Du bonheur à la campagne dans la maison de répit à Rougemont

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Par Martine Veillette
Du bonheur à la campagne dans la maison de répit à Rougemont
Jérome Viau et sa conjointe Julie Vézina dans l’enclos des animaux. (Photo : Martine Veillette)

Depuis près de dix ans, Jérome Viau, sa conjointe Julie Vézina et leur famille accueillent des personnes vivant avec une déficience intellectuelle à leur maison de répit située à la campagne, à Rougemont. Les usagers y côtoient notamment des chevaux, des poules et des lapins.

La famille accueille environ cinq personnes chaque fin de semaine et pendant quelques semaines en été. Au cours du mois, les séjours sont divisés par catégorie selon les intérêts : les plus calmes, les travaillants, les passionnés de loisirs et de sports, et finalement, les autistes.

Le séjour commence avec une visite de groupe à l’épicerie pour choisir les mets et les collations. Ensuite, selon le groupe, différentes activités sont proposées sur ce site de plusieurs hectares entouré d’arbres. Il comprend une ferme avec des lapins, des poules, des chevaux, un veau, une chèvre et un cochon, une érablière ainsi qu’une salle de jeux, utilisée surtout l’hiver, avec des tables de soccer miniature, de billard et de Mississippi.

Les usagers font aussi du bateau, du vélo, de la motoneige ou des sorties, travaillent à l’érablière et fendent du bois qu’ils cordent ensuite. Ils promènent des chevaux et s’occupent des animaux. « La zoothérapie permet de travailler la peur et de leur donner confiance en eux. Ils développent une fierté en étant responsables d’un animal. Lorsqu’ils font marcher un cheval, ils doivent être calmes », explique M. Viau.

Des usagers étaient présents lors de la visite et semblaient s’y plaire. « Mon but est que les parents laissent leur enfant et partent en confiance pour que le dimanche, l’enfant dise “ quand est-ce que je reviens? “ Tout est fait dans l’humour et le plaisir dans le but qu’ils aient le goût de revenir », souligne M. Viau, qui dégage la joie de vivre. D’ailleurs, certains usagers, principalement ceux qui fréquentent la maison depuis plusieurs années, le surnomment affectueusement « papa répit ».

Les utilisateurs du répit viennent d’un peu partout en Montérégie et de l’Estrie, certains de plus loin. Au total, 65 familles utilisent le service.

« Tout est fait dans l’humour et le plaisir dans le but qu’ils aient le goût de revenir. » – Jérome Viau

Une histoire de famille

L’aventure a commencé en décembre 2010. Lui était déjà impliqué comme intervenant au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle Montérégie-Est, en plus de détenir un diplôme en administration. Sa conjointe était coiffeuse. « Elle aime le social, lance M. Viau. On s’est lancés là-dedans à deux et on y a élevé nos trois enfants. » Ceux-ci ont aujourd’hui 11 ans, 13 ans et 16 ans.

De son côté, l’intervenant a effectué un changement de carrière après un accident de moto. « Des gens ont alors pris soin de moi. Ça m’a donné le goût, moi aussi, de prendre soin de mon prochain », soutient-il.

Le couple accueille en répit uniquement des enfants qui vivent encore avec leur famille naturelle. Durant la semaine, ils s’occupent de quatre résidants à titre de famille d’accueil. Le ratio, précise M. Viau, est de quatre usagers pour un intervenant. Pour y parvenir, il engage des employés ainsi que des stagiaires. La famille possède aussi une autre maison où les membres peuvent se ressourcer.

La maison

La maison appartient aux Maisons Butters, qui ont aussi une fondation. Cet organisme assure l’entretien de la résidence, du terrain et des animaux. La Fondation Butters a pour mission d’aider les personnes handicapées et leurs parents.

Ron Creary, directeur général de la Fondation Butters, explique que cette maison de répit avec zoothérapie est l’idée de Pam Dunn, une ancienne administratrice aujourd’hui décédée. « Elle voulait acheter la ferme qui était en vente pour offrir le service. On n’avait pas de maison à la campagne. Une ferme, c’est une bonne façon de faire travailler des personnes handicapées. De plus, un jeune adulte qui prend soin d’un animal, le lien est puissant », relate-t-il.

L’homme d’affaires Joseph-Armand Bombardier a aussi aidé financièrement pour l’achat. La maison porte donc également son nom.

M. Creary conclut en mentionnant que Jérome Viau « est dans son élément » en s’occupant de cette maison de répit.

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