Défis pandémiques au primaire

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Par Chloé-Anne Touma
Défis pandémiques au primaire
(Photo : archives)

Depuis qu’elle sévit, la pandémie a eu des effets importants sur le milieu de l’éducation. En entrevue, le président du Syndicat de Champlain, Jean-François Guilbault, a fait le point sur les défis auxquels le personnel des écoles primaires fait face, à l’aube de la vaccination des élèves de 11 ans et moins dans les écoles.

Pour M. Guilbault et les 12 000 enseignants et membres du personnel de soutien scolaire qu’il représente, si les ressources manquaient déjà avant la crise sanitaire, « La pandémie est venue ajouter à la difficulté ».

Des inégalités et retards exacerbés

« Dès les premiers jours de la crise, le système scolaire a été complètement arrêté, et un certain retard dans les apprentissages s’est déclaré. L’année dernière, passée entièrement en pandémie, nous avons travaillé très fort. On se rappelle que le ministère a réduit les exigences en ne s’en tenant qu’aux savoirs essentiels, mais un retard reste à rattraper. On a un portrait des classes où les inégalités entre élèves sont encore plus exacerbées. »

« On a un portrait des classes où les inégalités entre élèves sont encore plus exacerbées. » – Jean-François Guilbault

La vaccination des moins de 12 ans

« Les enjeux relatifs à la COVID et à la vaccination se concentrent donc au primaire. Les enfants de moins de 11 ans n’ont pas été vaccinés, mais la réalité pandémique, elle, est toujours présente au primaire », de remarquer M. Guilbault. Rappelons que la vaccination des 5 à 11 ans en milieu scolaire débutait ce lundi. Les autorités québécoises privilégient un « modèle hybride » permettant la vaccination scolaire et la prise de rendez-vous direct en centre de vaccination.

Jean-François Guilbault

La fin des bulles-classes

Le syndicat et ses membres avaient salué la fin des bulles-classes, qui étaient difficiles à gérer à l’intérieur des établissements. Aujourd’hui, ils se montrent inquiets quant au manque de balises. « La fin des bulles-classes a aussi favorisé un plus grand mélange dans les écoles, compliquant le processus de traçage des contaminations. On assiste donc à des éclosions dans les écoles primaires, qui génèrent davantage de stress chez le personnel. »

L’enseignement à distance, à éviter

La semaine dernière, le ministre de l’Éducation et député de Chambly, Jean-François Roberge, a annoncé le lancement de Biblius et Influx, deux plateformes numériques pour outiller les élèves. Le journal a demandé à M. Guilbault si l’usage du numérique et du mode d’enseignement à distance devrait être envisagé comme solution sur le long terme. « Lorsqu’on ferme les classes pour raison d’éclosion,  l’enseignement à distance est un élément qui s’ajoute au terme de la complexité du travail. Lorsqu’on questionne les enseignants que je représente, on se rend vite compte que l’enseignement à distance ou comodal a beau avoir été une nécessité dans le contexte de la pandémie, c’est loin d’être la panacée, et au contraire. La relation de proximité avec les élèves est la clé de voûte qui permet une plus grande réussite. C’est ce que beaucoup d’études ont d’ailleurs démontré. C’était une solution temporaire à une problématique, mais à long terme, on est convaincus que la relation directe avec les élèves est beaucoup plus payante sur le plan éducatif. »

Question aux lecteurs :

Comment se passe la vie à l’école depuis la pandémie, pour vous en tant que professionnel(le) ou pour votre enfant?

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