Lots dans les milieux humides à Carignan : des discussions en continu

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Par Saïd Mahrady
Lots dans les milieux humides à Carignan : des discussions en continu
(Photo : SM)

Les négociations que mène le promoteur des Habitations Malachite inc. avec plusieurs propriétaires se poursuivent en vue de l’acquisition de lots, dont certains sont situés soit dans des boisés, soit dans un milieu humide.
« On a été approchés par un promoteur qui veut faire l’acquisition de nos lots, soit Les Habitations Malachite de Marc Gagnon, indique en entrevue Louis Caron, un des propriétaires. La proposition a été honnête, mais il faut recadastrer; ce n’est pas bien loti. Il faut qu’un promoteur ait une entente avec 90 % des propriétaires. »

« On doit se regrouper pour faire du développement. » – Marc Gagnon

Joint par le Journal de Chambly, Marc Gagnon, des Habitations Malachite, confirme avoir eu des rencontres et explique que d’autres échanges sont prévus bientôt avec M. Caron et son partenaire Alan Francis. « On doit se regrouper pour faire du développement », justifie M. Gagnon, qui ajoute être le seul à vouloir faire plusieurs acquisitions. Il dit ne pas avoir entendu parler de la présence d’autres promoteurs intéressés.
M. Gagnon, qui possède des lots, précise d’autre part que les discussions ont commencé il y a six ans avec « une centaine de personnes. Ce n’est pas fini, mais ça va bien ».
Rappelons que lors de la présentation du PPU pour le secteur central du territoire en décembre dernier, la Ville a fait mention de l’existence de 350 lots appartenant à 144 propriétaires fonciers différents.

Milieux humides ou non?

Louis Caron et Alan Francis ont acquis des lots, dont certains directement de la Ville, qui les avait mis en vente pour non-paiement de taxes. « Nous avons vingt-deux terrains dans des zones en partie déclarées humides », affirme M. Caron, qui conteste l’étude réalisée en 2014 par la firme WSP voulant que « le secteur au sud de la carrière est constitué d’un vaste marécage de frênes de Pennsylvanie et d’érables rouges et que l’ensemble des milieux humides couvre 82,3 % de la zone. Les groupements avec une valeur écologique élevée et très élevée représentent 88 % de la superficie ».
Or, M. Caron met en doute l’étude de WSP. « Dans les années 2000, la Ville a entrepris des travaux d’infrastructure, ce qui s’est traduit par une accumulation d’eau, qui s’est ramassée dans des endroits où une plante, le phragmite, a poussé. C’est un endroit humide créé par l’homme et non de façon naturelle. » Il ajoute se baser sur « une étude. On a payé un biologiste pour une étude réalisée à la fin de 2017 et au printemps de 2018. Son rapport indique que 87 % (des lots) sont terrestres. C’est un résultat complètement contraire à celui du SWP, mais similaire à celui fait par le Groupe SMI, mandaté par la Ville (en 2012). La ville a choisi SWP parce que moins cher en soumission. »
Il ajoute avoir acheté des lots de la Ville, mais « on ne savait pas qu’ils étaient situés dans une zone humide. Quand on achète, la Ville devrait le dire quand elle fait des ventes de non-paiement de taxes. La Ville s’en dégage, c’est au ministère de l’Environnement de répondre. Pour construire dans ça, il faut quasiment qu’un seul promoteur achète tout le monde, sinon c’est assez difficile pour les 144 propriétaires. »
Le promoteur Marc Gagnon se dit « conscient du très long processus » avant d’avoir l’autorisation du ministère. « La Ville n’a pas statué encore. On ne sait pas encore jusqu’à quel point la Ville désire le faire », affirme-t-il, non sans ajouter qu’il fera appel à une firme pour avoir « une étude environnementale à partir de mai-juin ».
« Difficile pour moi de répondre à savoir combien de lots sont visés. C’est un grand territoire qu’on doit séparer par phases. Ce n’est pas encore établi. »
Notons que lors de la séance du conseil de janvier dernier, la majorité a abrogé trois articles en rapport avec les secteurs où il y a des milieux humides. Le maire Patrick Marquès a justifié ces modifications en ces termes : « on avait des règlements avec des dispositions qui étaient un peu contradictoires. On permettait dans le MN2 (milieu naturel où les interventions sont autorisées) la construction alors qu’on y interdit le remblai. Ça devient incongru. Donc, la seule façon pour le propriétaire d’un milieu humide (de construire), c’est d’obtenir l’autorisation du ministère. »
Pour sa part, Valérie Beauchamp, directrice de l’urbanisme, avait indiqué aussi que la carte où l’on trouve répertoriés les milieux humides a été faite par un biologiste en 2014. Et d’ajouter : « Le ministère se donne un délai de cinq ans, car les milieux humides évoluent ».

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