Théâtre de Rougemont : deux distributions exclusivement genrées
Le Théâtre de Rougemont présente deux pièces cet été. L’une contient une distribution exclusivement féminine alors que la seconde est entièrement masculine.
Du 2 au 25 juillet, la population pourra voir la pièce Douze hommes en colère. L’œuvre de Reginald Rose, créée en 1954, est cette fois traduite et mise en scène par Alain Zouvi.
Un jeune homme d’origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury, composé de douze hommes, se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote : onze votent coupable. Or, la décision doit être prise à l’unanimité. Dans ce huis clos tendu, les certitudes vacillent et le doute s’installe, révélant les failles, les préjugés et la force du dialogue. Le classique puissant est toujours d’actualité. « Ces hommes échangent et débattent avec leur façon de voir la vie, leur racisme, ce qui fait que c’est une pièce plus sur l’humanité. Le côté procès devient un prétexte. Je trouve qu’en 2026, on y est toujours avec ce qui concerne la guerre, la droite. Si les gens prenaient le temps de se parler et de s’écouter, et de construire ensemble au lieu de se démolir, on ferait des choses extraordinaires », met en reflet Alain Zouvi.
Gestion masculine
Avec une distribution exclusivement masculine en Olivier Berthiaume, Jean-Pierre Chartrand, Claude Despins, Sébastien Dodge, Hugo Giroux, Jean-Bernard Hébert, Ariel Ifergan, Maxime Isabelle, Étienne Pilon, Marc-André Poliquin, Claude Prégent et Philippe Thibault-Denis, cela fait beaucoup de testostérone à gérer pour Alain Zouvi. « C’est très agréable, dit le metteur en scène riant. Au-delà des hommes, ils sont des acteurs fabuleux. Je suis fasciné de voir ces douze gars autour d’une table, extrêmement concentrés et présents. Il n’y a aucun moment plate. »
Que des femmes
Du 30 juillet au 29 août, ce sera au tour de Fleurs d’acier d’habiter la scène. Cette fois, ce ne sera que des comédiennes qui fouleront les planches. Six femmes, un salon de coiffure, une amitié indéfectible. Entre rires, confidences et épreuves, il s’agit d’une ode à la solidarité, à la résilience et aux liens humains. La pièce est toujours sous la direction d’Alain Zouvi. « Là encore, on parle de l’humanité et de l’amour que les gens peuvent avoir les uns pour les autres. C’est une pièce sur l’amitié, l’amour et l’ouverture, jouée par six femmes vraiment formidables », estime l’ancien comédien.
Josée Beaulieu, Flavie Bourgeois, Louise Cardinal, Louise Deschâtelets, Nathalie Mallette et Myriam Poirier donneront vie à ces femmes attachantes. « Chaque personne est différente, que ce soit un homme ou une femme. Il y a une façon de parler et de dires les choses à tous ces êtres humains différents », considère le metteur en scène. M. Zouvi n’en est pas à sa première expérience avec une distribution purement féminine. Il a préalablement donné vie à Huit femmes.
Louise Deschâtelets avait fait partie de la distribution de Huit femmes. Dans Fleurs d’acier, elle souligne le lien féminin. « Très souvent, on dit que les femmes, ensemble, sont dures les unes avec les autres. Dans cette pièce, on prouve que cet aspect existe. Elles sont très critiques les unes envers les autres, certaines plus que d’autres, dont mon personnage, mais elles sont aussi très aimantes et soutenantes », dépeint l’actrice.
Révélations au salon
Fleurs d’acier se déroule dans un salon de coiffure. Il est commun que ce genre de lieu se transforme naturellement en espace de confidences. « On apprend tout dans un salon, mon cher. Je le dis toujours à ma coloriste et à mon coiffeur que, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression de venir faire le bilan de ma vie toutes les six semaines, à mes rendez-vous. Ce n’est pas parce qu’ils sont plus curieux que nature, mais ils nous jouent dans la tête. Ça fait que tu te sens aimée par cette personne qui t’améliore. On y est vulnérable, mais on sait que l’on en sortira magnifiée », soutient Mme Deschâtelets. Le salon de coiffure peut-il être le pendant féminin de ce qu’a jadis été la taverne pour les hommes? « Probablement. Je n’ai pas connu les tavernes, car je ne pouvais les fréquenter avant que l’on accepte les femmes. Mon oncle, que ma tante allait chercher à la taverne, c’était là où il décantait en buvant sa bière », se souvient-elle.
Quarante ans de théâtre
Les Productions Jean-Bernard Hébert célèbrent 40 ans de création et de diffusion théâtrale. Plus de 3 650 représentations, près de 900 artistes et artisans, et plus de 2 millions de spectateurs sont les nombres associés aux activités des Productions Jean-Bernard Hébert. Depuis quatre décennies, l’homme derrière le Théâtre de Rougemont fait circuler ses productions.


