La Croisée des chemins de Chambly

Chambly : le pire de la télévision et du cinéma avec Total Crap

Le 19 septembre prochain, l’événement Total Crap sera à La Croisée des chemins. L’initiative propose des montages vidéo du pire de la télévision et du cinéma québécois et d’ailleurs dans le monde.

Le projet Total Crap a débuté en 2003, à Québec. Simon Lacroix et Pascal Pilote organisaient des soirées « pour le fun » dans le salon de Pascal. « On montrait à nos amis notre collection de mauvaise télé qu’on avait en VHS », se remémore Simon Lacroix.

Plus de monde que prévu

Éventuellement, le salon est devenu trop petit. Le temps était venu de faire une soirée dans un plus grand environnement pour que le plus d’amis possible découvrent leurs trouvailles. En février 2004, ils ont tenu leur toute première soirée dans un lieu public, au bar-bistro emblématique le Scanner. « On attendait une cinquantaine de personnes. Il y en a eu 230 », chiffre Simon Lacroix. Six mois plus tard, une seconde représentation a eu lieu. Cette fois, 300 personnes étaient au rendez-vous. Depuis, le duo n’a jamais cessé et le spectacle fait le tour de la province. Il s’est aussi promené en Ontario et en France.

Du matériel inédit

Les deux gars s’efforcent de trouver du matériel inédit. Le mauvais qui circule de façon virale sur le Web ne fait pas partie de ce qu’ils présentent. « On veut surprendre les gens et leur montrer quelque chose qu’ils n’ont jamais vu avant », nuance M. Lacroix. Ils scrutent les archives télévisuelles et cinématographiques d’un répertoire parfois obscur. Certains créateurs auraient possiblement souhaité que jamais ne soient déterrées ces créations ensevelies par le temps. « Si je regarde un film et que je le trouve assez mauvais, je vais prendre des notes ou l’enregistrer », décrit-il notamment à titre de méthodologie de travail. Au rythme des années, des collaborateurs se sont joints au plaisir et leur fournissent des pépites à l’occasion.

Émissions cultes

La lutte locale, l’émission Coup de foudre ou encore Relevez le défi, animée par Gaston Lepage à l’époque, regorgent de moments savoureux qu’ils se délectent de servir à un public avide de piètres productions. Les brocantes demeurent aussi un bon endroit de chasse pour faire revivre un vestige du passé qui a mal vieilli. Il indique qu’un DVD démodé et maladroit d’éducation sexuelle pour élèves de quatrième secondaire peut s’avérer une source de médiocrité à présenter. Il compare par contre que le matériel datant des années 2000 et suivantes est généralement maintenant conçu d’assez bonne qualité. Des segments datant de cette période sont moins souvent au menu.

Remakes turcs

Quand on lui demande quelle est la source intarissable dans laquelle il aime puiser, Simon Lacroix nous parle des remakes turcs. Au cours des années 1970 et 1980, l’industrie cinématographique turque a produit des dizaines de reprises à petit budget inspirées de célèbres superproductions hollywoodiennes et internationales. Ces films transposaient des icônes et des intrigues occidentales. On retrouve entre autres des versions « étranges » de Superman, Dracula, James Bond, L’Exorciste, Rambo, E.T. ou Star Wars. « Ça donne des résultats assez magnifiques », dit-il en riant. Il lui est difficile de nommer l’ultime « bijou » qu’il a dégoté à travers toutes ces années. Parmi le lot, il nomme tout de même Le Noël du Canal 9, une ancienne télévision communautaire. « C’est assez magique. Ça se passe la veille de Noël, en direct. Deux personnes font une ligne ouverte. Les problèmes techniques s’accumulent. Les appelants sont en boisson. Il y a des insultes. Rien ne fonctionne. Ça devient complètement le bordel. J’ai rarement vu ça », convient-il.

Les Nuits de la 4e dimension

Simon Lacroix et Pascal Pilote font une trentaine de spectacles par année. Le 19 septembre, ils seront à Chambly pour la première fois. Parallèlement, Simon travaille en postproduction dans le cinéma. Pascal est propriétaire d’un magasin de disques.

Avec un autre collaborateur, Simon Lacroix met aussi sur pied Les Nuits de la 4e dimension, au Cinéma du Parc à Montréal. Il est question d’une série de projections consacrée à des films de série B. « C’en est tellement mauvais que c’en est bon », dépeint-il.