Chambly : Vivre de son art
Martin St-Gelais est le nouveau directeur général de Culture Montérégie. Avec lui, une priorité s’affirme à travers la région : développer l’économie en lien avec la culture.
Martin St-Gelais n’est pas inconnu dans le domaine culturel de la Montérégie.
« Je viens de l’entrepreneuriat culturel. J’ai aussi travaillé dans le domaine des affaires publiques en dirigeant des municipalités. » Son profil permet d’aborder un sujet qui lui tient à coeur et qu’il souhaite développer durant son mandat : permettre aux artistes montérégiens de vivre de leurs activités.
Le dirigeant, qui a pris les commandes de l’organisation dès le début de l’année 2026, souhaite donner les meilleures armes possibles pour permettre à la Montérégie de développer son secteur culturel. Cela passe par l’argent. « Le travail de Culture Montérégie est de s’assurer que le bassin de population, estimé à près de 1,5 million de personnes, aura accès à la culture. Or, si nous sommes parmi les régions administratives les plus peuplées, nous sommes aussi sous-financés comparativement aux autres. Il n’y a pas vraiment de coupable à désigner dans cette situation, mais cela force des artistes à s’exiler afin de vivre de leur travail. Ainsi, notre rôle est de pouvoir les aider tout en proposant des infrastructures. Pour cela, il faut que la Montérégie soit soutenue de manière cohérente avec ce qu’elle représente. »
Lieux de culture
Les lieux de culture aussi sont dans le collimateur de Martin St-Gelais.
À Chambly, le Café-Théâtre a dû reporter des pièces à cause de l’état de son immeuble et ne trouve pas d’autre place où se produire. « En moyenne, les Montérégiens doivent se déplacer 45 minutes pour accéder à un lieu de diffusion, c’est notre enjeu actuel. Dans ce contexte, les villes sont des partenaires importants. Elles travaillent déjà à nous aider et sont conscientes de la situation. »
Culture Montérégie est aussi épaulée par plusieurs acteurs socioéconomiques pour financer la culture. « Depuis quelques années, nous avons une entente sectorielle avec le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, les MRC ou encore le Conseil des arts et des lettres du Québec. Mais avec l’ensemble de ces problèmes et les coupes budgétaires, c’est un travail de longue haleine. »
Parler d’économie dans le domaine culturel est une donnée que souhaite implanter le nouveau directeur général. « On parle de soutenir un essor culturel. Il faut que nos artistes puissent vivre dans leur milieu et en être fiers. En parallèle, il faut pousser la population québécoise à venir voir ce qui se passe en Montérégie. Le culturel offre une valeur ajoutée. Ce n’est pas une revendication, mais mon expérience en tant qu’entrepreneur m’oriente vers cette direction. »
Un défi
Et pour cause, Martin St-Gelais estime qu’il existe bon nombre de points d’intérêt dans la région. « Nous comptons plus de 400 bâtiments d’intérêt patrimonial en Montérégie. On peut parler du patrimoine bâti, mais aussi de la culture autochtone, qui fait partie de notre histoire. Une bibliothèque dans un village est aussi un accès à la culture. En y ajoutant les artistes et les diffuseurs qui animent notre secteur, la Montérégie représente un beau défi. »
