Le boudin des Fermes PB à Marieville récompensé
Les Fermes PB de Marieville ont remporté le prix Délys de bronze dans la catégories du boudin créatif lors du concours du meilleur boudin du Québec.
« Ne boudez pas votre plaisir, goûtez au boudin. » Voilà le cri de ralliement de la confrérie du boudin du Québec. On doit, depuis trois ans, à l’Association québécoise du Goûte-Boudin de Boucherville (AQGBB), la mise en valeur de cette charcuterie par le biais d’un concours annuel récompensant le meilleur boudin classique ou créatif de la province.
Un boudin classique, c’est 1/3 de sang de porc, 1/3 d’oignons et 1/3 de gras. Pour le créatif, une seule contrainte à adopter : 35 % de sang de porc dans la recette.
Encore une fois, Les Fermes PB ont été récompensées pour leur originalité au moment du dévoilement des résultats, le 21 novembre à Boucherville. « Cela fait trois ans maintenant que nous organisons ce concours, et cela fait trois ans que Les Fermes PBsont récompensées », indique au journal Florence Junca-Adenot, qui a participé, de 2011 à 2018, à l’organisation des fêtes de Boucherville à titre de présidente de la Commission du 350e de Boucherville. Elle est aussi la présidente fondatrice de l’Association québécoise du Goûte-Boudin de Boucherville, qui a vu le jour à cette occasion, en 2017.
« On a imaginé un boudin façon sushi, roulé dans la moutarde avec une persillade. » – Janick Martin
Adoubé par la confrérie
Boucherville est jumelée à la ville française de Montagne-au-Perche, où le boudin est mis à l’honneur par la confrérie des Chevaliers du Goûte-Boudin de Mortagne-au-Perche depuis 1963. Depuis plusieurs années, c’est à partir de la Normandie que le meilleur boudin au monde est élu.
En 2017, la confrérie française a été invitée à Boucherville et en a profité pour adouber les promoteurs du boudin au Québec.
Un boudin unique
Pour Janick Martin, propriétaire des Fermes PB, le boudin primé a été conçu spécialement pour le concours. « On a imaginé un boudin façon sushi, roulé dans la moutarde avec une persillade. Chaque année, désormais, on s’emploie à se creuser les méninges pour avoir une recette originale. »
Vous ne retrouverez pas à l’étalage le boudin sushi de Mme Martin à Marieville, mais il est possible d’y trouver une recette plus classique, un produit surtout destiné à la restauration. « Le boudin représente 8 à 9 % de nos ventes. Même si ce n’est pas le produit le plus populaire, sa qualité en fait un produit d’appel. Notre boudin est prisé auprès des restaurants, même si nous vendons aussi nos produits aux particuliers sur place. »
Si vous voulez un boudin végétarien, pas de problème! Mme Martin change d’atelier et présente l’autre aspect de sa ferme plutôt orienté sur la protéine végétale. « Le Canada est le plus grand producteur de légumineuses au monde. Sur le plan environnemental, la protéine végétale est aussi très intéressante. Nous faisons donc aussi un boudin à base de jus de betterave. L’objectif n’est pas ici de reproduire le goût du boudin traditionnel, mais de proposer autre chose. »
Le boudin végétal ne pourrait pas cependant participer au meilleur boudin du Québec, car la seule obligation que doivent respecter les participants du concours créatif, c’est d’utiliser au moins 35 % de sang de porc.
Une présidence proche du patrimoine
Mme Junca-Adenot a été décorée cette année de l’Ordre national du Québec, l’insigne le plus prestigieux remis par l’État québécois. Cette récompense, elle la doit non pas à la promotion du boudin, mais à la défense de la culture et du patrimoine québécois. La Bouchervilloise est également, entre autres, la présidente fondatrice de l’Agence métropolitaine de transport, et elle est à l’origine de la mise en place du musée Pointe-à-Callière pour la relance historique du Vieux-Montréal. C’est donc dans le cadre du 350e anniversaire de Boucherville qu’elle s’est donné le mandat, avec beaucoup d’autres, de mettre de l’avant une charcuterie parfois oubliée. « Le boudin fait partie des mets ancestraux. Il fait partie des plats des fermiers. Avec le temps, il y a eu un désenchantement; il est devenu moins populaire. On tente de le faire revenir. C’est l’objectif du concours. »
Et ça marche. À la première année du concours, 15 différents boudins étaient présentés aux 24 jurés. Cette année, l’échantillon était de 45 pièces gastronomiques présentées par 23 artisans.
Autant de coups de fourchette à donner par les goûteurs que de gorgées de vin à avaler pour juger de la saveur de la prochaine assiette. « À la fin de la journée, l’ambiance était pas mal joyeuse », d’ajouter Mme Junca-Adenot.
Pas de concours en 2020
En 2020, même le boudin n’était pas à la fête, laissant place à l’épidémie de COVID-19 qui était à son apogée. Mais la confrérie ne s’est pas laissée abattre. « Nous avons profité de l’an dernier, où il n’y a pas eu de concours, pour élargir notre liste d’artisans qui proposent leur boudin. Nous en avons répertorié 230 au Québec », indique la présidente.
Du 14 au 21 novembre, ce sont même 500 commerces à travers la province qui ont participé à faire la promotion, dans leur enseigne, de « sang cuit » à consommer presque sans modération.
L’AQGBB existe depuis trois ans et compte près d’une centaine de membres.
