Les virus sont partout

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Par Frédéric Khalkhal
Les virus sont partout
Frédéric Khalkhal, directeur de l’information du Journal de Chambly.
Éditorial

Nous y voilà! Bien que le virus frappait la Chine de plein fouet en décembre 2019 sans trop nous inquiéter, trois mois plus tard, nous voici dans une province, un état, une planète paralysés.

Rappelez-vous la petite grippette annoncée par certains, minimisant le phénomène. Et plus le virus avançait, plus le sérieux de la situation devenait flagrant.

Il a quand même fallu attendre les premiers cas sur notre territoire pour prendre les premières mesures. Pourquoi?

En fait, il n’y a que des questions à se poser face à cette situation sans précédent. Et plus la crise sera longue, plus les questions seront nombreuses sur l’évolution de notre société.

Au même titre que la « révolution numérique », qui a provoqué un bouleversement profond des sociétés par l’essor de l’informatique et le développement du réseau Internet, la mondialisation a permis la libre circulation des biens et des personnes. Les deux entités ont traîné avec elles leurs virus. Maintenant confinés pour des jours, des semaines, des mois, qui sait, assisterons-nous à un repli de nos sociétés sur elles-mêmes?

Une chose est certaine, il n’a jamais été aussi important d’être seul ensemble.

Isolés, nous profitons de nos ordinateurs, de nos téléphones pour appeler et voir nos proches, nos amis, pour travailler. Et voilà que l’on nous dit que notre réseau informatique n’a jamais été aussi fragilisé face au virus. On n’en finira jamais.

Mais revenons au coronavirus. Est-ce une surprise de voir la COVID-19 nous visiter? Non. Surtout qu’il y a eu un précédent avec le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Selon Santé Canada, le pays, le 12 août 2013, avait recensé 438 cas et 44 décès liés au virus. Aujourd’hui, le nombre de Canadiens infectés par le nouveau coronavirus dépasse le nombre de citoyens contaminés par le SRAS en 2003, un autre coronavirus qui s’attaquait lui aussi aux poumons. Des similitudes qui font dire à certains experts que la COVID-19 pourrait être une mutation du SRAS. Ceci n’est qu’une hypothèse émise par certains chercheurs; rien n’est encore démontré.

S’il y a un deuxième SRAS avec la COVID-19, plus virulent que le coronavirus de 2003, pourquoi n’y en aurait-il pas d’autres dans le futur, après que l’on soit passés à travers celui-ci, qui seraient encore plus virulents?

Encore une fois la question se pose, et si la question se pose, il faut d’ores et déjà prendre le temps d’y réfléchir. Vous allez me dire que ce n’est pas ça qui manque en ce moment.

Voilà donc le sujet de réflexion que je vous propose : que changera, dans notre société actuelle, la COVID-19? Vous avez des semaines de réflexion.

Lorsque j’entends parler de virus, j’ai toujours en tête cette réplique du film des Wachowski, La Matrice. Dans le film, l’agent Smith (en réalité un superordinateur à la forme humaine) dit :
« J’aimerais partager une révélation que j’ai eue depuis que je suis ici. Elle m’est venue à l’esprit au moment où j’essayais de classifier votre espèce. Je me suis rendu compte qu’en fait, vous n’êtes pas des mammifères. Chaque mammifère vivant sur cette planète développe instinctivement un équilibre vis-à-vis de son environnement immédiat, ce qui n’est pas votre cas à vous, les humains. Vous vous implantez quelque part et vous vous multipliez, encore et encore, jusqu’à ce que toutes les ressources naturelles soient épuisées. Votre seul moyen de survie, c’est de vous répandre ailleurs. Un autre organisme vivant sur cette planète épouse ce même schéma : un virus. Les êtres humains sont une maladie, un cancer sur cette planète. Vous êtes un fléau, et nous, le remède. »

Vous voyez, je vous le disais : les virus sont partout!

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Sylvain Lapointe
Sylvain Lapointe
2 années

Il est évident que l’humanité devra comprendre qu’ellle doit se redéfinir dans le respect de la nature et de son environnement si elle veut survivre, puisque l’infiniment petit, lui a compris.

Pierre Pontbriand
Pierre Pontbriand
2 années

Excellent texte monsieur Khalkhal.