Carignan : en cohabitation au campus secondaire de l’école primaire

Le journal est allé visiter les nouveaux aménagements de l’école primaire du Boisé de Carignan, désormais avec la cohorte de première secondaire de l’école secondaire de Chambly (ESC).

Ils sont environ 275 élèves à occuper les locaux de l’école du Boisé, du niveau préscolaire à la sixième année. Une cohorte de 350 jeunes de première secondaire s’est greffée à l’établissement carignanois. Le bâtiment, à moitié vide en temps normal, s’en trouve doublement rempli. 

La raison de cette occupation est que le financement concernant les rénovations de l’ancien bâtiment octroyé par Québec a tardé. Les travaux n’ont pu être amorcés qu’en août dernier, soit un an après l’inauguration de l’agrandissement de l’ESC. Pour la rentrée 2025-2026, l’ESC n’avait donc pas l’espace suffisant pour accueillir les élèves de la première à la cinquième secondaire. 

« Des ajustements, il y en aura tout le temps, on travaille avec des humains. » – Jessica Fortin

Occupation du troisième étage

Cette cohabitation s’exécute en deux horaires distincts. Deux secrétariats/administration, indépendants l’un de l’autre, existent dans l’établissement et demeurent un ajustement en matière de communication pour les parents.

Le troisième étage de l’école est devenu le lieu temporaire de scolarisation des élèves de première secondaire. Mathieu Chamberland, directeur de l’école primaire, mentionne qu’il n’était que rarement occupé. Des casiers ornent l’aile.

Les locaux de sciences et d’arts plastiques se situent au deuxième étage. Une démarcation rouge au sol trace la limite séparant les deux écoles. Concernant l’éducation physique, les élèves du secondaire n’ont pas de vestiaires attitrés pour se changer. Ils le font dans les toilettes. Les élèves se croisent à l’occasion lors de transitions ou de fins de journée. « Je n’ai pas de feedbacks négatifs. La cohabitation est bonne. Ça se passe bien », résume Mathieu Chamberland.

Ajustements dans tous les milieux

Jessica Fortin, directrice adjointe de l’ESC et responsable du programme de première secondaire, s’exprime sur cette nouvelle réalité. « La rentrée s’est bien passée. C’est certain qu’il y a eu des ajustements au niveau des autobus, mais quand je parle à mes collègues d’autres écoles, ils vivent les mêmes ajustements », compare-t-elle. Elle relativise le cadre dans lequel son personnel travaille. « Des ajustements, il y en aura tout le temps, on travaille avec des humains. Il y en a dans chaque école, tout au long de l’année. »

Mme Fortin mentionne que la valorisation des espaces a été exploitée à son plein potentiel afin de proposer la même offre de services aux élèves. Elle ajoute même que l’offre en matière de sciences et d’arts a été augmentée. Elle affirme qu’en termes de projets pédagogiques particuliers (PPP), elle a plus de groupes cette année. Pour les activités parascolaires, des navettes effectuent le transport vers l’ESC à la fin des classes. 

Changer d’environnement

Des élèves qui étaient en sixième année l’an dernier vivent leur initiation au secondaire dans un environnement d’école primaire. « Pour la majorité des élèves, je dirais que ça a été rassurant de fréquenter un plus petit établissement », remarque Mme Fortin. Elle rappelle que ces élèves font partie des jeunes cohortes touchées par la COVID-19. « Peut-être que, pour eux, de ne pas faire le saut immédiatement dans la grande école, c’était sécurisant plus qu’autre chose », émet la directrice adjointe. Elle soutient qu’un seul élève lui a signifié qu’il aurait préféré faire ses débuts à la « grande » ESC. Mathieu Chamberland indique, quant à lui, ne pas avoir relevé d’inquiétude chez ses élèves à propos de la présence de la cohorte de niveau secondaire. 

Début des travaux 

Le chantier de construction pour la mise aux normes de l’ancienne partie de l’ESC a démarré le 15 août dernier. Les travaux, qui se dérouleront tout au long de l’année, sont les suivants : conversion des espaces administratifs, de la cafétéria et de la bibliothèque en salles de classe; aménagement de la Maison des jeunes, de la salle de travail des enseignants, des bureaux des professionnels et des espaces collaboratifs; ajout d’un bloc sanitaire; remplacement du système d’alarme-incendie; ajout d’un système de gicleurs; mise aux normes de la résistance au feu du plancher de l’étage; remplacement du système d’interphone; remplacement des unités de ventilation; remplacement des plafonds et de l’éclairage; remplacement partiel des revêtements de planchers; mise à niveau des systèmes électriques et informatiques. Le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) réitère à ce stade qu’une rentrée scolaire incluant tous les élèves au même endroit est prévue pour 2026. Les travaux « plus invasifs » seraient alors complétés. Il resterait tout de même des travaux qui n’empêcheraient pas la présence des élèves.

Devant la Cour

Des parents d’élèves de l’école du Boisé étaient contre l’occupation de la cohorte de première secondaire de l’ESC. Par la voie d’un cabinet d’avocats, ils ont fait transmettre à Bernard Drainville, alors ministre de l’Éducation, une lettre demandant d’intervenir pour bloquer le projet. Il était entre autres question « d’irrégularité administrative dans le dossier relatif à l’organisation scolaire 2025-2026 du CSSP, notamment quant à la relocalisation des élèves de première secondaire vers les locaux vacants de la nouvelle école primaire de Carignan ». Devant la Cour, ces parents n’ont pas eu gain de cause. Le CSSP a pu aller de l’avant avec la solution ciblée. « De façon générale, ça a passé. Clairement, il doit y avoir des parents qui ne sont pas satisfaits, mais pour l’instant, c’est comme ça », termine Mathieu Chamberland.