Carignan : de la vie sur les murs à la Maison des aînés et alternative
La Maison des aînés et alternative (MDAA) de Carignan accueille une exposition temporaire, mettant en valeur des œuvres prêtées par la Galerie de Miss Rey, située à Chambly.
Les résidents de la MDAA de Carignan ont vu de la vie s’accrocher sur leurs murs. Une quarantaine de toiles, issues de quatre artistes différents, colorent les parois sur trois étages.
« Je suis très heureux de voir autant de belles oeuvres chez moi. C’est un honneur de retrouver ce type d’oeuvres que l’on pourrait retrouver dans un musée et d’y avoir accès facilement, tous les jours. Ça fait vraiment du bien », déclare Julien L’Ecuyer.
L’homme, qui occupe le volet « alternatif » de la MDAA de Carignan, explique de quelle façon l’initiative bonifie son quotidien. « J’ai toujours aimé l’art, que ce soit le théâtre, le cinéma ou la peinture. Étant donné que je vis ici, je vois toujours les mêmes murs. Avoir ça chez nous, c’est bon pour le moral et ça égaie la vie », convient M. L’Ecuyer.
« C’est tellement beau. Ça fait changement », émet à son tour Nicole Labrecque, dont l’une des filles est elle-même peintre. Au deuxième étage, où elle demeure, elle contemple les oeuvres lors de ses déplacements.
Des préférences assumées
Julien L’Ecuyer affirme sa préférence pour l’œuvre Sur les flots, d’Yves Doré, en évoquant la présence de couleurs. « C’est une très belle toile. En partie supérieure, il y a la cabane et le bateau du pêcheur. Ensuite, en partie inférieure, il y a tout le reflet. On voit bien l’ondulation de l’eau, les vagues. C’est ma préférée », décortique-t-il. Lors du vernissage, il a d’ailleurs eu l’occasion d’échanger brièvement avec l’artiste.
Pour Nicole Labrecque, ce sont les oiseaux de Danielle Nadon qui viennent la chercher intérieurement. Ayant vécu 25 ans à La Minerve, elle relate les souvenirs du temps où elle vivait en nature, entourée d’une faune diversifiée.
Semaine du loisir
En collaboration avec la Semaine du loisir, ce partenariat avec le milieu artistique vise à offrir une expérience culturelle enrichissante aux personnes qui vivent ou travaillent à la MDAA de Carignan, ainsi qu’à celles qui viennent visiter un proche. « On veut faire vivre à l’intérieur des murs ce que les personnes hébergées ne peuvent pas aller chercher nécessairement à l’extérieur. Ce n’est pas parce qu’elles sont hébergées qu’elles ne reconnaissent pas l’art ou n’aiment pas vivre d’événements. Ça amène douceur, esprit créatif et de la beauté », estime Isabelle Caron, directrice du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées au CISSS de la Montérégie-Centre.
Miss Rey dans le portrait
Les créations sont l’œuvre de Marc Hébert, Michel Vincent, Danielle Nadon et Yves Doré. C’est Clea Reynolds, de la Galerie de Miss Rey, qui les a mises de l’avant. Elle se nourrit des réactions et des discussions que provoquent les toiles. « On sait que leur vie (résidents), ça peut être terne, à être dans une chambre. Ce que je vois dans les yeux des résidents, c’est vraiment ma paye », définit la galeriste.
À travers sa volonté de propager l’art, Clea Reynolds en vient à la conclusion qu’elle a une forme de responsabilité sociale. « Je suis dans une position où je suis entourée d’artistes qui participent à mes folies pour garder l’art vivant dans les yeux, les cœurs, les têtes des gens. Sans les arts, la vie est beige », considère-t-elle.
