Chambly : une volonté pour conserver le Fort Chambly

Le journaliste Joseph-Octave Dion a milité toute sa vie pour la conservation du fort de Chambly. Cet été, le lieu historique est ouvert à la visite gratuitement.

La persévérance de Joseph-Octave Dion a permis au fort de Chambly d’être encore debout aujourd’hui. « Nous sommes en 1850 et ce fut l’un des premiers à pousser pour la conservation du site, rappelle André Gousse, historien spécialisé en matière de Fort-Chambly. Il n’était pas seul, car c’était une époque où régnait une prise de conscience visant à protéger le patrimoine canadien-français catholique. Les ruines du fort Chambly sont déjà un lieu de pèlerinage. »

Joseph-Octave Dion est journaliste originaire de Chambly. Très tôt, son intérêt pour le fort s’est manifesté. « On voit toujours sa photo, avec sa longue barbe blanche, devant le lieu, mais il s’y est intéressé dès l’âge de 18-20 ans, poursuit André Gousse. Il avait tenté une levée de fonds pour racheter le site, mais cela n’a pas marché. Après des années de lutte, il a obtenu de l’argent du gouvernement du Canada afin de stabiliser les ruines et de lutter contre le vandalisme. Les gens venaient se servir en matériaux au fort, favorisant ainsi sa détérioration. »

Politique

Le tournant de la survie de la structure intervient vers 1881. « On fête les 50 ans de la mort de Charles-Michel D’Irumberry de Salaberry, héros canadien-français, raconte l’historien. À cette occasion, on érige une statue à Chambly. La société canadienne cherche son histoire et ses racines à cette époque. Beaucoup de politiciens sont présents. Joseph-Octave Dion en a profité pour faire visiter le fort Chambly à ces hommes, qui ont jugé intéressant de restaurer la bâtisse. »

Dès lors, le fort Chambly est restauré et son gardien est nommé. Il s’agit de Joseph-Octave Dion. « Il se fait bâtir un logement où il vivra jusqu’à sa mort, en 1916, affirme André Gousse. Il est très investi dans la vie de la communauté. Il crée un musée et fait visiter le fort aux visiteurs. Il crée la Fondation Cercle Saint-Louis pour initier la population à l’histoire du Québec. On vient de Montréal en bateau et en train pour visiter le bâtiment. Des journalistes canadiens et américains s’intéressent au fort, c’est une période faste pour Chambly. »

Référence

Conserver le fort demande des fonds de la part du gouvernement. Sa sauvegarde n’est pas toujours garantie. « En 1921, un politicien canadien propose d’arrêter les frais et de le raser afin de mettre un mémorial à la place, explique l’historien. Des élus québécois s’en mêlent et le sauvent. Le Fort-Chambly est devenu un lieu historique national. Depuis, la restauration du fort n’est pas remise en question, même si l’on peut voir qu’il a besoin d’amour par endroits. »

Fort-Chambly est l’un des premiers lieux historiques du Canada. Pour André Gousse, la pugnacité de Joseph-Octave Dion y est pour beaucoup et sert d’exemple. « Il a réussi à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités. Le Fort-Chambly est le premier lieu historique où les Canadiens peuvent toucher l’histoire. Cela a permis à d’autres sites d’être reconnus comme tels à travers le pays. Aujourd’hui, son nom est moins connu, mais une rue de Chambly est nommée en son hommage. »

Actuellement, les visites au fort de Chambly sont gratuites jusqu’à la fête du Travail. Lors de l’excursion, des activités sont proposées aux visiteurs. « On suggère à une personne de porter des vêtements des soldats de l’époque, explique Robin Quenneville-Guay, guide animateur. On revient aussi sur les fouilles archéologiques sur le site. De plus, il est possible d’avoir une visite guidée de 45 minutes à l’extérieur des murs pour parler de l’histoire et de l’architecture. Enfin, il est possible de vivre le quotidien d’un soldat du fort entre le travail et la ration. »

Le lieu historique national du Fort-Chambly est ouvert tous les jours et gratuit jusqu’à la fête du Travail. Ensuite, il sera ouvert du mercredi au dimanche jusqu’au 12 octobre selon un tarif de 10 $ par adulte, 8,50 $ à partir de 65 ans et gratuit pour les 17 ans et moins.