François Pellerin

Chambly : retour au travail après la retraite

À l’aube de ses 70 ans, François Pellerin a dû mettre de côté sa tranquillité gagnée et retourner au fourneau afin de sauver l’entreprise dont il est le fondateur, anciennement connue à Chambly sous le nom du Garde-Manger de François.

« La vie, c’est un hasard. Il y a des choses que tu n’as pas planifiées dans ton cheminement, de carrière et de vie, qui arrivent. Des fois, il faut suivre son destin », philosophe, d’entrée de discussion, François Pellerin, propriétaire de la Boulangerie du Vieux-Chambly.

Le commerce ne porte ce nouveau nom que depuis quelques mois. Auparavant, les Chamblyens l’ont connu sous le nom du Garde-Manger de François. C’est lui-même qui en a été le propriétaire, de 2009 à 2023. Le chef avait mis en vente la boulangerie pour consacrer son temps à sa conjointe, aujourd’hui décédée d’un cancer. 

Décanter et changer d’air

La maladie a emporté sa femme de façon fulgurante. François Pellerin raconte s’être alors isolé. « Je ne voulais voir personne », convient-il. Il a voyagé pour « décanter » et changer d’air. Il a reproduit le dernier voyage qu’il avait fait avec sa femme et étendu quelques cendres. Il s’est aussi rapproché de sa famille et a également effectué un voyage avec son frère. « J’en suis revenu plus en forme », observe-t-il, 

L’entreprise va mal

Parallèlement, le Garde-Manger subsistait entre les mains de deux nouveaux propriétaires. François Pellerin a eu vent que les affaires de la boulangerie allaient mal. « Je leur ai donné des pistes sur quoi faire. Ils n’ont pas pris de bonnes décisions d’affaires », remarque-t-il.  

Puis la faillite est devenue concrète. « La réflexion s’est faite assez rapidement. C’est mon bébé. Ça me désolait de voir où ça s’en allait », confie-t-il, quant à l’idée de se réapproprier le lieu.

« Des fois, il faut suivre son destin. » – François Pellerin

Artisan avant tout

Si la vente du commerce lui avait permis une sécurité financière, en reprendre possession a été une autre paire de manches. Malgré sa garantie hypothécaire, le gouvernement « est passé par-dessus » lui. Il a dû réhypothéquer l’immeuble. « Je ne suis pas un gars à l’argent. Je suis un artisan, j’ai toujours aimé ce que je fais. J’aime accueillir les gens ici. Elle est là, ma paye », décrit celui pour qui le contact humain prédomine en termes de valeur. Il rappelle qu’il n’est pas une chaîne. « On n’est pas un concept artificiel. »

Chez moi ici

Il évolue dans le milieu culinaire depuis plus de 50 ans. « Un moment donné, tu te dis que tu aimerais ralentir. Si je n’avais pas vendu, j’aurais voulu une direction générale. J’aurais été encore présent, mais plus dans le quotidien », indique M. Pellerin. En ce sens, il met actuellement en place une structure qui lui permettra d’atteindre, éventuellement, une forme de deuxième retraite. Malgré tout, la boulangerie ne sera jamais loin. « Arrêter complètement, demain matin, je ne pourrais pas. Ça va me prendre ma boulangerie. Je suis chez moi ici », identifie l’homme.