Chambly : mettre sur pied un festival de façon autonome
Dans un contexte où des festivals sont annulés au Québec, faute de financement, la Chamblyenne Marie-Lyne Jean pousse la deuxième édition de son festival L’ÉtiFest.
En 2025, Marie-Lyne Jean produisait la première édition du festival musical L’ÉtiFest, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Après cette mouture initiale, elle est en plein développement de la prochaine, qui aura lieu le 25 avril.
L’ÉtiFest met en valeur des artistes émergents, célèbre la scène musicale locale et crée un rassemblement festif pour les citoyens de la région. « Il y a peu de places sur les gros festivals. On souhaitait offrir aux bands l’opportunité d’être découverts par plus de monde à travers cette vitrine », explique Marie-Lyne Jean. Lors de la première édition, l’événement s’est déroulé sur deux jours, en trois lieux différents. Une douzaine de groupes ont participé. Cette année, l’initiative aura lieu en un seul endroit extérieur, sur une journée.
Environ 16 groupes sont attendus pour l’édition 2026. La formation Fred Booster, un alliage de rock-trad-prog, sera un groupe invité. L’octuor de Fred Booster réunit notamment des musiciens de projets tels que Groovy Aardvark et Capitaine Révolte.
Créer un festival
Se réveille-t-on le matin en se disant « Tiens, aujourd’hui, je vais créer un festival! »? Marie-Lyne Jean, qui a travaillé en radio et qui détenait son balado, a collaboré avec plusieurs groupes. « J’ai vu les difficultés en matière de visibilité et de se tailler une place dans les programmations de festivals », mentionne la Chamblyenne. Profondément impliquée dans la scène rock locale, elle a remarqué d’importantes lacunes dans l’accompagnement des groupes émergents.
Elle avait préalablement cofondé l’agence L’étiquette. Plusieurs groupes locaux se trouvent sous cette bannière et s’unissent dans une vision commune de collaboration. Elle a poussé l’aventure jusqu’à mettre sur pied ledit festival. « Il y a beaucoup de talent, mais pas suffisamment de festivals pour le faire rayonner à son plein potentiel », estime Mme Jean.
Demande de subvention
De nombreux festivals existent en fonction des subventions gouvernementales. Marie-Lyne Jean développe encore ses habiletés en matière de financement. « J’ai su, cette année, que pour le financement, ça se passait au mois de septembre. On est trop tard », remarque-t-elle devant les budgets déjà alloués. Des démarches administratives sont également à réaliser de son côté afin de faire des demandes. « Pour le moment, les frais liés au festival, ça vient de mes poches », dépeint la femme.
L’an dernier, elle a payé 1 000 $. Elle prévoit payer approximativement 5 000 $ cette année. Elle est à la recherche de partenaires et de commanditaires locaux pour soutenir l’événement.
La fin de certains festivals
Le 16 mai dernier, le Festival du Gros Gras des Hautes-Laurentides a annoncé l’annulation de sa cinquième édition. Les difficultés financières ont eu le dessus sur l’élan collectif. « Le soutien attendu n’a pas été au rendez-vous. Sans soutien fédéral, ni provincial, ni régional, un événement d’envergure comme le Gros Gras ne peut tenir debout », faisait savoir l’organisation. Dans un contexte de coupures, il semble kamikaze de mettre sur pied un nouveau festival. « Oui et non. Je pense que ce que j’ai appris des années qui se succèdent, c’est que plus tu es préparée, mieux c’est. J’ai aussi appris qu’avant d’annoncer un festival, il faut aller chercher du financement quelque part », indique Mme Jean. La Chamblyenne affirme continuer à prendre du galon à ce chapitre.
Ils sont quatre à fournir du temps pour l’organisation de L’ÉtiFest. C’est la passion qui anime l’organisation à construire cette proposition en croissance.
