Du renfort de Madagascar à la Résidence des Bâtisseurs

Photo de Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Du renfort de Madagascar à la Résidence des Bâtisseurs
Des travailleurs venus tout droit de Madagascar seront formés par Érik Roby pour être préposés aux bénéficiaires dans plusieurs Résidences des Bâtisseurs. (Photo : courtoisie)

Le mercredi 24 mars dernier, des travailleurs venus tout droit de Madagascar ont atterri à l’Aéroport Montréal-Trudeau afin de prêter main-forte aux préposés de la Résidence des Bâtisseurs de Chambly.

« Il s’agit d’une première cohorte de trois personnes qui travailleront à Chambly. Nous en attendons quatre autres », confie Érik Roby, directeur capital humain chez Gestion Résidences des Bâtisseurs. Au total, 54 travailleurs de Madagascar seront déployés dans la quinzaine d’établissements détenus par Résidences des Bâtisseurs.

Penser « loin »

« Pour pallier la pénurie de main-d’œuvre qui frappe de plein fouet l’industrie des résidences pour aînés (RPA), il a fallu être inventif, et c’est en pensant à l’extérieur du cadre que nous en sommes venus à engager des travailleurs de Madagascar », explique le directeur en entrevue.

Logés à l’hôtel pour leur quarantaine obligatoire de quatorze jours, les futurs préposés aux bénéficiaires, qui seront formés par M. Roby, pourront œuvrer auprès des résidants de la RPA de Chambly d’ici quelques semaines.

1150
C’est le nombre de CV reçus de Madagascar

« On le sait, il y a une pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs manufacturier, des technologies, des technologies de l’information et des soins de santé. Lorsque je suis arrivé en poste en 2019, j’ai amené mon expérience internationale, acquise notamment dans le milieu manufacturier. Donc, lorsqu’il a été question de pallier le manque de main-d’œuvre aux Résidences, j’ai évidemment parlé de recrutement
international. »

L’idée d’engager des Malgaches émane des Petites Franciscaines de Marie, une communauté de religieuses encore bien présente sur l’île de Madagascar, dont certaines membres forment une congrégation à même l’une des Résidences des Bâtisseurs, à Baie-Saint-Paul. « Les sœurs résidantes nous ont raconté qu’il s’agissait d’un très beau pays et qu’elles y avaient passé la moitié de leur vie à participer à plusieurs missions humanitaires. Elles nous ont convaincus que la solution au manque de main-d’œuvre s’y trouvait. » Le journal a interviewé Jim Sam-Pan, Rive-Sudois originaire de Madagascar, où il a vécu jusqu’en 2002. « Pour les Malgaches, travailler au Canada est effectivement une opportunité en or, et le fait de connaître le français en fait de très bons candidats. La scolarité y est axée sur une ouverture sur le monde. Étant donné que c’est un petit pays, on y étudie l’Europe, l’Amérique et l’Asie. Il y a une forte volonté d’apprendre dès le plus jeune âge pour avoir une chance de réussir. Avant, c’était axé sur les sciences, maintenant, ça l’est de plus en plus sur les langues et les technologies de l’information. »

Une forte réponse

Le projet mené par M. Roby a été mis à exécution avant la pandémie. En août 2019, en collaboration avec son partenaire, l’entreprise Solutions à la Mobilité internationale, des démarches ont été entamées. « Nous avons identifié les besoins à combler dans chacune des résidences. Nous avons affiché le poste de préposé aux bénéficiaires, plus communément qualifié d’aide-soignant à Madagascar, puis je m’y suis rendu pour choisir plus d’une cinquantaine de candidats. Pas moins de 1150 CV nous ont été soumis au premier tour. J’en ai d’abord retenu 73, puis j’ai gardé les candidats qui, en plus d’être qualifiés pour le poste, étaient très motivés. Je leur ai montré des images de la crise du verglas pour voir s’ils en seraient découragés. Certains quittent leur famille et font des choix déchirants pour venir au Québec. Mais ils sont heureux d’y venir travailler et tout se passe très bien avec nos premières cohortes. »

L’ironie du sort

M. Roby déplore le retard auquel le projet a dû se soumettre en raison de la pandémie. « Il est évident que c’est frustrant, car si ce n’était des mesures sanitaires imposées aux voyageurs, nous aurions eu nos préposés malgaches en poste pour aider au sein des résidences, là où l’on en avait le plus besoin. Les dossiers d’immigration avaient été déposés en novembre 2019. Je savais que leur traitement pouvait prendre de six à douze mois avant que l’on nous confirme l’émission des permis de travail, et c’était sans compter le travail de paperasse qui s’ensuivrait à Madagascar. Quand tout le processus est venu à terme, nous étions rendus au mois de mars ou avril, quand la pandémie a montré le bout de son nez. Et on connaît la suite. C’était la fermeture des frontières, la suspension des vols et
le confinement. »

Il conclut sur une note positive : « Maintenant, nous avons nos premières cohortes et avons ouvert l’accès à un bassin de possibilités et de main-d’œuvre pour le Québec. »

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
2 Commentaires
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Angie Chan
Angie Chan
9 jours

Je suis préposée au bénéficiaire d origine malgache ,
Je suis heureuse de savoir que quelqu’un à ouvert une porte pour mada .
J avais justement espérer qu un jour ça viendrait là quand j ai vu qu ils ont recrutéS les autres pab
avant.
Je me dis Dieu seule sait si un jour les malgaches auraient une chance d être embauché comme eux alors qu il en a beaucoup qui voudraient travailler mais sans opportunité .

Voilà l espoirs devenu réalité
Je souhaite
Le bienvenue aux malgaches d avoir profité de cette offre pour pouvoir amiliorer votre futur,

Le Québec vous a donné une chance , prennez votre courtage à deux main et très important de respecter le pays qui vous a reçu et surtout
n oublie jamais que ça vous a donner une chance d avoir une vie meilleure
Bonne chance à tous et ne lâches.

Angie Chan
Angie Chan
9 jours

Désolé pour l erreur de frappe je voulais ecrire courrage et ça a sorti autrement .