Chambly : un court métrage qui touche le suicide
Le court métrage Toute ton éternité, dont une partie a été tournée à Chambly, aborde la thématique sensible du suicide.
Valérie Gagnon-Laniel a écrit, produit et réalisé le court métrage Toute ton éternité, dont une portion a été tournée à Chambly. Elle en est également l’actrice principale. L’œuvre se forge autour de la thématique du suicide. C’est une réalité avec laquelle vit quotidiennement la créatrice du film. « Ça part d’une bien triste histoire : mon père s’est enlevé la vie en 2015 », établit-elle d’emblée.
À la suite de ce « grand choc », l’artiste a senti le besoin de l’exprimer à travers une formule créative. L’idée a donc germé puis pris forme, échelonnée sur plusieurs années. « C’était quelque chose qui m’habitait constamment. Je sentais que ça prendrait forme à un moment de ma vie que je ne choisirais pas nécessairement », indique-t-elle.
Présence de l’eau
Inspirée par une période estivale de sa vie passée sur l’eau, le projet s’est précisé. En 2023, elle en a finalisé l’écriture. L’élément naturel accompagne d’ailleurs le flot du récit. « On dirait que ça m’a permis de trouver le fil conducteur et ce qui allait enrober le scénario », définit la scénariste.
Parmi les scènes tournées à Chambly, le personnage principal se laisse choir d’une petite falaise avant d’atterrir dans l’eau. La piscine intérieure municipale a servi à cet effet.
Vertu thérapeutique
« Certainement », répond avec assurance Valérie Gagnon-Laniel, à savoir si l’exercice a eu une essence thérapeutique. « C’est comme un grand chemin de guérison face au deuil. Pour moi, il n’y a pas vraiment de début ni de fin au deuil, c’est plutôt un cheminement. C’est un magnifique cadeau que je me suis offert », soutient-elle.
La Montréalaise reconnaît que le suicide demeure tabou. « On dirait que de se sentir mal, désespérée, déprimée, c’est encore lié à un manque de force, de volonté, ce qui est tout à fait faut », estime Mme Gagnon-Laniel. Devant ce sujet sensible, elle a évité d’être graphique à travers le film.
Un gars de Chambly
À travers les Productions Rêves Intentionnels, un organisme à but non lucratif lié au théâtre, Valérie Gagnon-Laniel a fait la rencontre du Chamblyen Tommy Harvey. Dans Toute ton éternité, il a été premier assistant à la réalisation. C’est également sa boîte de production, Diversion Images, qui a tourné le film.
En 2019, alors qu’il était âgé de 17 ans, le journal avait écrit sur son documentaire Guerrières. Il donnait la parole à cinq femmes ayant été victimes de violence conjugale. L’unité d’action nous était racontée par plusieurs voix, soit celles de victimes d’une relation toxique.
En première partie
La tournée des festivals s’est achevée l’automne dernier pour Toute ton éternité. Il sera présenté en première partie du film Les musiciens, à la salle Pauline-Julien, le 19 janvier prochain. Préalablement, il a ouvert pour le film Où vont les âmes, long métrage de Brigitte Poupart qui traite de l’aide médicale à mourir. Des pourparlers sont entamés afin de voir sur quelle plateforme Toute ton éternité pourra être visionné par le grand public.
Viviane Audet, musicienne de Richelieu, a permis l’utilisation de certaines de ses plages musicales pour le film.
