De l’hébergement pour les jeunes

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
De l’hébergement pour les jeunes
POSA Sources des Monts travaille sur plusieurs projets qui ont pour objectif de trouver du logement aux jeunes en situation de précarité. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Alors que les mouvements militant contre la crise du logement grondent à la grandeur du Québec, à Chambly, c’est le besoin criant d’héberger les jeunes en situation de précarité qui mobilise les ressources d’aide locales.

L’organisme POSA Sources des Monts œuvre auprès de personnes de 35 ans et moins en situation de précarité, que ce soit pour des problèmes d’hébergement, de toxicomanie, de besoins en santé mentale, ou autres, sur tout le territoire couvert par le CLSC du Richelieu. Le journal s’est entretenu avec la directrice générale de POSA, Sandra Bolduc, qui révèle que plusieurs pistes de solutions sont présentement à l’étude pour pallier le manque de logements abordables qui touche fortement la clientèle de son organisme.

« On parle ici d’un besoin criant pour des logements abordables. Il n’y en a pas. » – Sandra Bolduc

Sortir les jeunes de la rue

« Depuis le début de la pandémie, on voit de plus en plus de jeunes qui font ce que l’on appelle du ‘‘couch surfing’’, c’est-à-dire qu’ils dorment chez l’un et l’autre de leurs amis pendant quelque temps, n’ayant pas de domicile fixe. On reçoit beaucoup de demandes pour ce type de clientèle depuis les deux derniers mois. Certains se sont retrouvés à la rue, car ils se sont endettés pour des problèmes de toxicomanie. On a aidé certains d’entre eux à trouver un emploi », relate Sandra, qui souhaiterait que l’étendue des services offerts par POSA soit plus connue de la population. « Certains n’ont entendu parlé que d’un seul de nos services, comme la clinique jeunesse. » Or, ce sont plusieurs idées et projets que l’organisme a mis en branle pour offrir du logement stable à plus long terme aux rescapés de la rue. « Il ne s’agit pas de crier au manque de logements dits ‘‘sociaux’’, loin de moi l’idée de vouloir donner des leçons au gouvernement ou aux municipalités. On parle ici d’un besoin criant pour des logements abordables. Il n’y en a pas. Les terrains ne pullulent pas à Chambly, et l’investissement immobilier y est extrêmement populaire. Il est difficile d’y trouver une maison en bas de 500 000 $. »

Les jeunes que POSA parvient à loger, à Chambly ou ailleurs, présentent des profils variés. Qu’ils soient à la rue pour des problèmes de toxicomanie et d’endettement, ou salariés et fonctionnels en société mais sans logement disponible, ils font tous partie de la clientèle ciblée pour autant qu’ils aient à réchapper à une situation précaire, livrés à eux-mêmes. « Depuis le mois d’avril, nous aidons un jeune qui était indépendant et qui avait un très bon emploi depuis deux ans, mais il a fallu qu’il quitte l’endroit où il vivait et il ne trouvait tout simplement pas de logement. Après un mois de recherches, on a pu lui en trouver un récemment. Nous évitons aussi la rue à des familles lorsqu’il s’agit d’en aider les enfants mineurs. Nous avons aidé une famille, composée de cinq enfants et de leur père monoparental, à trouver une maison, que des propriétaires ont accepté de nous louer à un prix abordable, pour y loger tous les membres de la famille de façon exceptionnelle, évitant ainsi qu’ils soient séparés », de rapporter Sandra.

Un appartement subventionné

L’organisme offre présentement du logement dans un appartement supervisé à Chambly, pour lequel il a obtenu une subvention jusqu’au 30 juin que la directrice espère renouveler. « Il s’agit d’un studio un et demie pour des jeunes qui se retrouvent à la rue. Certains endroits offrent de l’hébergement, mais pour un temps limité. Étant donné que chez POSA, on mise sur l’aspect qualitatif plutôt que sur la quantité, nous n’offrons pas de l’hébergement pour seulement 24 à 48 heures ou trois semaines à beaucoup de monde. On adapte vraiment l’offre de service aux besoins d’un seul jeune qui y est logé, car il ne suffit pas de lui fournir un toit et de la nourriture. Il faut travailler à identifier les raisons qui l’ont mené à la rue et lui offrir l’accompagnement adapté à son contexte. Au moins, grâce à la subvention reçue, on a la quiétude que jusqu’au 30 juin, le jeune qui y est logé ne se retrouvera pas à la rue. On espère avoir des sous pour pouvoir garder l’appartement pour au moins encore un an. »

Héberger dans un hôtel à Saint-Jean

Selon Mme Bolduc, le projet d’appartement subventionné, qui a été « très bien accueilli » par la Table de concertation en itinérance Haut-Richelieu-Rouville à laquelle siège POSA, ne serait pas le seul mené par la Table pour répondre à la demande d’hébergement sur le territoire. « Nous travaillons en collaboration avec le projet SRA (sécurité résidentielle avec accompagnement), qui implique d’offrir de l’hébergement dans un hôtel à Saint-Jean-sur-Richelieu pour la clientèle itinérante de toute la région. »

Une maison du cœur à Chambly

« Nous étudions aussi la possibilité de créer une nouvelle offre d’hébergement, mais on en est vraiment à l’étape embryonnaire du projet. On pense à une maison de chambres. Ça pourrait être de petits appartements. Mais tout cela coûte des sous. Le nerf de la guerre sera le bâtiment. Des propriétaires nous ont déjà approchés pour faire leur offre. En termes de ressources humaines, nous avons une bonne idée de ce qui sera fait. On ne sait pas encore combien de bénéficiaires on pourra y accueillir, car on en est vraiment au tout début des démarches et de la réflexion. La priorité actuelle demeure le projet d’hébergement à Saint-Jean, pour lequel on a déjà la maison. Pour ce qui est des dates auxquelles le projet pourrait aboutir, il est trop tôt pour le dire, mais on a hâte que ça se concrétise. Nous y travaillons depuis des années. Tous les organismes travaillent fort en ayant conscience de ce besoin. »

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