Carignan : Less Toches, quand le Sud s’invite au nord
La formation Less Toches, composée de musiciens latino-américains, sera en prestation au parc des Îles, à Carignan, le 24 août prochain.
Less Toches se décrit comme la collision musicale de cinq personnages explosifs. Leurs origines colombiennes, mexicaines, cubaines et argentines se conjuguent pour faire revivre les rythmes qui ont marqué leur enfance à travers la tradition folklorique : la cumbia continentale de Montréal, genre musical et une danse qui s’est répandue en Amérique latine.
Leur univers musical et humoristique se traduit à travers un esprit paysan et riverain, sur des mélodies d’accordéon. « La magie éternelle des paysans troubadours du Sud acquiert ici un air poétique, passionné et amusant », décrit Daniel Rodriguez, percussionniste, membre fondateur et gérant du groupe.
Un petit miracle musical
Le gérant considère la création du groupe comme un « véritable petit miracle ». Leurs rencontres ont eu lieu dans des espaces de partage musical non conventionnels – parcs, jams, performances de rue – particulièrement vers la fin de la pandémie. L’arrivée de John Gonzalez sur l’île de Montréal a attiré l’attention des musiciens passionnés par la musique festive. Jacob Basque, quant à lui, nourrissait déjà un intérêt prononcé pour les traditions des troubadours de la côte caraïbe colombienne, ainsi que pour les ressemblances avec les ensembles traditionnels mexicains de son enfance. L’introduction de la basse et des percussions s’est faite naturellement.
Less Toches repose sur cinq piliers fondamentaux, chacun porté par un membre du groupe : la mélodie de l’accordéon, évocatrice des paysages afro-colombiens; la déclamation poétique et quotidienne du chanteur-joueur de guacharaca; la rythmique mystique des tambours afro-colombiens; le groove d’une basse inspirée de la cumbia villera argentine; et enfin, une approche collective où l’improvisation et la spontanéité sont centrales. « Ensemble, ces éléments forment un langage à la fois profondément enraciné dans des traditions centenaires et résolument tourné vers l’innovation, toujours porté par l’esprit festif du genre. Cette combinaison spontanée nous a amenés à jouer sur des scènes aussi improbables que divertissantes », révèle Daniel Rodriguez.
D’abord une thérapie
« Partager la musique entre nous, puis avec un public déjà curieux et enthousiaste, a été avant tout une thérapie après la période d’isolement. Cela nous a permis d’exprimer une joie de vivre malgré des conditions difficiles, comme la distance avec nos proches ou l’isolement social », soutient Daniel Rodriguez.
Les premiers mois du groupe ont été marqués par des concerts familiaux et des performances autoproduites dans des bars et des salles de Montréal. Mariages, fêtes de ruelle, rues piétonnes et événements communautaires ont constitué leur terrain d’expérimentation, des espaces où les contraintes de temps et de forme étaient moindres, favorisant la création libre. Rapidement, ils ont composé leurs premières pièces originales, développant un esprit distinct auquel un public coloré s’est immédiatement identifié.
Un prix marquant
Puis est venu le temps de participer au concours de musiques du monde Syli d’Or. Pour la formation, ce fut l’occasion d’explorer la puissance scénique de ses compositions. Elle y a remporté la 17e édition des Syli d’Or de la musique du monde, marquant ainsi un tournant important dans son parcours.
À l’issue de ce prix, Less Toches a été invité à plusieurs événements majeurs rassemblant la communauté latino-américaine : le tout premier Festival de la Cumbia, Norte Tropical, le Festival colombien de Montréal et Latinarte. « Ces scènes nous ont permis de réaffirmer nos liens aux racines culturelles et de répondre à la demande d’un public en quête de sons traditionnels évoquant leur terre d’origine. Nous avons reçu la validation et la bénédiction d’une communauté exigeante et généreuse, comme si notre musique faisait déjà partie de son identité collective », remarque le percussionniste.
Par la suite, sa présence au Festival Nuits d’Afrique, au Festival Rythmes du Monde à Sherbrooke, à l’événement Les Premiers Vendredis au Vieux-Port de Montréal et au Musée McCord lui a permis de rencontrer un nouveau public et de confirmer la portée universelle des rythmes qui nous inspirent.
