Des mesures et de l’argent pour la rentrée

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Par Martine Veillette
Des mesures et de l’argent pour la rentrée
Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et député de Chambly. (Photo : archives)

Le ministre de l’Éducation et député de Chambly, Jean-François Roberge, a annoncé différentes mesures et de l’argent supplémentaire dans le réseau scolaire pour aider à cette rentrée qui se fera sous la COVID-19.

Après avoir annoncé des mesures en lien avec la santé publique, les annonces de M. Roberge étaient axées sur le rattrapage et la réussite scolaires. « Ce sont de nouvelles façons de faire, puisque les défis sont supplémentaires », a-t-il indiqué.

Il a donc annoncé trois mesures « afin de détecter les difficultés et les retards et ainsi aider les professionnels ». Elles s’ajoutent à cinq autres, qui avaient été annoncées lors du budget. Ce qui représente un ajout de 100 M$ dans le réseau comparativement à septembre 2019.

La première nouvelle mesure est l’ajout de 20 M$ dans le réseau afin de permettre l’embauche de professionnels, tels que techniciens en éducation spécialisée, enseignants ou autres professionnels du réseau. Les centres de services scolaires (CSS) pourront aussi l’utiliser pour mettre en place des mesures de rattrapage. Cela permettra, selon le ministre, d’augmenter les suivis individuels et d’aider les élèves qui ont des difficultés. Les actions seront choisies par les équipes-écoles.

Ensuite, la seconde mesure vient apporter le financement plus rapidement dans les écoles pour les élèves avec des codes de difficulté. Le gouvernement retire, pour deux ans, les opérations administratives, soit les différentes étapes pour valider le code de difficulté d’un élève afin de fournir le financement plus rapidement. Cela permettra donc l’accès à des services dans un délai plus court. « On libère 560 000 heures de plus de services directs. Ça va faire LA différence », souligne M.Roberge.

Finalement, le ministre de l’Éducation veut valoriser le milieu scolaire et permettre aux jeunes de se raccrocher à l’école. Une campagne d’information, s’adressant à toute la population, sera donc lancée afin d’encourager les jeunes, principalement les adolescents, à rester sur les bancs d’école. Pour y parvenir, des capsules du Dr Egide Royer, psychologue et spécialiste de la réussite scolaire, seront présentées.

« Ce n’est pas du tout à la hauteur des attentes du personnel. »
– Éric Gingras

Autres mesures

M. Roberge a également rappelé les mesures annoncées lors du budget. Il y a l’ajout de 19 M$ pour l’embauche de 350 professionnels qui resteront dans le réseau.

Un montant supplémentaire de 7 M$ pour la mise en place de classes spéciales, pour « des élèves qui, même avec des ressources, ne trouvent pas leur place dans une classe régulière ».

Une somme de 10 M$ a été allouée pour le raccrochage. Les centres de services scolaires pourront également faire affaire avec des firmes d’experts.

Le budget consacré aux activités parascolaires et à l’aide aux devoirs sera majoré de 41 M$ pour atteindre un total de 62 M$. De plus, le ministre a précisé qu’un assouplissement des règles avait été apporté afin de permettre aux écoles plus de liberté sur ce qui sera offert.

Finalement, 1 M$ permettront la diffusion de capsules de révision des matières sur Savoir média.

Pas suffisant pour le syndicat

« Ce n’est pas du tout à la hauteur des attentes du personnel, affirme d’emblée Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain, personnel enseignant et de soutien. Vingt millions $ à travers le Québec, ça ne fait que quelques milliers de dollars par école. » Il soutient « donner la note D » au ministre pour cette annonce.

Il ajoute que « dans la réalité, comment se traduiront les services en classe et comment ça aidera les jeunes? Au moment où l’on se parle, on ne le sait pas encore ». M. Gingras affirme qu’il reste encore beaucoup de questions sans réponses pour ses membres à quelques jours de la rentrée.

Il estime qu’il est bien d‘enlever de la bureaucratie pour aider les élèves en difficulté. Cependant, selon lui, « les enseignants se battent pour que certains élèves soient identifiés parce que ça permet de rattacher des services. Les professionnels auront aussi besoin de faire des évaluations. Ils doivent savoir où l’élève est rendu. Ça fait six mois qu’il n’y a pas eu d’école ».

Le président se questionne aussi sur « comment cette aide va se traduire dans les écoles? » Il arrive régulièrement que les professionnels doivent se déplacer d’une école à l’autre pour fournir un même service. De plus, actuellement, le milieu scolaire est en pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.

En ce qui a trait à la campagne d’information pour valoriser la présence en classe, il trouve ça « cute », mais sans plus. Il ne croit pas qu’elle donnera tant aux jeunes le goût de raccrocher. « Ça prend du personnel et du travail sur le terrain. Ça prend de l’argent là. Il manque de la volonté politique pour écouter le milieu afin de trouver les solutions », estime-t-il.

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