Des élèves moins motivés

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Des élèves moins motivés
(Photo : archives)

La démotivation des élèves et l’absentéisme volontaire sont en hausse dans les écoles. 

« Pour ce qui est des absences et de la démotivation, nous observons malheureusement une augmentation des cas, rapporte au journal la directrice de l’école secondaire de Chambly, Caroline Gaigeard. Il y a beaucoup plus de détresse psychologique chez nos élèves. »

À l’échelle de tout le réseau

Un récent rapport du ministère de l’Éducation indique qu’en janvier, on comptait pas moins de 57 400 absences d’élèves du réseau scolaire, non motivées par la COVID. Croissant de manière constante, ce chiffre aurait atteint les 101 300 élèves absents jusqu’à la mi-avril. Le taux d’absences non attribuables aux éclosions aurait ainsi bondi de 76 % au Québec. Les données générées révèlent que le taux de réponse des établissements publics et privés ne serait pas en cause, pointant plutôt vers la démotivation scolaire.

« Il y a beaucoup plus de détresse psychologique chez nos élèves. » – Caroline Gaigeard

Selon le ministre de l’Éducation et député de Chambly, Jean-François Roberge, qui n’était pas disponible pour commenter le dossier avant la parution papier de l’article, il faudrait attribuer la hausse des absences non COVID à la montée des infections bactériennes. « D’abord, il faut se réjouir du fait que les absences COVID baissent. Ça veut dire que les mesures sanitaires fonctionnent, dont les travaux réalisés pour améliorer la ventilation dans nos écoles. On peut être fiers du fait que la propagation ne se fait pas dans les écoles. On en est très contents. Et pour avoir parlé à des médecins et des urgentologues, on voit qu’il y a des microbes qui ont été moins présents durant les dernières années, et qui sont en mode rattrapage. La baisse des mesures sanitaires fait en sorte que les gastros, les otites ou encore les labyrinthites se rattrapent, et bien que ce ne soit pas des maladies graves, ça occasionne des absences, et complique la vie des enseignants. Mais c’est moins inquiétant que des éclosions. »

Un absentéisme volontaire

Pour Guillaume Bertrand, Belœillois de 35 ans présentant un syndrome d’Asperger, l’éducation est très importante. En tant que modèle de persévérance et conférencier faisant de la sensibilisation dans les écoles, il inspire les jeunes en racontant son propre parcours. Présentement occupé à faire du démarchage en ce sens à Chambly, M. Bertrand se dit bien au fait de la démotivation scolaire. « L’absentéisme volontaire est une réalité. J’entends des choses inquiétantes, tant de la part des filles que des garçons, qui choisissent de sécher les cours. J’aborde notamment la réussite scolaire dans mes conférences, le décrochage, l’intimidation et l’importance de bien dialoguer. » Ces enjeux entrent en ligne de compte lorsqu’on mesure l’anxiété des jeunes, un autre problème en recrudescence, qui pourrait nuire à leur implication scolaire, par concomitance.

La COVID, indirectement liée

Car bien qu’elle ne soit pas directement liée à la hausse d’absences, la COVID pourrait quand même avoir généré assez de stress chez les jeunes au cours des deux dernières années pour les désintéresser des priorités scolaires et les mener à consommer des substances nuisibles pour leur développement. 

« De récents sondages montrent que les jeunes de 16 à 24 ans vivant au Canada sont plus susceptibles de faire état de troubles de santé mentale et d’usage de substances, ainsi que d’avoir de la difficulté à gérer le stress de la pandémie que la population générale », explique le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances. L’organisation mesure à 45 % la proportion de jeunes ayant rapporté des symptômes d’anxiété, de modérés à sévères. Elle rapporte que 40 % d’entre eux ont fait un usage accru d’alcool, de cannabis ou des deux.

Après le décrochage

À Chambly, notons que les jeunes de 16 ans et plus qui ont décroché peuvent se tourner vers l’école du Fort de Chambly, un milieu alternatif de scolarisation, afin de compléter les crédits requis des cours du secondaire en formation aux adultes. Créée par le Centre de formation Intégration Compétences, l’école du Fort offre une aide complémentaire aux écoles secondaires et aux services des centres pour adultes, afin d’aider les élèves en difficulté et en décrochage à se responsabiliser et à développer une certaine autonomie.

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