Douces températures : La production des vins et cidres de glace compromise

ALCOOL. La météo actuelle donne des sueurs froides aux cidriculteurs de la région, qui craignent que le temps doux affecte la production de cidre de glace, s’il perdure jusqu’en janvier. Déjà, les effets des températures au-delà des normales saisonnières

C’est notamment le cas au Domaine Cartier-Potelle à Rougemont où plus de 300 pommiers réservés à la production du cidre de glace ont déjà perdu la moitié de leurs pommes, comparativement à 30% les années précédentes.

Comme l’explique le propriétaire, Jean-Pierre Potelle, une des techniques pour produire du cidre de glace, la cryoextraction, consiste à laisser les pommes gelées dans l’arbre et à les cueillir ensuite au cours du mois de décembre. Toutefois, cette année, la cueillette a dû être reportée au risque de perdre une partie des récoltes.

«Le temps doux fait que les pommes sont plus molles et qu’elles risquent de s’abîmer et de se défaire en les prenant. Là, ce n’est pas dramatique, mais ça va devenir problématique si le temps doux se poursuit », affirme M. Potelle.

Bien que ce dernier ne connaisse pas encore les répercussions exactes sur sa production de cidre de glace, il envisage de devoir réduire son nombre de bouteilles de 5000 à 4000.

À la Cidrerie Michel Jodoin, la production du cidre de glace a deux ou trois semaines de retard. «Plus nous attendons l’arrivée du temps froid, plus ça affecte nos rendements», se désole le propriétaire, Michel Jodoin.

Heureusement, MM. Potelle et Jodoin utilisent une autre technique, la cryoconcentration, dont la température impacte moins le résultat. Elle consiste à presser les pommes cueillies à la fin de la saison pour ensuite en faire geler le jus.

Au Domaine Cartier-Potelle, 20 % des pommes ont été pressées et le moût est conservé au froid en attendant le gel, tandis qu’à la Cidrerie Michel Jodoin, elles sont encore entreposées. Selon M. Jodoin, elles pourront l’être jusqu’à la fin janvier au maximum.

Vin de glace

Le scénario se répète au Domaine De Lavoie, où le copropriétaire, Francis-Hugues Lavoie, précise que les basses températures sont problématiques pour tous les produits de glace.

L’absence de froid pourrait entraîner une déshydratation des raisins, qui pourraient perdre leur volume et leur jus. De plus, les températures clémentes augmentent les chances que le fruit pourrisse avant même qu’on ne puisse le récolter.

« On ne connaît pas encore la récolte finale, mais ces températures peuvent avoir des conséquences sur le goût. Malgré tout, je ne suis pas trop inquiet, nous allons avoir un hiver », complète M. Lavoie.

Pour l’instant, le producteur est contraint d’attendre, car il peut seulement récolter et presser seulement à partir de – 8°C, comme l’indique l’une des règles établies par l’appellation protégée de ces produits.

Du côté du vignoble et de la cidrerie Coteau Rougemont, l’établissement avait pris la décision commerciale de passer son tour cette année pour embouteiller de nouveaux cidres et vins de glace pour écouler ses produits de l’an dernier.

En collaboration avec Annabelle Baillargeon

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