Richelieu : les agriculteurs demandent deux taux de taxation

Sylvain Beaudry, directeur de l’Union des producteurs agricoles (UPA) – Rouville, demande à la Ville de Richelieu d’adopter le double taux de taxation afin d’alléger le fardeau fiscal du milieu agricole.

Le Richelois Sylvain Beaudry demande l’adoption de deux taux de taxation distincts pour les agriculteurs, comme c’est déjà le cas dans certaines municipalités, dont Saint-Mathias-sur-Richelieu. Dans cette ville, le taux résidentiel s’élève à 0,4985 $ pour 100 $ d’évaluation, tandis que le milieu agricole bénéficie d’un taux de 0,4265 $. À Richelieu, le taux est identique pour les deux catégories, soit 0,4892 $. « C’est prévu dans la loi que les villes ayant du territoire agricole peuvent adopter deux taux. Mais les municipalités ne sont pas enclines à le faire », note M. Beaudry.

Une question d’équité

Pour l’agriculteur, il s’agit avant tout d’équité. «  La taxation des terres agricoles, c’est une source de revenus que toutes les villes rêvent d’avoir. C’est du beau revenu sans dépenses. La terre ne demande pas de loisirs, de bibliothèque, de piscine ou d’aréna », souligne le directeur de l’UPA – Rouville.

Il reconnaît l’existence du programme de remboursement des taxes municipales agricoles, financé par le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), qui rembourse en moyenne 70 % des taxes. « Au rythme où augmentent les taxes, le gouvernement ne sera plus en mesure de rembourser 70 % », anticipe-t-il.

Une loi demandée au MAPAQ

Sylvain Beaudry indique qu’il s’allie à l’UPA de diverses régions pour faire des représentations auprès du gouvernement du Québec, afin d’imposer légalement le double taux de taxation dans les villes ayant du territoire agricole. « Si la Ville ne l’adopte pas volontairement, une loi pourrait imposer des chiffres que la municipalité n’appréciera pas », prévient-il.

Jacques Ladouceur, maire de Richelieu, se dit ouvert à examiner cette demande dans le cadre du budget 2027. « Je comprends que c’est de l’argent facile. Le blé d’Inde et le soya ne demandent pas beaucoup de services. Il n’y a pas de plaintes, pas de demandes de piscine. Mais il faut évaluer l’impact sur les finances municipales. Votre revendication est légitime », affirme-t-il.

À Richelieu, 9,7 % des revenus de taxes proviennent du milieu agricole.