Chambly : rentrée montréalaise pour Ouellet Humoriste : un homme et sa porte-patio
Le Chamblyen Ouellet Humoriste vit sa toute première montréalaise, rêve qu’il caresse depuis longtemps. Il propulse ainsi la tournée de son spectacle Dans l’temps qu’on riait.
Le Gaspésien pure laine a élu domicile à Chambly il y a 12 ans. Depuis, l’homme d’Amqui, dans La Matapédia, a adopté la municipalité. « En tant que Gaspésien, j’ai besoin d’espaces verts, et d’espace tout court. J’étais malheureux sur l’île de Montréal », raconte-t-il au journal. Il s’était préalablement établi dans la métropole pour accumuler des expériences dans le milieu de l’humour et se développer un réseau. Le 14 avril, il effectuera sa première montréalaise, au Gesù. Il y présentera son tout premier one man show en Dans l’temps qu’on riait.
Sébastien Ouellet a animé des soirées d’humour du ComédiHa! Club à Québec. Il a également assuré les premières parties du dernier spectacle de Jean-Michel Anctil. C’est d’ailleurs Anctil qui assure la direction artistique de son spectacle. « Il a travaillé fort pour le rendre grand public », soutient Ouellet Humoriste.
Un projet de vie
Ce « projet de vie » l’habite depuis des mois, voire des années. Il concrétise enfin son rêve. « Ça fait une vingtaine d’années que j’y pense. Au début, tu n’as pas la confiance de t’offrir en stand up. Tu te caches derrière des personnages ou des duos », revient-il dans le temps. C’est en 2019, après une apparition dans un gala, que « ça a décollé » pour lui. Une pandémie et une séparation plus tard, le voici fin prêt à se révéler tout entier.
« On entend beaucoup, de façon négative, des gens qui ne peuvent pas croire qu’en 2026, on en soit encore rendus là. Avec Dans l’temps qu’on riait, je mets en reflet une époque qui devient un point de référence, pour parler d’évolution dans plusieurs domaines, même s’il reste du travail à faire », observe l’humoriste. Il met l’accent sur l’aspect positif du mouvement temporel. « C’est une preuve d’évolution que de considérer les autres, de faire attention à leur sensibilité. Au lieu d’avoir toujours le même message voulant que l’on ne peut plus rien dire, que l’on ne peut plus rire, je préfère le présenter sous forme d’évolution », nuance l’artiste. Aucun sujet ne l’effraie : la guerre, l’homophobie, le racisme ou l’aide à mourir.
C’est ainsi que s’amorce la tournée. Des dates sont prévues à travers le Québec jusqu’à l’été 2027. « C’est vertigineux. Même si ça fait longtemps que je suis là, je n’ai pas l’habitude de tout ça, ne serait-ce que de faire une entrevue », confie l’homme motivé.
Pas gagné d’avance
Son parcours est atypique. C’est lorsqu’il passait des auditions à l’École nationale de l’humour qu’on lui a fait savoir qu’il ne serait pas humoriste. « François Avard m’a dit que je ne fittais pas dans le moule académique de l’école. Il m’a aussi dit que j’avais une bonne plume et une belle bette », relate Ouellet. L’auteur et scénariste réputé lui a néanmoins fait part qu’il y aurait de la job pour lui, le convainquant de s’établir à Montréal. « Il m’a un peu dit «On ne te prendra pas, mais tu n’es pas obligé de passer par l’école» ».
Dans l’attente d’une commandite
Sur le Web, dans ses capsules, il est notamment connu comme le gars qui entre par la porte-patio de la cour arrière, comme un cheveu sur la soupe, pour livrer un bref message. Il les termine invariablement avec son fameux « Oublie pas qu’on t’aime! ». Le concept fonctionne et a contribué à lui construire une notoriété. « Je réalise l’impact positif que ça a. Des gens me disent qu’ils utilisent cette phrase envers leur enfant, ou même des gars de shop qui finissent leur semaine de travail en se disant ça », décrit le Chamblyen. Il approche des 100 000 abonnés sur les réseaux sociaux, plateformes combinées. Ouellet Humoriste confirme toutefois qu’il n’a pas encore reçu de proposition de commandite de la part d’une entreprise de portes et fenêtres.
Rester aiguisé
Ouellet Humoriste écrit entre autres pour le prochain spectacle de Philippe Laprise, aussi humoriste chamblyen. « Écrire pour d’autres me donne une chance de garder ma plume bien aiguisée. Ça garde mon muscle du cerveau sharp et c’est un revenu qui enlève un stress financier, permettant de me concentrer sur une tournée et d’investir dans un show », complète-t-il.
