Des affaires à l’international malgré la pandémie

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Des affaires à l’international malgré la pandémie
Jean-Michel Larouche est coactionnaire et directeur général d’ACPE. (Photo : courtoisie)

Pour faire face à la crise sanitaire, les entreprises québécoises dont les activités dépendaient d’un marché basé à l’international et de voyages d’affaires à l’étranger ont dû réagir rapidement pour ne pas se faire engloutir par la concurrence. Des experts en consultation des affaires nous parlent des nouvelles réalités du marché.

Le Chamblyen Jean-Michel Larouche fait partie des quatre actionnaires de l’entreprise ACPE (Amélioration continue par les employés), basée à Saint-Bruno, spécialisée dans le domaine de l’excellence opérationnelle au Québec et à l’international. Tous les matins, dès 5 h, son équipe se consacre à soutenir des entreprises malgaches par l’entremise d’une filiale d’ACPE basée à Antananarivo. « Nous y accompagnons des PME locales et des multinationales malgaches dans l’implantation d’une culture d’amélioration continue et de leadership LEAN au sein de leur organisation », explique l’homme d’affaires, qui est aussi directeur général de l’entreprise.

« La pandémie a d’abord été une menace pour nous. Puis à un moment donné, c’est devenu une opportunité. » – Jean-Michel Larouche

Des hauts et des bas

« La pandémie a d’abord été une menace pour nous. Puis, à un moment donné, c’est devenu une opportunité », explique M. Larouche. « Il faut savoir que 50 % de nos revenus dépendent habituellement du marché étranger. Nous avons des clients en Afrique et une division à Madagascar. La fermeture des frontières a donc coupé de moitié notre chiffre d’affaires. Heureusement, on fait aussi beaucoup affaire avec des PME du Québec. »

M. Larouche, qui faisait beaucoup de déplacements à l’étranger dans le cadre de son travail auprès de clients, a dû, comme le reste de l’équipe qui travaille aussi à l’international, continuer d’accompagner des PME du Québec qui en avaient besoin. « Les PME ici avaient beaucoup de transition et d’adaptation à faire relativement à la pandémie, et il y en a chez qui la demande a carrément explosé avec la COVID. Donc, nous avons connu un creux, mais les affaires se replacent. » Il admet que le malheur des uns fait aussi le bonheur des autres, puisque « l’interruption des voyages dans certains pays avec la fermeture des frontières a créé une opportunité à saisir, étant donné que nous pouvons encore nous déplacer à certains endroits. Mais sinon, on a des clients avec lesquels on maintient surtout les rapports et la collaboration à distance et qui s’y adaptent avec nous ».

Comprendre le concept d’ACPE

ACPE analyse, pose des diagnostics et émet des recommandations auprès de ses clients pour en optimiser les opérations, la philosophie de gestion et le « coaching » des ressources, en plus de maximiser leur production tout en créant une culture d’amélioration avec leurs employés. Elle leur permet notamment de limiter le gaspillage de temps, d’argent et de ressources. « Nous nous démarquons en ce que nous travaillons avec des clients dans toutes les industries où il y a un processus de fabrication, et cela ne se rapporte pas qu’à la fabrication d’un objet. Donc, nous œuvrons surtout auprès du secteur manufacturier, mais les principes d’ACPE s’appliquent tout autant aux centres d’appel, où il y a un processus de fonctionnement. L’amélioration continue est une technique assez connue dans le marché. C’est comme un coffre à outils duquel on pioche le bon outil de travail pour répondre à un besoin ou à un problème précis que l’on aura identifié. On travaille beaucoup avec l’intention derrière le geste qu’un gestionnaire ou un employé souhaite poser au sein de son entreprise, afin de bien orienter les démarches vers la solution. »

Ce que l’on peut contrôler

Selon Ruby Jing Zhao, consultante en affaires internationales qui a beaucoup voyagé à l’étranger, notamment dans le cadre de son travail mené auprès de grandes et petites entreprises à travers l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, « Il va de soi que la pandémie pousse les compagnies, et plus particulièrement les PME, à revoir leurs plans de développement. C’est d’autant plus observable dans le secteur manufacturier, où fermer une usine implique forcément d’encourir d’énormes retards et pertes, ou encore dans l’industrie de l’hôtellerie et des services, où l’implantation de mesures sanitaires strictes amène les entreprises à devoir diversifier leur offre et trouver de nouvelles avenues. On y coupe alors dans la main-d’œuvre et les budgets, et les projets sont retardés. Mais lorsqu’elles sont bien rodées et réactives, certaines entreprises parviennent à s’adapter rapidement aux nouvelles réalités et à bénéficier d’un potentiel d’opportunités généré par la transition accélérée vers le numérique. » Quant à ce qu’il faut considérer au sein même d’une entreprise, du point de vue des ressources humaines mais aussi de la croissance économique, Mme Zhao estime que « c’est l’engagement des employés qu’il faut plus que jamais maximiser. Évidemment, avec l’accessibilité à une multitude d’outils numériques et l’intégration de technologies performantes, il devient possible de réduire les coûts tout en augmentant sa productivité. Le télétravail et la communication au moyen de plateformes numériques se prêtent alors très bien aux échanges et permettent de maintenir une bonne relation de travail et d’affaires avec ses clients, partenaires et collaborateurs ».

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