De propriétaire à locataire

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Par Jean-Christophe Noël
De propriétaire à locataire
Les élus ont voté en faveur de la relocalisaiton des bureaux administratifs de la Ville. (Photo : Jean-Christophe Noël)

CARIGNAN. L’annonce de la proposition du bail de location qui déplacera le centre administratif vers un espace à construire dont la Ville n’est pas propriétaire a suscité quelques débordements lors de la dernière séance du conseil des élus de Carignan du 7 août.

C’est sous la présidence du maire suppléant Daniel St-Jean que s’est déroulée la mouvementée séance, en l’absence du maire Patrick Marquès, en vacances. Une poignée de citoyens se sont déplacés afin d’exprimer leur mécontentement sur le fait que les employés du centre administratif quitteront l’hôtel de ville actuel pour s’établir, sur un horizon de dix ans, dans un immeuble qu’érigera le groupe Mach, bâtisseur de projets immobiliers. La Municipalité deviendra donc locataire de son espace de travail.

« L’hôtel de ville est saturé. La ville est en plein essor dans tous ses aspects. Nous ne sommes plus en mesure d’accueillir du nouveau personnel », établit Patrick Marquès, maire de la ville en expansion.

Lors du conseil, le directeur général de la Ville, Vincent Tanguay, avait également exposé la situation. « Nous transformons pratiquement des placards en bureau. »

Construit en 1991, l’hôtel de ville était initialement conçu pour accueillir 14 employés. À ce jour, il y aurait de 25 à 30 personnes qui y travaillent, selon la période de l’année. Si l’on se rapporte aux chiffres estimés par la Ville, ils seraient entre 35 et 45 lorsque, sur la ligne du temps, 2030 s’installera.

Conseillère en désaccord

Parmi les membres du conseil, une seule personne a voté contre cette proposition. Anne Poussard, élue du district 1, s’oppose avec conviction.

« Nous sommes propriétaires. On est chez nous, pourquoi aller donner notre argent ailleurs alors que la solution est dans notre cour? Ça fait cinq fois qu’on déménage en cinquante ans. Nous pourrions prendre la salle du conseil qui ne sert qu’une seule fois par mois et la modifier en bureaux. Les audiences pourraient aisément avoir lieu dans notre salle multifonctionnelle où il y a eu, antérieurement, des consultations publiques. »

Bail de dix ans

La mise en chantier du nouveau bâtiment sera au centre commercial Faubourg Carignan. Le groupe Mach, cette même compagnie qui a fait couler beaucoup d’encre en s’immisçant dans la tentative de mariage entre Air Transat et Air Canada, a hérité du contrat. Les travaux commenceront en 2020.

2,4 M$ – C’est le coût estimé pour agrandir et réaménager l’hôtel de ville actuel.

L’espace dont nécessite la Ville est de 10 000 pieds carrés, à 13 $ du pied carré, pour une dépense annuelle d’environ 150 000 $. En contrepartie, le revenu des taxes en lien avec le nouveau bâtiment que prévoit la Ville est d’environ 110 000 $ par année. Il en coûterait donc une somme qu’évalue la Municipalité à environ 500 000 $ pour la durée du bail s’étalant sur une dizaine d’années.

« Cette décennie en est une de transition et d’évaluation. Nous serons relocalisés pendant que la ville continue de croître et nous serons en mesure par la suite de prendre une décision éclairée en lien avec ce développement. Nous souhaitons, au bout de ce cheminement de croissance, implanter un hôtel de ville au cœur de la ville pour y centraliser les activités dans le cadre d’un projet durable. En ce moment, notre localisation n’est pas facilement accessible et ça n’optimise pas le développement », indique le maire, qui souligne au passage que Carignan est l’une des rares villes dans le monde où l’hôtel de ville n’est pas le point central autour duquel gravitent les activités.

Anne Poussart n’est pas convaincue et le communique avec véhémence. « Dans dix ans, ça risque de coûter une fortune d’acheter. On ne sait même pas combien ça va coûter. Ça pourrait bien être trente dollars du pied carré. Ce sont nos enfants qui écoperont et qui ne seront plus capables d’acheter à Carignan. On essaie de nous faire avaler une anguille en nous faisant croire que ça goûte le sushi. »

Investissement de 2,4M$

Cette relocalisation part de deux principes, soit l’agrandissement et le rafraîchissement des lieux aux normes du jour. Or, dans l’optique où le centre administratif n’était pas relocalisé, la Ville avance qu’elle devrait injecter 2,4 M$ dans ses installations présentes, comme l’indique le communiqué de presse.

« La correction d’une partie des déficiences de la mairie actuelle (manque d’espace pour le personnel, absence d’accès aux citoyens à mobilité réduite, absence d’eau potable, etc.) et l’amélioration des lieux pour une plus grande efficience des services administratifs sont évaluées à 2,4 M$. »

Cette évaluation, qui n’inclut pas, entre autres, les installations sanitaires, provient de la firme Monty & Associé Architectes située à Chambly, précise le conseiller Frédéric Martineau pendant la séance du conseil.

Le Journal de Chambly a demandé au Service du greffe l’accès à cette évaluation et recevra une réponse dans les délais prévus par la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, c’est-à-dire dans un délai de 20 à 30 jours suivant la réception de la demande.

Citoyens mécontents et registre

Les citoyens présents lors de la séance n’ont pas été tendres à l’égard des élus et de la proposition entourant le bail. En ce sens, ceux-ci pourront se prononcer en signant le registre qui sera accessible de 9 h à 19 h, le 28 août, au bureau de la greffière situé à l’hôtel de ville de Carignan.

Le nombre de demandes requises pour que la résolution fasse l’objet d’un scrutin est de 917.

 

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