Rougemont : Jean-Bernard Hébert fête ses quarante ans de service

Jean-Bernard Hébert fête les quarante ans de sa société de productions éponyme. L’artiste est aujourd’hui directeur du Théâtre de Rougemont, l’une des rares places en Montérégie où peut encore s’exprimer sa passion.

Quarante ans de productions théâtrales, plus de 3 650 représentations d’une cinquantaine de pièces devant 1,25 million de spectateurs. Tel est le bilan de Jean-Bernard Hébert, serviteur du théâtre partout au Québec. Aujourd’hui directeur du Théâtre de Rougemont, il reste l’un des rares du domaine privé à proposer des représentations dans la région. « C’est un pur hasard, je n’ai aucune formation en tant que directeur de théâtre. Je suis d’abord un artiste. J’ai l’habitude de dire que je suis un homme de théâtre en affaires. »

« J’ai donné du travail à 900 personnes, quel que soit le métier du théâtre qu’elles exerçaient. » – Jean-Bernard Hébert

Les Productions Jean-Bernard Hébert ont perduré dans le temps et l’homme, la soixantaine passée, n’entend pas s’arrêter de si tôt. « Je travaille avec ma sœur, qui, à 70 ans, m’invite à ralentir par moments, sourit-il. Mais j’ai encore le feu sacré. Ceux qui sont encore sur le bateau sont des passionnés. Pour réaliser ce que nous avons fait, cela ne peut pas être rationnel, il faut croire en ce que l’on fait. Je vais à mon rythme, désormais. Je veux encore divertir les gens. »

Pas comme les autres

Lors des débuts de son entreprise en 1984, l’artiste assure que le théâtre en région était bien mieux installé qu’aujourd’hui. « Quand j’ai commencé, il existait 102 théâtres d’été, se souvient-il. Aujourd’hui, nous sommes 18. Cela s’explique par le fait que tous faisaient la même chose avec du théâtre de boulevard et des histoires de tromperie. J’ai décidé de prendre le contrepied de tout cela. Cela m’a permis d’aller à la conquête de nouveaux projets et d’un public. Quarante ans plus tard, des fidèles sont toujours présents. »

Les Belles-soeurs, Douze hommes en colère ou encore Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges... Des pièces aux styles différents offrant ainsi de la variété aux spectateurs. « Les théâtres faisaient toujours la même chose. Il est possible que les gens aient abandonné car la qualité n’était pas toujours au rendez-vous. De mon côté, je n’ai jamais tenu mon public pour acquis et me suis toujours efforcé de le respecter. L’un de mes objectifs est de surprendre les spectateurs, car la routine, comme dans beaucoup de domaines, n’est pas intéressante. »

S’il veut poursuivre de l’avant, Jean-Bernard Hébert savoure aussi l’une de ses plus belles victoires, selon lui. « J’ai donné du travail à 900 personnes, quel que soit le métier du théâtre qu’elles exerçaient. Des acteurs connus ont démarré chez moi, comme Marc Labrèche, Suzanne Clément ou Éric Bruneau. Aussi, j’ai toujours respecté mes collaborateurs. Je pense que c’est aussi pour cela que je suis toujours là. »

Une place en région

L’artiste est aussi convaincu de la place que prend le théâtre en région, comme il le fait à Rougemont. « C’est le seul théâtre privé en Montérégie. Rougemont offre un cadre bucolique où l’on peut intégrer le théâtre au quotidien. Vous pouvez profiter d’une belle journée de promenade et des commerces pour finir par une pièce de théâtre. Il faut savoir que le Théâtre de Rougemont permet d’insérer 500 000 $ à l’année dans l’économie locale! »

Si son entreprise fonctionne toujours, il est fort possible que la relève se manifeste.

« Certains montrent de l’intérêt, mais je leur fais comprendre que c’est beaucoup de travail, insiste Jean-Bernard Hébert. Il faut vraiment s’investir au maximum, car je désire vraiment que ce théâtre puisse perdurer. »