Des « parents soutien »

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Des « parents soutien »
(Photo : archives)

Le Carrefour familial du Richelieu et ses partenaires recherchent des bénévoles pour agir en tant que
« parents soutien » auprès de familles qui en ont besoin.

« Il manque beaucoup de familles d’accueil pour des enfants vulnérables qui n’ont malheureusement pas de familles pour les accueillir, indique au journal le Carrefour familial du Richelieu. Nous cherchons des adultes pour faire une différence dans la vie des enfants afin d’augmenter les chances qu’ils restent dans leur communauté et assurer leur sécurité, leur stabilité et favoriser leur développement. »

Marie-Hélène Spénard, coordonnatrice au Carrefour familial du Richelieu, explique en entrevue que si le concept de famille d’accueil nous semble familier, celui des parents soutien en est un plus flou. « Les parents soutien sont moins connus, mais nous en avons grandement besoin en ce moment. »

Qu’est-ce que fait un parent soutien?

« Le parent soutien va soutenir la famille dans son cheminement au travers des défis à relever, tout en aidant ses membres à reprendre le pouvoir sur leur propre vie et à faire des choix plus éclairés, qui conviendront mieux aux enfants, explique Mme Spénard. Ça peut se faire par téléphone, ou encore au travers d’activités et de sorties avec la famille. Les parents soutien sont alors eux-mêmes épaulés par la Maison de la famille du Carrefour du Richelieu, à Chambly. Ils peuvent donc se tourner vers nous lorsqu’ils ont des questions. Nous voulons organiser des cafés-rencontres avec les bénévoles pour renforcer cette présence auprès d’eux. Tous ceux qui ont envie d’œuvrer pour la communauté et de faire une différence sont les bienvenus! »

« La négligence, ce n’est pas un état définitif ou fixe. Avec du soutien, on peut s’en sortir et reprendre le contrôle sur sa vie (…) » – Marie-Hélène Spénard

Programme Je tisse des liens gagnants

À Chambly, on compte seulement un parent soutien, Laurianne Letarte, qui s’implique bénévolement auprès du Carrefour, depuis cinq ans, dans le cadre du programme Je tisse des liens gagnants. « Nous aimerions avoir au moins cinq parents soutien bénévoles, autant pour l’organisme que pour le programme Ma Famille, Ma communauté », de préciser Mme Spénard.

Le programme Je tisse des liens gagnants s’adresse aux familles qui sont en situation de négligence. Les parents volontaires s’engagent à les accompagner pour une période de deux ans. Le parent bénévole s’implique alors auprès de la famille en développant avec elle une relation d’aide sous forme de soutien informel. 

Du coaching et aussi une leçon de vie

Pour Mme Letarte, être maman soutien, « C’est une façon de s’impliquer auprès de la communauté, mais aussi de constater qu’à la base, ces familles vivent les mêmes défis que nous au quotidien. À ceux que j’accompagne, j’aime montrer que mon quotidien à moi non plus n’est pas rose. J’aime aussi découvrir leur réalité à eux. En tant que parent soutien, on apprend à porter la mission du Carrefour familial, et on réalise l’ampleur de ce que l’organisme peut offrir. Dès le jumelage avec une famille que j’accompagnais, il s’est créé un lien de complicité entre nous. Mes propres enfants et moi avons aussi pu bénéficier des sorties et des activités organisées avec cette famille, et ce, grâce au Carrefour. Mes enfants en sont aussi ressortis enrichis », de témoigner la bénévole.

Mme Spénard souligne l’importance du lien de confiance qui peut se créer. « Certaines de ces familles ont une carapace que le parent soutien est en mesure de faire tomber grâce au lien qu’il construit avec elles. »

Geneviève Meunier, intervenante jeunesse au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est, est porteuse du programme Ma famille, ma communauté. Elle et son équipe du Comité recrutement familles d’accueil étaient conscientes d’un manque quant au besoin de soutien dit « plus informel », qu’il fallait combler. « Il arrive que certaines familles soient plus réfractaires au soutien formel et qu’elles soient davantage ouvertes à être accompagnées par un parent soutien que par un travailleur social. Alors, de fil en aiguille, étant donné que les Maisons de la famille siégeaient à notre comité, autant pour Chambly que pour Saint-Jean-sur-Richelieu, nous avons discuté de la possibilité de joindre nos efforts. De là, nous avons inclus l’option du jumelage des parents soutien avec des familles qui risquaient le placement de leurs enfants, dans le but de l’éviter. » C’est ce qui a mené à l’implantation du programme, qui existe depuis des années.

Finalement, Mme Spénard rappelle que « La négligence, ce n’est pas un état définitif ou fixe. Avec du soutien, on peut s’en sortir et reprendre le contrôle sur sa vie, au bénéfice de toute la famille ». Elle espère que plusieurs parents volontaires voudront s’impliquer en tant que bénévoles auprès du Carrefour pour remplir ce rôle important.

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