Dure réalité au camp de réfugiés

Par Josianne Desjardins
Dure réalité au camp de réfugiés

« Madame Larouche, il y a eu un incident ici la semaine dernière ».

C’est donc la première chose qu’il a dite à l’agente de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) Mélanie Larouche, lors de notre passage dans l’un des 66 camps de déplacés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Avant de travailler comme coordonnatrice à l’Unité du Genre de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) avec sa collègue Jennifer Chevalier (voir autre texte), la résidente de Beloeil effectuait des visites dans les différents camps de la région pour appuyer le travail de la Police nationale haïtienne (PNH).

Dès les premières minutes de son arrivée sur place, M. Schiller s’est approché de l’agente, avec un air contrarié, pour lui faire un compte-rendu des événements. «  Je n’étais pas là, j’étais parti en ville [lorsque c’est arrivé] », se désole le responsable.

Ce dernier a conduit l’agente vers la famille du défunt, dont plusieurs membres étaient assis devant leur abri de fortune. « Est-ce que vous connaissez la source du conflit? », demande la policière. « On ne sait pas, non », répond l’un des membres du groupe.

Le responsable du camp a évoqué quant à lui une altercation qui a dégénéré lors d’une réunion du comité, sans toutefois donner plus de précisions. Et lorsque la policière demande à savoir si la PNH a été alertée de la situation, les versions des différents témoins sont contradictoires.

Mme Larouche conclut sa rencontre en remettant l’équivalent de 40 $ Canadien au père de la victime pour qu’il puisse récupérer le corps, toujours à la morgue.

« Ils ont rien ici. Ce n’est vraiment pas sécuritaire. Certains camps ont un commissariat sur place, mais pas celui-là », explique-t-elle, en précisant qu’il s’agit tout de même d’un très bon camp, l’un des plus tranquilles dans la capitale…

Cinq ans après le tremblement de terre, des milliers de familles vivent toujours dans ces sites, composés de tentes et d’abris transitoires. Certains camps n’ont pas d’électricité, alors que d’autres possèdent des panneaux solaires, comme c’est le cas à Mega 4. Les problèmes d’insalubrité sont monnaie courante, comme la présence de vers intestinaux dans les latrines, problème qui a finalement été résolu au camp en question.

« Le président Martelly a dit que certains camps allaient être reconstruits. Il y a des gens qui gardent espoir et qui ne partent pas de là », estime Mme Larouche.

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