Deux femmes en mots dits

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Par Jean-Christophe Noël
Deux femmes en mots dits
Marie-Josée Longchamps, Jean-Jacques Bourdeau et Béatrice Picard. (Photo : courtoisie)

Le spectacle Béatrice Picard et Marie-Josée Longchamps en mots dits sera présenté au Théâtre de Rougemont du 25 au 28 août.

Portées par une complicité avérée, Béatrice Picard et Marie-Josée Longchamps ont concocté un spectacle dans lequel elles font une ode à la beauté de la langue française, à sa musicalité et aux histoires qu’elle porte. Entourées du compositeur et musicien Jean-Jacques Bourdeau (piano, guitare, harmonica), elles (re)visitent 100 ans de théâtre québécois, bifurquent vers la littérature, la poésie et la chanson, et partagent leurs coups de cœur livrés avec enthousiasme, finesse et liberté. Elles s’éclatent, jouent, chantent, murmurent, se remémorent et racontent entre autres Saint-Denys Garneau, Anne Hébert, Pauline Julien et Gérald Godin, Michel Tremblay, Clémence Desrochers, Louis Morisset, Joséphine Bacon, Kim Thúy, passant même par… Loco Locass. « C’est là que l’on se rend compte que ce n’est pas facile, le rap. Les gens disent ‘’ils ne font que parler’’, mais c’est bien plus que ça. C’est tout le rythme qu’il faut avoir. J’ai travaillé très fort, mais là, on sent qu’on là », nuance la comédienne Béatrice Picard, qui livre un échantillon de la chanson Tous les jours, de Loco Locass.

La forme intimiste de la mise en scène laisse place aux paroles fortes et aux émotions brutes. Alain Zouvi dirige les deux actrices dans cette création, qui prendra l’affiche du Théâtre de Rougemont pour quatre représentations en août avant qu’une tournée ne se dessine.

70 – C’est le nombre d’années de carrière de Béatrice Picard.

Il s’agit d’une première occasion de partager la scène pour les amies de longue date, qui souhaitent rappeler au public à quel point le Québec est une source inégalée de talents. Marie-Josée Longchamps s’est fait connaître dans le téléroman Rue des Pignons, dans les années 60. Plus récemment, elle a offert le tour de chant Marie-Josée Longchamps dans l’univers de Raymond Lévesque. Quant à Béatrice Picard, elle est connue notamment pour ses rôles dans Le Survenant, Cré Basile et Symphorien.

Plus de 70 ans de carrière

Béatrice Picard affiche une feuille de route d’exception. À 92 ans sonnés, avec 70 ans de carrière, toute l’énergie et la passion qui l’animent, elle représente un monument culturel québécois. « Ce qui m’a marquée beaucoup et fait connaître du grand public, c’est Le Survenant à la télévision. Ça a été le déclencheur », mentionne l’actrice, qui a fait ses débuts à la radio avant l’existence de la télévision. Par-dessus tout, c’est sa passion du théâtre qui a tracésa voie. « C’est un art tellement vivant en raison du contact qui est immédiat et direct entre les spectateurs et les acteurs. On répète longtemps avant, mais on voit tout de suite si ça plaît ou non, contrairement à la télévision, qui se fait plus rapidement mais où l’on voit ce que l’on a fait parfois des mois plus tard », met en perspective celle qui a étudié à Paris sous la direction de Madeleine Clervanne. Alors âgée de 20 ans, Béatrice Picard n’obtient ses grands premiers rôles au théâtre que vers l’âge de 40 ans. Depuis, ça n’a jamais cessé. « J’aime toujours ce métier. Je n’ai pas envie d’arrêter. Ça ne me tente pas de prendre ma retraite. Je veux continuer et être sur scène, et ce spectacle en est la preuve », tient pour discours la nonagénaire.

Parmi les innombrables homologues avec qui elle a partagé la scène, Mme Picard parle de Jean Duceppe, dont le rôle clé fut dans La mort d’un commis voyageur. « Il avait un charisme fou. Sur scène, il vous regardait avec ses grands yeux bleus. J’ai tant aimé faire ce spectacle avec lui », se remémore-t-elle. Elle souligne aussi positivement Paul Hébert, avec qui elle a joué Quelque part… un lac.

Marge Simpson

Une autre corde à l’arc artistique de Mme Picard, c’est celle du doublage. Contribuant à toucher particulièrement la génération des milléniaux, elle prêtera sa voix à Marge Simpson pour une 32e année dans la traduction québécoise de la planétairement populaire série The Simpsons. « C’est vraiment un phénomène. Ça ne s’est jamais produit qu’un doublage perdure si longuement », boucle la grande dame, qui a également personnifié pendant près de cinq ans la mère de Délima dans la version québécoise de l’émission The Flintstones.

En terminant, le journaliste n’a pu s’empêcher de demander à Mme Picard un court segment vocal dans la peau de ladite Marge, requête à laquelle elle a gentiment consenti.

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