De l’art engagé pour la faune menacée

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Par Chloé-Anne Touma
De l’art engagé pour la faune menacée
Stéphanie Fiola et la mairesse de Chambly, Alexandra Labbé, au vernissage de Menacée ou Vulnérable. (Photo : courtoisie)

Jusqu’au 17 janvier, l’artiste Stéphanie Fiola présente une nouvelle exposition au Pôle culturel de Chambly.

Engagée pour la préservation de la faune, Mme Fiola n’y va pas par quatre chemins pour heurter les consciences de Menacée ou Vulnérable, une exposition dont le titre va droit au but, et dont les toiles offrent une sincérité presque déroutante.

L’exploitation d’un nouveau médium

L’artiste, qui n’en est pas à sa première exposition à Chambly, brille par sa polyvalence. Lorsqu’elle n’honore pas le Pôle culturel de ses créations au pinceau et aux crayon sur vitre, de ses photobooths pour émerveiller et amuser la galerie, elle s’attaque à l’acrylique sur lin, selon une approche plus militante, pour engager la réflexion sur des enjeux qui semblent lui tenir à cœur. C’est ce médium qu’elle a choisi pour représenter des espèces animales « menacées » ou «vulnérables », dont plusieurs ne sont pas étrangères au paysage de la région.

« (…) j’ai voulu illustrer le fait que derrière chaque beauté de la nature se cache une menace. » – Stéphanie Fiola

Un message à livrer

Si, au premier abord, les œuvres de l’artiste ne semblent pas user de symbolisme, il faut en examiner plusieurs pour y trouver une logique continue, qui passerait autrement inaperçue. Celle d’une courte chaîne alimentaire, d’un équilibre écosystémique à préserver.

Dans Mon patient Chevalier, le chevalier cuivré, poisson emblématique de la rivière Richelieu, est représenté au premier plan sur un motif d’escargots dont il est prédateur.

« Son alimentation est composée à 90 % de gastéropodes (escargots) qui peuvent être broyés par leurs grosses dents en forme de molaires », indique Mme Fiola. « Il est porte-étendard des espèces menacées au Québec, puisque ce poisson fut le premier à être désigné comme tel. Il vit entre autres dans les rivières Richelieu, l’Acadie, des Prairies et des Mille-Îles. Il doit son nom à la forme caractéristique de ses écailles, rappelant l’armure métallique des chevaliers, de même qu’à sa couleur cuivrée. Le chevalier cuivré a de plus en plus de difficulté à se reproduire en milieu naturel, en raison de la dégradation de son habitat causée par l’érosion et l’augmentation des matières en suspension (résultant des activités agricoles, du déboisement et de l’urbanisation), et en raison de la contamination de l’eau par des polluants qui perturberaient ses mécanismes de reproduction. »

Dans Le tourment du Lièvre, le rongeur qui domine la toile fixe d’un regard qui interpelle son admirateur. « Dans cette œuvre, j’ai voulu illustrer le fait que derrière chaque beauté de la nature se cache une menace. Bien que la population du lièvre soit nombreuse, la littérature nous révèle l’intégration de prédateurs dans certains secteurs pour ‘‘équilibrer’’ le nombre d’individus. Ainsi, que l’on soit rare ou abondant, il y a toujours la possibilité d’un danger (…) ses principaux prédateurs sont le lynx, le renard roux, le coyote, le vison et le grand-duc d’Amérique », relate l’artiste pleine d’intention.

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