Chambly : le train qui a développé le secteur
Pendant près de 50 ans, le Montréal & Southern Counties desservait une ligne allant de l’Île-de-Montréal à Granby en passant par les principales villes du territoire de Chambly. L’ancêtre du REM a fonctionné jusqu’en 1956.
Avant le REM et les bus passant le pont Champlain, un train électrique faisait le bonheur de la population entre 1909 et 1956. Il s’agit du Montréal & Southern Counties. « C’est le petit char électrique, sourit Raymond Ostiguy, membre de la Société d’histoire de la Seigneurie de Chambly. C’était essentiellement un train de passagers. Il avait deux places de conducteurs, une à l’avant, une à l’arrière. Les rôles s’inversaient selon la direction qu’il prenait. »
Développement des activités
Ce moyen de transport a permis à bon nombre de personnes de joindre Montréal à la Montérégie, puisqu’une ligne se terminait à Granby alors qu’une autre avait pour terminus Sainte-Angèle-de-Monnoir. « Il avait beaucoup de succès, car peu de gens possédaient une voiture, poursuit Raymond Ostiguy. Il passait par le pont Victoria et les passagers pouvaient rejoindre les tramways et bus montréalais par la rue University. À l’inverse, Chambly Canton, Richelieu et Marieville possédaient une gare. »
Le Montréal & Southern Counties a participé au développement de la Rive-Sud et spécifiquement Carignan, assure Raymond Ostiguy. « Monsieur Cottrell, un promoteur, a demandé la permission à Emma Albani d’utiliser son nom pour créer des subdivisions du terrain à proximité de la ligne du train. Certains lots de terre étaient vendus 8 $! Ces terrains vierges ont laissé place à des habitations et Carignan a vu sa population augmenter grâce à cela. Aussi, l’argument était de dire qu’il y avait aussi beaucoup de choses à faire à Chambly. »
D’ailleurs, les Montréalais n’hésitaient pas à embarquer pour rejoindre Chambly. « C’était un lieu de villégiature, poursuit le membre de la Société d’histoire. On pouvait y pêcher, faire des pique-niques, aller dans des parcs ou jouer au golf. Les prix des billets de train étaient très abordables pour l’époque. »
En comparaison du REM, le train affichait une certaine fiabilité. « Des wagons étaient combinés pour déblayer la neige avant son passage, poursuit Raymond Ostiguy. Mais le service s’est finalement arrêté certainement à cause de la concurrence des automobiles et des bus. »


