Le documentaire Amanene Beyond Voices

Chambly : Major Voices dans l’objectif de la réalisatrice Maggie Mercier

La Chamblyenne Maggie Mercier présente son documentaire Amanene Beyond Voices. En le tournant en Afrique du Sud, elle suit le parcours résilient de Major Voices, un groupe a cappella né de la dure réalité d’un township (bidonville) défavorisé.

À l’âge de 19 ans, Maggie Mercier a vécu son premier voyage en Afrique du Sud. Depuis, la femme de 31 ans alterne entre Chambly et Cape Town. Elle a notamment découvert le lieu en échappant à l’hiver québécois. Séduite et inspirée par ses paysages ainsi que sa culture, elle a développé un amour naturel envers cette terre adoptive. Son télétravail, dans le milieu du service à la clientèle, lui permet ce rythme de vie déployé sur deux continents.

Lutter contre la criminalité

Assise aux abords du bassin de Chambly, la cinéaste raconte qu’elle a fait la connaissance de Major Voices en 2017. Il s’agit d’un chœur d’hommes fondé dans un township de Khayelitsha, en Afrique du Sud. Son objectif consiste à utiliser la musique pour rendre autonome leur communauté et la motiver à lutter contre la criminalité, le chômage et la drogue. « Vivant dans un environnement défavorisé, nous avons voulu susciter le changement grâce à la puissance de nos voix », est-il possible de lire sur leur site Web. Ils abordent un large éventail de styles tels que le chant a cappella, l’afro-pop, le jazz et le gospel. Autrefois empêtrés dans la vie de gangs criminalisés et la toxicomanie, ils ont trouvé une nouvelle raison d’être grâce à la musique en guise de bouée de sauvetage. Désormais connus au sein de leur communauté sous le nom d’Amanene (les Gentlemen), ils utilisent leurs voix pour répandre l’amour et soutenir ceux qui les entourent. 

Une relation qui se développe

Mme Mercier a tout d’abord présenté un court métrage, lors d’un cours en cinéma touchant le documentaire, sur Major Voices. Non rassasiée, elle a prolongé l’aventure en se lançant cette fois dans un long métrage. La Chamblyenne décrit que ce qui a commencé comme une brève collaboration dans le cadre de ses études a rapidement évolué vers une amitié profonde et durable, fondée sur la confiance, le respect et une évolution commune. Au fil des ans, la rare Blanche (pour ne pas dire la seule) a vécu au sein de leur communauté et partagé leur quotidien, témoin tant de leurs épreuves que de leur volonté de transformer leur vie à travers la musique.

Artiste indépendante et autonome

La trentenaire a assuré elle-même le tournage, la prise de son et la réalisation. Bien que le film ne soit pas encore officiellement sorti, une première projection a eu lieu au sein de la communauté où est né Major Voices. La soirée a rassemblé des habitants, des artistes locaux et des leaders communautaires pour saluer le parcours de Major Voices. La projection a été précédée de prestations en direct. L’événement était gratuit et centralisé afin d’être accessible. « C’était chaotique. Tout est chaotique là-bas, dit Maggie Mercier en riant. La réponse a été bonne et la communauté a été touchée. Ça a donné de la motivation et de l’espoir aux gens », relate celle qui a fréquenté l’école De Salaberry.

La Chamblyenne soumet sa candidature actuellement dans divers festivals de films. Entretemps, l’œuvre jouera dans des festivals en Afrique du Sud ainsi qu’à Toronto. Pour la créatrice, le processus de distribution demeure au coeur de l’enjeu.

Maggie Mercier regagnera sa terre d’accueil possiblement vers la fin du mois d’août. D’autres projets, toujours dans une intention communautaire, sont envisageables.