Des services de garde en milieu familial en grève

Des services de garde en milieu familial en grève
Les membres ont manifesté devant les bureaux de la ministre Isabelle Charest. (Photo : courtoisie)

Les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial de la Montérégie ont fermé leurs portes pour une journée complète le 15 septembre. Elles ont manifesté devant le bureau d’Isabelle Charest, ministre de la Condition féminine au gouvernement du Québec. Il s’agit d’un moyen de pression ultime des RSG dans le cadre d’une grève tournante.

« Ce n’est certainement pas de gaieté de cœur que les RSG déclenchent une grève de 24 heures, alors que les parents de notre région ont besoin de leurs services. Cependant, ceux-ci sont solidaires et comprennent que ces conditions de travail sont inacceptables , précise Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie – CSN.  Ce métier est pratiqué essentiellement par des femmes, que l’on maintient dans des conditions précaires. C’est pourquoi elles sont venues aujourd’hui parler à la ministre de la Condition féminine. »

Les RSG en milieu familial travaillent une cinquantaine d’heures par semaine afin de s’adapter aux horaires des parents. Dans les faits, le ministère de la Famille ne les paie que 35 heures par semaine. Résultat ? Ces RSG gagnent en moyenne 27 000 $ par année, après avoir couvert toutes les dépenses.

« Personne n’accepterait un salaire aussi bas pour autant d’heures travaillées. C’est pourquoi des centaines de femmes désertent la profession et ferment définitivement leur service de garde à la maison », s’attriste Annie Sénécal, RSG en milieu familial et présidente du syndicat des RSG du BC Joie de vivre – CSN.

À l’initiative de la CSN, un conciliateur va tenter de favoriser une reprise des négociations avec le gouvernement du Québec. Cependant, à la table de négociation, plusieurs déclarations des vis-à-vis gouvernementaux ont laissé entrevoir le mépris pour nos demandes légitimes.

« Quand on nous répète que l’on amuse les enfants dans nos maisons et que l’on travaille moins fort à certains moments parce qu’ils ne sont pas tous là en même temps, c’est insultant et dégradant », s’insurge Karine Morriseau, RSG et représentante du secteur des RSG de la FSSS – CSN.

Il faut que le gouvernement Legault admette que les RSG en milieu familial sont des professionnelles de la petite enfance, qu’elles sont essentielles et qu’elles méritent un salaire équitable, équivalent aux emplois comparateurs.

Le Conseil central de la Montérégie-CSN regroupe près de 31 000 membres répartis dans plus de 200 syndicats.

Autres grèves

Des mobilisations sont aussi prévues le 23 septembre, soit une demi-journée de grève, et le 24 septembre, une journée complète, si aucune entente ne survient avec le gouvernement.

Les membres de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) et de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) sont également en négociation et utilisent la grève rotative et générale illimitée comme moyen de pression. (MV)

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