Des arbitres maintenant travailleurs autonomes

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Par Martine Veillette
Des arbitres maintenant travailleurs autonomes
Le groupe d’arbitres junior AA, Maxime Burns, arbitre en chef de Chambly, Stéphane Carbonneau, arbitre en chef régional, Sylvain Tremblay, de Saint-Jean-sur-Richelieu, et Christian Bellemarre, de Marieville. (Photo : courtoisie)

La présence de la COVID, jumelée à l’obligation d’avoir le statut de travailleur autonome, fait craindre une baisse considérable des effectifs d’arbitres, principalement les anciens.

Depuis cette année, les arbitres de tous sports confondus sont considérés comme des travailleurs autonomes. Ils ont maintenant l’obligation de déclarer leurs revenus réalisés en arbitrant une partie. Cette nouveauté pourrait engendrer une difficulté à conserver des arbitres d’expérience, notamment au hockey.

« Pour les étudiants, ça ne change rien. Pour les vétérans, qui gagnent un bon salaire (avec un travail à temps plein),
parfois ça peut faire en sorte qu’ils changent de braquette d’imposition. Au lieu de venir passer une soirée ou une journée à l’aréna, ils vont peut-être faire autre chose. J’ai l’impression qu’on va peut-être les perdre », mentionne Stéphane Carbonneau, arbitre en chef régional et arbitre en chef Ligue élite Richelieu.

Ces officiels d’expérience sont sélectionnés pour arbitrer les parties des équipes de midget et de junior. Selon M. Carbonneau les vétérans le font davantage par passion que pour l’argent. « Ils doivent arriver à l’aréna trente minutes avant le match et ils repartent trente minutes après. Tu ne fais pas ça si tu n’es pas un passionné », croit le résidant de Carignan.

L’arbitre en chef mentionne ne recevoir que très peu d’information de la part de Hockey Québec, en ce moment, puisque l’organisation a mis à pied temporairement plusieurs employés en raison de la pandémie. La personne en charge de l’arbitrage en fait partie.

« Certains avaient des craintes de revenir sur la glace en lien avec la COVID. Ceux qui hésitaient, avec le statut de travailleur autonome qui s’ajoute, ils vont peut-être décider de ne pas revenir. »
– Stéphane Carbonneau

COVID

Ce nouveau statut survient en même temps que la pandémie. « Certains avaient des craintes de revenir sur la glace en lien avec la COVID. Ceux qui hésitaient, avec le statut de travailleur autonome qui s’ajoute, ils vont peut-être décider de ne pas revenir », craint l’arbitre en chef.

Au total, environ 600 officiels travaillent dans la région. Si des vétérans quittent, M.Carbonneau estime que ça pourrait représenter un manque de 200 à 300 arbitres. « Il va nous manquer des officiels pour certaines catégories », avance celui qui arbitra pour la 36e année.

De plus, actuellement, la santé publique n’autorise pas les contacts, dont les mises en échec. Le jeu est donc très différent et l’arbitrage aussi.

Plusieurs mesures sont également prises afin de limiter la propagation du virus. Le masque, le lavage des mains et la prise de température sont obligatoires pour tous ceux qui entrent dans l’aréna. De plus, ils doivent s’identifier afin d’être facilement joints si quelqu’un reçoit un diagnostic positif.

M. Carbonneau estime que le gouvernement aurait pu prendre l’année 2020-2021 comme année de transition avant d’imposer le statut de travailleur autonome en plus des mesures sanitaires.

Recrutement

Le recrutement des nouveaux s’effectue lors des inscriptions dans les associations de hockey mineur. Les joueurs peuvent arbitrer les catégories inférieures à la leur.

Les plus jeunes ont 14 ans. « Il y a une vingtaine d’années, on ne les prenait pas plus jeunes que 16 ans. Là, on n’a plus le choix », relate M.Carbonneau.

Il précise que les novices jouent sur des moitiés de glace, ce qui est plus facile pour un seul officiel de gérer la partie.

Chaque arbitre, chaque année, suit une formation. Pour les anciens, c’est un rafraîchissement des notions qui dure en moyenne quatre heures. Pour les nouveaux, une formation d’une journée de huit heures avec présence sur la glace est nécessaire.

Sécurité

L’arbitre en chef souligne que l’ambiance dans un aréna n’a pas changé. « Il y a de bons parents et de bons entraîneurs, comme il y a des parents fous et des entraîneurs fous. Il y a aussi des arbitres qui font du zèle. On travaille pour trouver des solutions, mais ça n’a pas beaucoup évolué », avance-t-il.

M. Carbonneau avise chaque arbitre que s’il pense que sa sécurité ou celle des joueurs peuvent être compromises,
d’arrêter la partie et de faire venir la police. « Ça n’arrive pas souvent… mais c’est déjà arrivé », souligne-t-il.

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