Chambly : grosses pointures à chausser en hommage aux Cowboys fringants
Joyeux Calvaire, groupe hommage aux Cowboys fringants, sera de passage au Délires et Délices de Chambly pour une seconde fois, le 21 février prochain. La formation chausse de grosses pointures alors qu’elle perpétue la mémoire d’un des groupes les plus mythiques du Québec.
Les premiers balbutiements de ce qui deviendra Joyeux Calvaire remontent à bien avant le décès de Karl Tremblay, chanteur des Cowboys fringants. À la base, le groupe rassemblait de vieux chums qui jouaient du Cowboy, au Lac-Saint-Jean, il y a une vingtaine d’années.
Le temps a fait en sorte que les membres de la formation se sont dispersés à travers la province. C’est encore le cas. « C’est vraiment pas l’idéal pour les pratiques », reconnaît avec humour Olivier Jean, guitariste du groupe.
C’est l’explosion majeure, survenue en mars 2022 dans les installations du Centre de valorisation de l’aliment de Sherbrooke, qui a involontairement mis le projet sur les rails. Au total, le drame avait fait cinq blessés, dont certains étaient dans un état grave. Des victimes avaient été transportées en centre pour grands brûlés. Olivier Jean en faisait partie. « Quand je suis sorti de l’hôpital, le but était d’amasser des fonds pour les grands brûlés. On a monté deux spectacles. Ça avait été tellement le fun et les gens ont tellement trippé que l’on s’est dit pourquoi ne pas le continuer », relate le musicien.
Décès de Karl Tremblay
Après le premier spectacle, en mars 2023, et le deuxième, en septembre, le décès de Karl Tremblay est survenu au mois de novembre. Le groupe s’est demandé s’il poursuivait le projet. « On ne voulait tellement pas profiter de son décès pour mousser des spectacles », indique Olivier Jean.
Le groupe n’a finalement pas cessé, mais il a fait profil bas pendant un bout de temps. Puis, les demandes sont venues un peu d’elles-mêmes, naturellement. « Ça a été long avant que l’on se dise qu’on le pousse et qu’on le mousse. Avant, on y allait plus go with the flow et on va prendre ce qui vient », convient le guitariste.
Des droits à payer?
À un certain point, Olivier Jean mentionne que le groupe s’est questionné à savoir s’il ne devait pas contacter les Cowboys fringants. Comment ça fonctionne pour les droits d’auteur? « C’est une bonne question à laquelle j’ai moi-même de la misère à répondre », admet-il en toute honnêteté.
Il affirme que Joyeux Calvaire a effectué des recherches à ce sujet. « On n’a jamais vraiment demandé les droits. Je me suis fait répondre que les salles de spectacles et les festivals paient déjà des droits. On ne nous l’a jamais demandé », définit le musicien. À titre de fanatique du groupe d’origine, Olivier Jean comprend qu’il roule sur les succès et le nom d’un autre groupe, mais il compense en observant faire vivre de beaux moments à un public qui le demande. « S’ils (membres d’origine des Cowboys fringants) viennent nous en parler et que ça les dérange, on va discuter avec eux. C’est bien sûr que notre but, c’est pas d’être en chicane avec eux autres », déclare-t-il.
Beaucoup de couches musicales
Si, dans leur jeune temps, les musiciens reproduisaient les chansons parfois de façon minimaliste, ils sont désormais passés à l’étape supérieure. Les couches de piano, de violon, d’accordéon, de trompette, d’harmonica et de trombone s’ajoutent aux instruments de base. « Ça prend tellement de musiciens pour faire sonner le plus près possible de l’album. C’est un défi dont on s’est rendu compte en le faisant », remarque Olivier Jean. Joyeux Calvaire réunit d’ailleurs parfois six ou sept musiciens sur scène.
Si le groupe respecte principalement les chansons de façon intégrale, il s’inspire de ce que faisaient les Cowboys en spectacle pour intégrer des introductions, des transitions ou des solos. « Au début, on faisait la toune comme sur l’album, mais au fur et à mesure, on trouvait que le spectacle était trop carré. Mais sinon, on se colle pas mal à ce qu’ils faisaient, eux, live », décrit l’artiste.
Plusieurs hommages
Joyeux Calvaire n’est pas le seul groupe hommage aux Cowboys fringants. Il rivalise, à tout le moins, avec Break syndical, L’Expédition, Motel Capri et La Grand-Messe, doyen des cinq. « Il y en a beaucoup trop, exprime Olivier Jean, en riant. On s’est tous déjà parlé un peu. C’est quand même beaucoup pour tourner à travers le Québec. Aussitôt que Karl est parti, ça a poppé. Le buzz est là depuis deux ans. Je ne pense pas que ça va s’estomper, mais là, il y a beaucoup de demandes. »
On ne peut pas toutes les faire
En spectacle, Joyeux Calvaire fait défiler 24 chansons. Sur deux heures, la bande effectue la tournée des plus grands succès. « On pourrait faire dix autres chansons qui seraient encore des hits du groupe », estime Olivier Jean, qui nous fait part qu’il y a toujours un puriste qui vient leur demander des chansons plus obscures, comme Le plombier. « On ne peut pas toutes les faire », se résigne-t-il avec le sourire.
Les membres du groupe ne vivent pas de Joyeux Calvaire. Ils travaillent dans divers domaines tels l’alimentation, l’enseignement ou la musique.
