique ce choix en chiffrant que le ministère de l’Enseignement supérieur prévoit 50 000 étudiants supplémentaires dans son réseau d’ici 2034. « Pour nous, il s’agit d’une augmentation prévue de 1 000 étudiants. L’an dernier, nous avons connu une première vague marquée, alors que la population étudiante a augmenté de 10 % », affirment les communications de l’établissement.
Florianne Pomerleau, étudiante et présidente de l’AGECSJR, remet en question cette décision. Elle soutient que l’offre de service en matière de transport en commun n’est pas adaptée à ce nouvel horaire pour les étudiants qui l’utilisent, notamment de Chambly, de Carignan, de Marieville et de Richelieu. « Nous entretenons, depuis plusieurs années, une collaboration étroite avec les services de transport collectif, tant au niveau municipal qu’intermunicipal. Les échanges sont réguliers et se poursuivent dans le contexte actuel afin d’évaluer les ajustements possibles en fonction des besoins étudiants. L’objectif est d’identifier des solutions réalistes et adaptées, tout en tenant compte des contraintes opérationnelles des réseaux de transport », répond le Cégep à ce sujet. Il assure que les informations seront communiquées dès la confirmation des ajustements requis.
Avec cette décision, le Cégep estime notamment maintenir l’accessibilité aux études collégiales et répondre à la croissance prévue de la population étudiante dans un contexte de déficit d’espaces. « Ils ont pris une décision avant même de savoir si elle est réaliste », blâme Florianne Pomerleau.
Travailler de soir
De nombreux étudiants travaillent de soir. Certains sont inquiets des conséquences sur leur horaire de travail. D’autres étudiants sont aussi parents et jonglent à travers cette réalité. « Les préoccupations qui ont été exprimées ont toutes été considérées lors de la prise de décision, notamment celles des étudiants qui travaillent en soirée et qui sont parents », avance le Cégep.
L’établissement scolaire indique que lorsque la structure du programme le permet, il devient possible de privilégier une plage de 8 h à 18 h lors de la période de choix d’horaire. « Cette mesure s’applique seulement du lundi au mercredi, et ne s’appliquera pas à tous les programmes, ni à tous les étudiants », rappelle-t-il.
Programmes touchés à définir
Concernant les programmes qui seront touchés, le Cégep informe que la planification des horaires dépend de plusieurs facteurs, notamment le nombre d’inscriptions dans chaque programme, la variété des cheminements scolaires, les choix de cours ainsi que la disponibilité des locaux spécialisés et des laboratoires. « Les analyses sont en cours et les précisions seront transmises dès que la planification sera complétée. Notre objectif est de considérer les réalités propres à chaque programme en minimisant les répercussions pour les étudiants », mentionne l’établissement.
Communication
Florianne Pomerleau révèle avoir été mise au courant du changement d’horaire il y a environ deux semaines. « Il en a fait l’annonce sans avoir de réponses », nomme-t-elle. De son côté, le Cégep mentionne qu’un sondage a été mené, au printemps dernier, auprès de l’ensemble de la communauté étudiante. Il ajoute que ses résultats ont été pris en compte dans l’analyse menant à la décision. « De plus, un représentant étudiant, nommé par l’AGECSJR, siège au comité de gestion des espaces. Il a comme mandat de formuler des recommandations au comité de direction », renchérit-il. L’école rapporte qu’un deuxième représentant se joindra au comité dès la prochaine rencontre. « Le dialogue demeure ouvert. Nous poursuivons les échanges avec les étudiants, dont l’AGECSJR. »
Déficit d’espaces
Le Cégep accueille actuellement près de 3 700 étudiants à temps plein, à l’enseignement ordinaire (DEC). « Depuis 2019, le ministère de l’Enseignement supérieur a reconnu officiellement le déficit d’espaces du Cégep », déclare-t-il.
Parallèlement, l’établissement fait savoir qu’il a déployé plusieurs mesures concrètes pour optimiser ses espaces et maintenir des conditions favorables à la réussite : ajout de sept classes modulaires à l’hiver 2024; rénovation de la BiblioTech en 2024, permettant de doubler le nombre de places assises; conversion de programmes en DEC portable (deux cette année, trois supplémentaires l’an prochain); l’an dernier, l’ouverture d’une première plage en soirée jusqu’à 19 h et ajout d’une case horaire le vendredi; transformation de la salle du conseil en deux classes supplémentaires, pour l’automne 2026; dézonage des stationnements pour en augmenter la capacité, pour l’automne 2026.
Durant l’assemblée générale de l’AGECSJR, les étudiants n’ont pas fait la demande d’une grève. « Cependant, par la suite, il y avait un grand mécontentement de la part des étudiants », observe Florianne Pomerleau. Une seconde assemblée aura lieu le 11 mars pour rediscuter de cette possibilité de grève.
