École Jeanne-Mance : des parents s'objectent au transfert des enfants

Par Annabelle Baillargeon
École Jeanne-Mance : des parents s'objectent au transfert des enfants

ÉCOLE. Six élèves de l’école Jeanne-Mance de Saint-Angèle-de-Monnoir seront transférés à l’école Crevier de Marieville l’an prochain, au grand désarroi de leurs parents.

La direction a avisé les parents dans une lettre datée du 8 juin que le transfert était à présent officiel. On apprend dans la lettre qu’aucun parent n’a accepté volontairement le transfert de son enfant.

La Commission scolaire des Hautes-Rivières (CSHDR) prévoit néanmoins appliquer sa procédure de transfert. Elle priorisera les jeunes qui n’ont jamais été transférés, qui demeurent le plus près de l’école Crevier et qui n’ont pas de membres de leur famille à l’école Jeanne-Mance pour changer d’école.

Une classe multiniveau, la solution?

Ayant la capacité d’accueillir 180 élèves, l’école ne compte pourtant que 163 inscriptions l’an prochain. Il est toutefois impossible pour l’école d’ouvrir une classe pour ce surplus d’élèves. Pour éviter de déplacer des enfants, les parents avaient proposé de former des groupes multiniveaux.

« On a toujours prôné le multiniveau à Saint-Angèle pour permettre aux enfants de rester dans leur école et pour éviter de les déstabiliser. Nous sommes dans un petit village avec une petite école, le multiniveau permet de compléter les groupes », explique Véronique Paré, la mère de deux enfants à l’école.

Une autre maman, Vivianne Moreau, reconnaît que l’option d’une classe multiniveau causerait une surcharge de travail pour les enseignants.  Selon elle, le syndicat et la Commission scolaire sont à couteaux tirés et elle craint que la classe multiniveau ait fait objet de négociations.

Jacinthe Côté, la présidente du syndicat de l’enseignement du Haut-Richelieu, assure qu’aucun échange n’a eu lieu à ce sujet avec l’employeur. « Pédagogiquement, on privilégie les groupes uniques. Nous sommes quand même ouverts à envisager cette option dans les cas exceptionnels. Dans le cas de Jeanne-Mance, nous n’avons même pas eu d’échange sur l’organisation », soutient Mme Côté.

La directrice générale adjointe de la CSDHR, Dominique Lachapelle, confirme que l’option du multiniveau n’a pas été écartée pour des raisons syndicales. Il s’agit plutôt de la meilleure solution pour transférer le moins d’élèves possible, car une chasse multiniveau aurait occasionné des transferts dans d’autres niveaux.

« Soyez assurés que je suis très sensible à la réalité des parents et que je suis la situation de près. On a évalué la situation sous toutes ses coutures pour arriver à cette solution. Ça n’a rien à voir avec l’équipe d’enseignant, ils sont formidables à l’école Jeanne-Mance », garantit Mme Lachapelle.

Étonné de la situation, le maire de la Ville Michel Picotte mentionne que la présidente de la commission scolaire, Andrée Bouchard, lui avait affirmé quelques jours auparavant qu’aucune confirmation n’avait été donnée et qu’il y avait possibilité d’implanter des classes mixtes.

« Même si la municipalité n’a aucune juridiction dans cette démarche, nous allons appuyer les citoyens », promet le maire.

Une pétition a circulé dans la communauté et a récolté 199 signatures qui appuient les parents. Elle a été déposée au bureau de poste, à l’épicerie, à la station-service et au restaurant du village. Neuf familles ont également envoyé une lettre à la Commission scolaire pour manifester leur souhait de garder les enfants à Saint-Angèle.

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