Développer dans quelques années

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Par Jean-Christophe Noël
Développer dans quelques années
La carrière de Carignan à vol d’oiseau. (Photo : archives)

Luc Poirier, administrateur de l’entreprise Développement Carignan inc., n’entrevoit pas construire dans le secteur sud de la carrière avant quelques années.

« Avant que l’on commence à construire là, ça va prendre de trois à cinq ans », chiffre Luc Poirier. Le promoteur a déposé au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques une demande d’intervention en milieux humides pour un projet de développement à Carignan. La demande touche le secteur du boisé. « À l’heure actuelle, on n’a pas de demande actuelle pour approuver un projet de développement », mentionne Patrick Marquès, maire de Carignan.

L’entrepreneur avait acheté des mains de Gestion Désourdy inc. deux lots sur le site de la carrière à Carignan, en février 2021. Puis, au mois de mai de la même année, Développement Carignan inc. a demandé au ministère de l’Environnement un certificat d’autorisation pour la restauration de la carrière avec des sols A-B, sols pouvant être utilisés comme matériaux de remblayage et de remplissage sur des terrains à vocation résidentielle en voie de réhabilitation, commerciale et industrielle.

En temps et lieu, Luc Poirier soumettra ses plans finalisés à la Municipalité. « On commence tranquillement. J’espère déposer un projet officiel avant la fin de l’été, mais ce n’est pas notre priorité. J’ai des projets un peu partout. Donc, il n’y a pas d’urgence; tranquillement, mais sûrement. On veut bien faire les choses », prévoit-il. Il ajoute que la Ville souhaiterait y voir « du commercial, selon le Programme particulier d’urbanisme (PPU). On n’est pas sûrs que du commercial, après la COVID-19, ce soit ce qui est important, mais on va s’orienter avec le PPU ».

« J’ai des projets un peu partout. Donc, il n’y a pas d’urgence; tranquillement, mais sûrement. On veut bien faire les choses. » – Luc Poirier, de Développement Carignan inc.

Contrôle intérimaire

Le PPU de la Ville prévoit un développement de la zone du secteur centre (sud de la carrière). Lors de la séance, en décembre dernier, un règlement de contrôle intérimaire a été adopté. Le contrôle intérimaire permet à une MRC, à une communauté métropolitaine ou à une municipalité, selon le cas, de restreindre ou de régir la réalisation de nouveaux projets de lotissement, de construction ou de nouvelles utilisations du sol lors de l’élaboration, de la modification ou de la révision des outils de planification, c’est-à-dire le schéma d’aménagement et de développement ou le plan d’urbanisme.

Considérant les interactions entre les différents écosystèmes présents sur son territoire, la MRC de la Vallée-du-Richelieu (MRCVR) profite de l’occasion pour réaliser un Plan régional des milieux naturels (PRMN). Ce Plan régional s’harmonisera avec le schéma d’aménagement et de développement durable de la MRCVR, actuellement en révision. La MRCVR en était à l’étape du diagnostic consistant à identifier les milieux naturels d’intérêt pour la conservation « Avant d’avoir les conclusions de la MRC, on prévoit un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA). C’est mettre la charrue en avant des bœufs », considère Stéphanie Lefebvre, conseillère du secteur Carignan-Salières.

Selon le maire, le plan régional que bâtit la MRC devrait être adopté au mois de juin. « On a demandé le règlement de contrôle intérimaire en attendant que le plan de la MRC soit en vigueur pour éviter des demandes de construction avant le plan », dit de son côté M. Marquès.

Le PIIA

Le projet de règlements du PIIA parle du milieu boisé dans le secteur sud de la carrière. L’approbation d’un PIIA est requise préalablement à une demande pour : un permis de lotissement identifiant le prolongement et les raccordements aux rues existantes, le tracé des nouvelles rues, les subdivisions des terrains et les espaces verts à préserver; un permis de construction pour l’érection ou l’agrandissement d’un bâtiment principal; un certificat d’autorisation pour l’aménagement d’un terrain.

Doté d’une forte valeur écologique, le PIIA pour le secteur du boisé consiste à prévoir des configurations d’aménagement qui tiennent compte du principe des moindres répercussions afin de limiter le déboisement et de minimiser les emprises au sol des constructions.

Une intervention assujettie au PIIA dans le secteur boisé devrait répondre à l’objectif général suivant : assurer la mise en valeur harmonieuse du développement dans le secteur du boisé.

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Lorraine Moquin
Lorraine Moquin
2 mois

Commencer à définir les règles pour le tracé des rues, l’implantation des maisons, l’architecture dans ce secteur à haute valeur écologique ressemble à une étape additionnelle franchie pour sa construction. Que ce soit de la construction par «grappe» ou en hauteur, toute intervention dans ce milieu humide boisé va fragmenter les habitats et modifier la façon dont le sol absorbe et écoule les eaux. Il faut aborder cela autrement et concentrer le développement autour de la carrière en laissant le reste intact. Cela pourrait-il aussi être interprété par un promoteur comme un feu vert de la ville et être allégué dans un éventuel débat juridique?