Des ruches urbaines pour aider les abeilles

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Des ruches urbaines pour aider les abeilles
Les jeunes du CIER de Richelieu produisent leur propre miel grâce aux 22 ruches et au matériel dont ils disposent. (Photo : Chloé-Anne Touma)

L’heure est à l’éveil des consciences quant à la préservation des abeilles et aux principes de l’apiculture. Alors que le déclin des insectes pollinisateurs inquiète de plus en plus la population, plusieurs initiatives urbaines se mettent en branle sur le territoire.

À Chambly, c’est l’intérêt citoyen pour le projet de ruches urbaines de Chloé Parenteau Gallant, qui lui a valu d’être retenu par la Ville dans le cadre du budget participatif. Une dizaine de ruches seront ainsi installées à différents endroits de Chambly afin de « sensibiliser la population urbaine aux causes du déclin des abeilles, de rebrancher les urbains à la source de leur alimentation, de transmettre le savoir en apiculture et de promouvoir la biodiversité tout en produisant du miel! », a formulé la Ville, qui fera affaire avec un apiculteur québécois à cette fin. Elle indique aussi que la vente du miel pourra être investie dans le soutien de causes environnementales.

« (Les abeilles) jouent un rôle clé dans un tiers de la production de ce que l’on consomme (…) Elles sont des espèces clé de voûte de notre régime alimentaire. » – Ananda Christophe

Essentielles pour les humains

« C’est un excellent projet! Je l’encourage fortement! », témoigne Ananda Christophe, écologue et apicultrice urbaine chez Alvéole. « Les abeilles, comme les autres pollinisateurs endémiques, sont essentielles à la pollinisation de milliers d’espèces de plantes et surtout de plantes agricoles. Elles vont butiner les fleurs d’aubergines, de tomates, de melons, de canneberges, de bleuets, d’asperges et même de tilleuls, de trèfles et aussi de pissenlits. Elles jouent un rôle clé dans un tiers de la production de ce que l’on consomme. Les abeilles produisent du miel pour passer l’hiver, et souvent beaucoup de miel. Nous en profitons, c’est sûr, mais aussi de nombreux animaux comme les ratons laveurs, les opossums et les ours. Ils y trouvent une source importante de nourriture grâce aux larves et au miel. Les abeilles aussi vont faire partie du réseau alimentaire. Beaucoup d’espèces d’oiseaux et d’insectes comme les colibris, les merles et les libellules chassent les abeilles. Elles font partie intégrante d’un écosystème important et duquel on dépend. Elles sont une espèces clé de voûte de notre régime alimentaire. »

La relève apicultrice à Richelieu

Le journal s’est invité au Centre d’interprétation des énergies renouvelables (CIER) et s’est entretenu avec son fondateur, Claude Gauthier, qui, avec son équipe, à l’année longue, initie les jeunes qui le désirent aux principes des énergies renouvelables, incluant ceux de l’apiculture. Dotés de tout le matériel dont ils ont besoin, les élèves du Centre peuvent y suivre des ateliers d’apiculture et produire leur propre miel. « De la maternelle jusqu’à la sixième année, les jeunes en apprennent sur tous les types d’énergie. Cela inclut les panneaux solaires, la géothermie, mais c’est aussi les ‘’bibittes’’, la pousse et la serre. Nous avons 22 ruches, nous produisons du miel dans des chaudières, puis nous le laissons décanter. Les jeunes ont la chance d’avoir les équipements pour suivre des ateliers qui leur montrent tout ça à Richelieu », de relater M. Gauthier.

Les butineuses en péril

Bien que ces initiatives soient un bon début pour Mme Christophe, il faudrait s’inquiéter de l’étalement urbain et de l’usage de pesticides. « Le développement des zones urbaines diminue les espaces naturels disponibles pour les pollinisateurs. La biodiversité détruite n’est souvent pas replantée. Les villes sont moins diversifiées en espèces végétales que les zones rurales. Les principaux problèmes sont les pesticides, les insecticides, en particulier ceux de types ‘’néonicotinoïdes’’, qui sont souvent aspergés dans les champs. Cela affecte directement le système nerveux des abeilles. Étant donné que ce pesticide se retrouve dans le nectar qui sert à faire du miel, les abeilles qui rentrent contaminent la ruche. Les maladies ou les parasites comme le varroa participent au déclin des abeilles, mais cela reste dans l’équilibre de l’écosystème. Cependant, les changements climatiques actuels dérèglent cet équilibre. »

La semaine dernière, une citoyenne de Chambly, qui réside dans un immeuble à condos sur la rue Alexandre-Talham, a contacté le journal pour signifier la présence surprenante de centaines d’insectes morts sur ses deux terrasses, ainsi que sur celles de ses voisins adjacents et de l’autre côté de la rue. « J’ai tellement trouvé le phénomène étrange et inhabituel que j’en ai conservé un spécimen dans un pot. » Des photos de la scène ont été prises, puis montrées à Mme Christophe, qui estime qu’il s’agit d’abeilles. Selon cette dernière, ce genre de phénomène peut être attribuable aux pesticides et aux insecticides « s’il y a un champ proche. Sinon, cela pourrait aussi être dû à l’environnement et à la chaleur, mais il faudrait être sur place pour avoir une meilleure idée ». Dans le présent cas, l’hypothèse de fortes chaleurs serait la plus plausible, puisque « Chambly n’utilise aucun pesticide, cela étant interdit par la loi », a confirmé la directrice des communications de la Ville.

Finalement, pour ceux qui aimeraient se faire les amis des abeilles, Mme Christophe conseille de planter des plantes mellifères, « du petit gazon comme du trèfle », de leur offrir de l’eau en remplissant de petits bols, avec des billes ou des branches de bois à l’intérieur pour qu’elles puissent s’y poser, puis d’éviter la coupe de leur gazon jusqu’en mai « quand les pissenlits fleurissent ».

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Jacques FABRY
Jacques FABRY
4 mois

Bonjour de France,
« La semaine dernière, une citoyenne de Chambly, qui réside dans un immeuble à condos sur la rue Alexandre-Talham, a contacté le journal pour signifier la présence surprenante de centaines d’insectes morts sur ses deux terrasses, ainsi que sur celles de ses voisins adjacents et de l’autre côté de la rue. « J’ai tellement trouvé le phénomène étrange et inhabituel que j’en ai conservé un spécimen dans un pot. » « 
J’ai une explication possible pour ce phénomène que j’observe depuis plus de 15 ans et qui peut surprendre la plupart des insectes volants (mais pas les moustiques). Pouvez-vous me contacter pour en parler tranquillement plus en détails?

Ananda
Ananda
4 mois
Répondre à  Jacques FABRY

Bonjour 🙂

Oui bien sur. Écrivez moi sur ananda@alveole.buzz et je me ferais un plaisir de discuter de vos hypothèses.

Merci