Des parents déjà essoufflés

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Par Jean-Christophe Noël
Des parents déjà essoufflés
L'école à distance est en branle. (Photo : courtoisie)

Les élèves ne retourneront pas à l’école avant le 17 janvier, ajoutant au fardeau des parents qui vivent l’école à distance en plein télétravail.

« Je crois sincèrement que ce n’est pas facile pour personne. Par contre, je dois avouer que j’ai une petite pensée de plus pour ceux qui, comme moi, ont une garderie en milieu familial et pour qui le ratio ne ‘’fitte’’ plus, car leurs enfants sont à la maison. Essayer de faire l’école à la maison en ayant d’autres enfants à gérer, ce n’est vraiment pas évident », raconte la Chamblyenne Cynthia Marrier, mère et éducatrice en milieu familial. Elle met en reflet les difficultés qu’elle vit avec sa réalité : « C’est ridicule de penser que les enfants des deux premiers cycles du primaire peuvent faire une pleine page de devoirs sans l’aide d’un parent, même si certains ont une plus grande facilité ». Elle complète en parlant des enfants qui ont besoin d’un orthopédagogue ou d’un suivi plus serré. « Ils en arrachent vraiment, et c’est difficile en tant que parent de se sentir impuissant, car on n’est pas toujours outillé pour les aider. Vivement le retour en classe! »

« C’est ridicule de penser que les enfants des deux premiers cycles du primaire peuvent faire une pleine page de devoirs sans l’aide d’un parent. » – Cynthia Marrier

Autres témoignages

Une autre éducatrice en milieu familial à Chambly, qui ne veut pas être identifiée, en rajoute : « Je vais devoir travailler comme éducatrice en milieu familial avec cinq autres enfants pendant que mon fils sera en Teams », annonce-t-elle. Parmi ces cinq enfants, elle en pointe deux dont les parents sont à la maison, encore en congé. « Ceux qui ont un plus vieux à gérer avec Teams et le télétravail, c’est difficile de le faire. Ils doivent envoyer le plus jeune à la garderie. Imaginez-nous, les éducatrices, avec cinq enfants de moins de cinq ans! »

Catherine Aubertin, une Chamblyenne, a deux enfants au primaire. « L’école à distance, quel casse-tête! Ce n’est pas tous les professeurs qui font le même effort. Exemple, ma fille de 11 ans, son horaire débute à 8 h 15. La prof effectue des notions d’enseignement jusqu’à 9 h 30 et demande des travaux, mais elle reste en ligne, si les enfants ont des questions, jusqu’à 11 h 30. Ça ressemble à la même chose en après midi. Mon gars, 7 ans, commence à 9 h et finit à 9 h 30 avec des travaux. Il vient nous voir parce qu’il ne comprend pas les travaux, qu’il doit montrer à 13 h. Bref, c’est un peu nous qui faisons son enseignement. »

« Hier la journée s’est bien passée mais je dois admettre qu’il faut être vraiment bien organisé. Il faut aussi de la souplesse de la part de chaque enseignant afin de comprendre que, parfois, il y a des problèmes de connexion ou que, parfois, l’enfant est en retard de quelques minutes. Hier, notre 5e année a dû rester en ligne jusqu’à 16 h 30 quand l’école termine normalement à 15 h 30, et ce, pendant que tous les autres enfants avaient déjà terminé. Notre fille nous a dit que si elle quittait avant, elle aurait des conséquences rendue à l’école. Je trouve ça bien dommage que certains enseignants soient aussi intenses dans leur enseignement à distance », fait part au journal Isabelle Cyr.

« Je suis chanceuse, cette semaine mon conjoint est en vacances. Il peut donc superviser mon garçon de 9 ans pendant que moi-même j’enseigne à distance. Le plus difficile c’est le suivi des travaux à faire. Mes deux grandes filles de 14 et 17 ans sont autonomes. On s’en sort assez bien vu qu’il y a assez d’ordinateurs pour toute la maisonnée. Mes enfants et moi sommes dans des écoles différentes donc, 4 horaires de dîner différents à gérer. C’est du sport! », partage l’enseignante Julie Paulin.
« Ma fille a 5 ans. L’an passé, ce fut très conflictuel. Elle ne comprenait pas pourquoi je ne lui donnait pas assez d’attention. Il y a eu beaucoup de stress relié à la performance au travail qui en souffrait et sur ma relation avec ma fille. Elle s’était mise à taper les animaux, ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant. Je trouve qu’il devrait y avoir une mesure gouvernementale permettant aux employeurs de réduire nos heures à 30 heures par semaine et que le gouvernement nous verse une compensation. Ce serait beaucoup moins stressant en tant qu’employée et les enfants ne seraient pas laissés à eux-mêmes », propose une autre mère chamblyene monoparentale.

Quant à lui, le Centre de services scolaire des Patriotes mentionne « n’avoir reçu aucun message à cet effet » lorsque questionné sur le mécontentement des parents en lien avec l’école à distance.

 

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