Marieville : liée à PG Solutions en raison de l’absence d’alternatives

Marieville a renouvelé son contrat avec l’entreprise PG Solutions, qui détient un quasi-monopole en matière de logiciels municipaux, en raison du manque d’alternatives sur le marché.

En janvier 2025, Marieville s’était élevée contre l’avis d’augmentation transmis par l’entreprise PG Solutions. Or, la Ville a finalement renouvelé son contrat d’entretien et de soutien des applications pour l’année 2026. « Le renouvellement s’explique principalement par l’absence d’alternatives réellement comparables sur le marché », se résigne la Ville.

Des annonces non respectées

PG Solutions a fait l’acquisition d’Acceo en 2018. À cette époque, Marieville était cliente d’Acceo. En 2021, PG Solutions annonçait à ses clients un plan de modernisation de ses Suites financières, visant à les unifier et à les bonifier.

Dès 2022, la Suite modernisée devait être livrée avec un premier bloc, soit Paie-RH. Celui-ci devait notamment inclure des interfaces Web pour les utilisateurs, des feuilles de temps et de la gestion d’horaire en ligne, un portail employé Web, un tableau de bord RH de base, un assistant de processus, des API complètes permettant l’intégration avec des solutions tierces, ainsi qu’un rattrapage fonctionnel de plus de 60 améliorations.

En 2023, les blocs Taxation et Approvisionnement devaient suivre, puis, en 2024, la livraison devait se conclure avec les blocs Grand Livre, Dette et PTI. Or, Marieville indique qu’à ce jour, le bloc Paie-RH n’a toujours pas été livré et que les autres composantes annoncées n’ont pas été déployées.

« Malgré les annonces faites depuis 2022 et les hausses des frais d’entretien, les bonifications promises ne sont toujours pas accessibles », observe la Ville. PG Solutions n’a pas répondu aux questions du journal.

Des coûts en hausse

En 2021, Marieville déboursait près de 68 000 $ pour les services de PG Solutions. En 2025, la facture dépassait les 95 000 $.

Au cours de la dernière année, la Ville a toutefois transféré le traitement de la paie vers Employeur D (Desjardins) et le module Ludik (loisirs) a été vendu à Sport-Plus. Ces retraits ont eu pour effet de réduire le coût global du contrat avec PG Solutions.

Pour l’année 2026, le montant du contrat s’élève à 85 072 $. Pour les logiciels toujours en place, PG Solutions applique une augmentation de 4,8 % pour l’année en cours. La Ville indique demeurer en veille et suivre l’évolution des solutions disponibles sur le marché.

Marieville ne procède pas à un appel d’offres annuel pour ses logiciels financiers. La directrice générale de la Ville, Tania Tremblay, explique que, conformément à la Loi sur les cités et villes (article 573), certains contrats liés à l’utilisation de logiciels peuvent être conclus sans appel d’offres lorsqu’ils visent à assurer la compatibilité avec des systèmes déjà en place ou à respecter des droits liés aux licences logicielles.

C’est le cas des logiciels financiers actuellement utilisés par la Ville.

La Municipalité souligne que les logiciels destinés aux administrations municipales doivent répondre à de nombreuses exigences propres au milieu municipal, tant sur les plans légal, financier qu’opérationnel. « À l’heure actuelle, très peu de fournisseurs sont en mesure d’offrir une suite intégrée couvrant l’ensemble de ces besoins », fait valoir la Ville. Marieville ajoute qu’un changement de fournisseur entraînerait des coûts importants, des délais significatifs et des risques opérationnels majeurs. « Dans ce contexte, malgré les enjeux soulevés, nous n’avions pas d’option viable à court terme », conclut-elle.

L’Union des municipalités du Québec

À la fin de 2024, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a lancé un appel d’intérêt visant à évaluer des solutions logicielles adaptées aux municipalités québécoises de moyenne taille.

L’UMQ indique collaborer avec la Corporation des officiers municipaux agréés du Québec, le Réseau municipal en technologies de l’information ainsi que l’Association des directeurs généraux des municipalités du Québec. Ensemble, ces organisations cherchent à identifier des solutions capables de répondre aux besoins actuels et futurs des municipalités. « Cette démarche commune vise à mieux maîtriser les coûts, à favoriser le partage d’expertise et à regrouper la demande municipale afin de renforcer l’intérêt des fournisseurs informatiques pour le marché municipal », souligne l’UMQ.

L’organisation précise qu’à ce stade, un travail préparatoire « important » a été réalisé et que « plusieurs fournisseurs de premier plan » ont déjà manifesté leur intérêt pour une approche regroupée, notamment en raison du potentiel de mutualisation des services et de la consolidation des besoins des villes.

Les travaux se poursuivent actuellement autour de trois grands volets : la gouvernance, afin de définir les modalités de regroupement et la répartition des responsabilités ; le volet financier, qui vise à établir les paramètres budgétaires et les coûts associés ; ainsi que l’harmonisation des pratiques, qui cherche à assurer une cohérence entre les municipalités participantes. « Ces efforts, menés en collaboration avec plusieurs villes, contribuent à établir une vision commune et à préparer les conditions nécessaires à une mise en œuvre structurée et durable », indique l’UMQ.

La prochaine étape consistera à lancer un appel d’offres afin d’identifier les solutions les mieux adaptées à un marché municipal regroupé et de soutenir l’évolution numérique des administrations locales.