Des bleuets qui font envie

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Des bleuets qui font envie
En raison de leur altitude, les bleuets de la Fruiteraie Gadbois ont été épargnés par le désastre causé par les périodes de gel connues au cours des derniers mois. (Photo : réseaux sociaux)

Alors que le gel de mai à juin a fait perdre aux producteurs de bleuets une partie ou la totalité de leur production dans plusieurs régions du Québec, celle de la Fruiteraie Gadbois, à Rougemont, se porte à merveille et attire les cueilleurs.

Si la Fruiteraie Gadbois de Rougemont a été épargnée par le gel, c’est qu’elle est située sur un plateau, en hauteur. « La production Gadbois n’a pas du tout été affectée par le gel, ce qui fait que cette année, elle est vraiment en abondance, aussi de par le fait que son type de cultivars soit favorable à la production de gros bleuets. », a indiqué Steve Flanagan, président de Flanagan Relations publiques, et porte-parole pour Tourisme Rougemont et ses entreprises agricoles membres, dont la Fruiteraie Gadbois.

« Nous sommes sur le flanc sud du Mont Rougemont, donc vraiment en altitude, ce qui fait qu’on est protégés contre les gels (…) » – Vincent Gadbois

Deux réalités opposées

En mai, on annonçait des dommages irréparables dans les champs agricoles estriens. Au début du mois de juin, on rapportait qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean, jusqu’à 70 % des récoltes de bleuets sauvages avaient gelé et seraient perdues. « L’industrie du bleuet cultivé, et l’industrie du bleuet sauvage, ce sont deux mondes complètement différents. », nous explique Vincent Gadbois, copropriétaire de la Fruiteraie Gadbois. « Le bleuet sauvage du Lac-Saint-Jean représente plusieurs centaines de milliers de dollars par année. Les immenses bleuetières y sont aménagées en forêt ou en semi-forêt, et la plante y est différente.  Comme la mauvaise herbe, elle se multiplie par les racines et ne dépasse pas 12 pouces de hauteur. Chez nous, on parle plutôt de bleuet cultivé, d’une plante arbustive. L’arbuste perdure jusqu’à 40 ans, ses bleuets sont beaucoup plus gros, et les plants atteignent jusqu’à six pieds de haut, ce qui est parfait pour la cueillette. », indique M. Gadbois.

« Nous sommes sur le flanc sud du Mont Rougemont, donc vraiment en altitude, ce qui fait qu’on est protégés contre les gels comme ceux qui ont frappé cette année, et qui ont affecté les autres bleuetières. » Selon M. Gadbois, si les gels affectent surtout les terres agricoles plus basses, c’est surtout en raison de la densité de l’air. L’air froid étant plus lourd que l’air chaud, il s’accumule dans les cavités, ou les endroits plus bas. « Une nuit vers la fin mai, à certains endroits, la température a chuté à -6°C.  Ça a été catastrophique, non pas seulement pour les bleuetiers, qui venaient de finir leur floraison, au moment de leur croissance où ils sont le plus sensibles au froid, mais aussi pour les pommiers et les fraises à Rougemont. Dans la région, les pommes avaient un diamètre de 15 mm, la taille de petits pois. Je n’avais jamais vu ça, et pourtant chez les Gadbois, on est pommiculteurs depuis cinq générations. Ce n’est pas la date de gel qui était exceptionnelle, mais c’est celle des cultures qui était en avance, et qui justifie le phénomène. », de préciser M. Gadbois.

Quant à la sécheresse connue en début de saison, qui a privé les agriculteurs de précipitations sur une période de deux mois, affectant bleuets et maïs, la Fruiteraie Gadbois s’en sort encore à  bon compte. « On a un système d’irrigation que l’on dit “au goutte-à-goutte” pour nos pommiers et plants de bleuets, qui a pallié le problème du manque d’averses. »

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