Contraints de déménager : une année pénible pour neuf familles

Par Annabelle Baillargeon
Contraints de déménager : une année pénible pour neuf familles

EXPROPRIATIONS. Si la proximité de l’école primaire Saint-Vincent avait motivé Marie-Josée Forget à acheter sa maison, ce choix se sera finalement retourné contre elle. Huit ans plus tard, elle est expropriée, pour permettre l’agrandissement de l’établiss

À quelques jours du grand départ, la résidente de Saint-Césaire admet qu’elle commence à se faire à l’idée. La situation est toutefois moins facile pour ses enfants, sa mère et son frère, qui vivent avec elle.

«Les enfants vont devoir changer d’école. Ma fille trouve ça plus difficile, elle va devoir recommencer à zéro, se faire de nouveaux amis, s’habituer à de nouveaux professeurs», regrette la maman.

La famille déménagera à Roxton Pond, où elle a trouvé un logis. «Ma nouvelle maison ne se trouve pas près de l’école, je ne prendrai plus jamais la chance d’être expropriée», assure Mme Forget.

Négocier serré

La Ville est parvenue à négocier de gré à gré avec les neuf propriétaires touchés par cette mesure. Ces discussions n’ont toutefois pas été simples pour Mme Forget, qui a fait réévaluer l’enveloppe totale qu’elle obtiendra de la municipalité, à l’aide d’un avocat et d’un évaluateur qu’elle avait engagé.

Au final, elle a réussi à obtenir un montant de 210 000$, ce qui est peu, selon elle, pour couvrir l’ensemble des frais entraînés par le changement de propriété. Au terme des transactions, il ne lui restera pas beaucoup d’argent pour se garder un coussin de sécurité.

Une année éprouvante

La citoyenne confie que l’expropriation fut très difficile à gérer au cours de l’année. Comme elle ignorait le montant qu’elle obtiendrait pour sa maison, cette pression financière lui a causé beaucoup de stress.

Cette épopée a également affecté sa santé, en plus de mettre sur la glace son poste de machiniste. «Je n’avais pas la tête à travailler», évoque-t-elle.

Malgré tout, Marie-Josée Forget a dû rester forte. «Je n’avais pas le choix de garder le cap, pour mes enfants et ma mère.»

Des délais qui s’étirent

Mme Forget attend toujours son chèque de la municipalité. La Ville avait pourtant indiqué aux neuf citoyens touchés par l’expropriation qu’ils devraient quitter le 31 janvier, date où elle prendrait possession des terrains.

Les citoyens devaient recevoir leur chèque deux semaines à l’avance pour permettre la transition. Selon le maire Guy Benjamin, les propriétés ont été payées par la municipalité, mais le tribunal administratif de Saint-Hyacinthe n’a toujours pas terminé de vérifier les dossiers.

«Tant que le tribunal n’aura pas terminé son travail, on ne mettra pas les gens dehors», promet le maire.

Mme Forget demeure toutefois impatiente de pouvoir passer à autre chose, soulignant que ses boîtes sont prêtes pour le déménagement.

«J’aurais aimé pouvoir régler ça avant le retour en classe après les Fêtes pour les enfants. Chose certaine, c’est que je n’aurais pas voulu rester à Saint-Césaire», lance avec amertume la mère monoparentale.

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