L’école en alternance à nouveau : l’avis des parents

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
L’école en alternance à nouveau : l’avis des parents
École Mgr-Euclide-Théberge (Photo : courtoisie)

Le 29 mars dernier, les élèves de 2e cycle du secondaire sont retournés sur les bancs d’école à temps plein en zone rouge, au lieu de poursuivre l’année en format comodal jusqu’à l’été. Au même moment, la troisième vague s’est déclarée, ce qui a fait se rétracter le gouvernement, qui a choisi un retour à l’école en alternance.

Le journal a obtenu des témoignages de parents d’élèves de deuxième cycle, à Chambly, pour connaître leur avis quant aux décisions successives du gouvernement.

Du point de vue des mères

Georgina Mendez, maman chamblyenne de deux élèves de l’école secondaire Marcellin-Champagnat, à Saint-Jean, dont l’une est en cinquième secondaire, désapprouvait le choix d’un retour en présentiel pour les élèves de deuxième cycle : « Je trouve que tant qu’à en arriver là, l’école aurait pu se poursuivre virtuellement sur Zoom à temps partiel. Au lieu de cela, nous envoyons aux grands ados du secondaire le message que tout est en train de rentrer dans l’ordre. Or, ce n’est pas le cas. Avec les autobus scolaires remplis à leur pleine capacité, il n’y a aucune distanciation, et des jeunes doivent pendre jusqu’à trois bus pour se rendre à l’école. Comment gère-t-on l’application des mesures sanitaires dans ces conditions ? Je comprends que faire l’école à la maison pour certains jeunes ayant des difficultés ne soit pas la meilleure solution, et que c’est une situation exceptionnelle à laquelle personne n’échappe, mais j’estime que pour le temps qu’il reste avant la fin de l’année scolaire, on aurait pu faire autrement. »

Pour certains parents, comme Julie Pelletier, le problème de l’école à la maison réside dans le manque d’accès à certaines ressources. « Nous, on n’a pas accès à Internet et j’ai quatre enfants ! Je n’ai pas de bibliothèque proche, de famille proche, et j’ai besoin du moindre accès Internet pour ma compagnie », a-t-elle communiqué sur les médias sociaux du journal.

« (…) je ne comprends pas pourquoi le gouvernement a décidé d’ouvrir les écoles à temps complet en zone rouge (…) c’est vraiment illogique (…) » – Josée Goupil

Quant à Josée Goupil, mère de famille et infirmière-auxiliaire à Chambly, elle craignait de voir les cas exploser en raison du retour à temps plein en présentiel dans les écoles secondaires en zone rouge. Elle  a consacré les derniers mois à prêter main-forte au réseau de la santé publique, dans le domaine des dépistages de COVID, alors qu’elle a pour habitude de travailler à son compte dans le secteur privé. « Depuis seulement quelques jours, la troisième vague s’est déclarée. On avait remarqué un relâchement au dépistage juste avant. C’était devenu tranquille. On dépistait environ 280 personnes par jour. Ce que l’on voyait surtout, c’était vraiment des élèves de niveau primaire et de secondaire 1 ou 2, et les fréquentations des garderies. On pouvait alors parler d’accalmie et on s’imaginait passer à travers. Et là, je ne comprends pas pourquoi le gouvernement a décidé d’ouvrir les écoles à temps complet en zone rouge. Pour moi, c’est vraiment illogique quand il ne reste que quelques mois à l’année scolaire. »

Des enfants angoissés

Hier en point de presse, François Legault soulevait que la semaine de retour à temps complet aux activités scolaires avait été bénéfique « pour la santé mentale ». Mais pour certains parents et leurs enfants, c’est le retour à l’école en alternance qui dissipe l’angoisse.

Mme Goupil révèle que sa fille de troisième secondaire était « très angoissée » à l’idée de rompre avec l’école en alternance. « Avec le mode comodal, elle a au moins quelques journées à la maison pour souffler, sans porter le masque. Elle s’était bien organisée. L’imposition des cours en présentiel, même au niveau du cégep, a généré beaucoup de stress chez mes enfants. Jamais ils n’avaient souffert d’angoisse auparavant, et là, j’ai deux filles qui en ont souffert et fait de l’insomnie. »

Pour les écoles, il s’agira de repenser leur organisation une nouvelle fois, et non pas sans difficulté.

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