La danse de Monica Nachi
La Carignanoise Monica Nachi est directrice générale du Ballet classique du Haut-Richelieu. La nouvelle production Blanche-Neige a été présentée le 13 décembre à Saint-Jean-sur-Richelieu.
« J’ai pris la relève de la fondatrice, Mme Tremblay, il y a trois ans et demi », mentionne Monica Nachi, en entrevue.
Le Ballet classique du Haut-Richelieu (BCHR) a été fondé par Cécile Tremblay en 1979. Monica Nachi en est aujourd’hui la directrice générale et la directrice artistique. « On a cru en moi.
J’ai été recommandée par mes professeurs de l’École supérieure de ballet du Québec. Ça me tient à coeur de savoir que la mission du Ballet du Haut-Richelieu se poursuit », exprime celle qui a suivi une formation d’enseignante en ballet classique à l’École supérieure de ballet.
Son souhait le plus cher est de faire découvrir la danse et le ballet à plusieurs et d’en faire bénéficier les gens de la Montérégie.
Revenir de loin
Monica Nachi revient de loin. Plus jeune, elle a suivi des cours de ballet pour devenir ballerine. Elle a adhéré à une formation professionnelle en danse, ce qui l’a amenée à prendre part à plusieurs compétitions à Bucarest, sa ville natale, mais aussi à l’international. Elle a obtenu un baccalauréat en danse à la suite de ses études.
Elle était ballerine de l’opéra à Bucarest, où elle avait une carrière, lorsque ses parents ont pris la décision de quitter la Roumanie. « Nous sommes partis pour différentes raisons, notamment parce que mes parents fuyaient la situation économique du pays. J’avais alors 19 ans », raconte Monica Nachi.
Au Canada, elle consacre ses premières années à sa famille et à l’intégration de son nouveau pays. Elle ne quitte jamais vraiment la danse. Elle garde un lien par l’enseignement en suivant des formations et en prenant part à différentes troupes de ballet classique. Parallèlement, elle initie un programme de formation en ballet dédié au patinage artistique d’élite. « La danse a toujours fait partie de moi », admet-elle en insistant sur le fait que c’est la danse qui l’a choisie.
Elle demeure à Sainte-Julie pendant une quinzaine d’années, puis à Saint-Bruno-de-Montarville, où elle s’établit deux ans. Aujourd’hui, Monica Nachi a élu domicile à Carignan. « J’ai voulu me rapprocher de l’école du Ballet du Haut-Richelieu. Mes parents, eux, sont toujours à Sainte-Julie », mentionne la mère de deux enfants. Son fils, Alexandre Nachi, est un acteur qui a notamment obtenu un rôle dans 1991, de Ricardo Trogi.
De Casse-Noisette à Blanche-Neige
Cette année, le BCHR brise la tradition. Depuis 1998-1999, le spectacle Casse-Noisette réjouissait petits et grands. Cet événement était devenu un rendez-vous à ne pas manquer pour bien des familles du Haut-Richelieu à l’approche de Noël. Plus de 100 danseurs, jeunes et adultes, auditionnaient pour un rôle dans la distribution de ce Casse-Noisette. Mais cette fois, le ballet mis en musique par Tchaïkovski n’aura pas lieu. Du moins, pas dans sa forme traditionnelle. « Nous avons décidé de changer. Depuis longtemps, c’était toujours la même production, année après année », commente Mme Nachi.
Le BCHR présentait Casse-Noisette depuis 1998, dont une nouvelle version depuis 2013. « Le spectacle commençait à s’essouffler, reconnaît la directrice générale. Nous l’avons senti dans la vente de billets et aussi dans l’attribution des rôles. »
Les rôles sont sélectionnés selon la dimension des costumes. Ce qui fait en sorte que les danseurs obtenaient toujours le même personnage – enfants de la fête, bonbons dragées… – alors qu’ils souhaitent jouer différents rôles de Casse-Noisette. « En laissant passer une année, le public va s’ennuyer et les élèves grandiront et pourront décrocher un autre rôle », explique Monica Nachi.
Nouveauté
La tradition est rompue, mais Casse-Noisette ne disparaît pas complètement. Une version jazz de quelques extraits est présentée en première partie de la nouvelle production de Blanche-Neige, ce samedi 13 décembre. La directrice artistique a fait venir la musique du ballet Blanche-Neige, qui a été écrite par un compositeur roumain. « C’est un ami de l’opéra de Bucarest qui me l’a envoyée. Nous allons faire découvrir cette belle musique au public de la Montérégie! Nos 145 danseurs seront sur scène. Ce sera une très belle production du temps des Fêtes », promet Monica Nachi.
