Conflit politique au sein des élus de Saint-Mathias-sur-Richelieu

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Par Martine Veillette
Conflit politique au sein des élus de Saint-Mathias-sur-Richelieu
Jocelyne G. Deswarte est mairesse de Saint-Mathias depuis 2013. (Photo : archives - Martine Veillette)

La division est de plus en plus marquée entre quatre élus et la mairesse de Saint-Mathias-sur-Richelieu. Si certains veulent la démission de Jocelyne G. Deswarte, elle compte rester en poste.

La mairesse affirme qu’il y a une guerre de pouvoir et que des conseillers souhaitent qu’elle quitte les rênes de la Ville. « Je reçois régulièrement des courriels me demandant de démissionner », a-t-elle soutenu en assemblée publique en mai.

En entrevue, elle a mentionné ne se rendre maintenant qu’une fois par semaine à l’Hôtel de Ville avec un témoin. « Parce qu’on dit que je fais du harcèlement, dit-elle. J’ai peur qu’on dise des mensonges sur moi. »

Mme Deswarte affirme ne pas comprendre l’attitude des conseillers Steve Bruneau-Collard, Maxime Labrie, Jacques Lépine et Marjolaine Godbout, qui ont été élus avec elle en novembre 2017. Ils ont claqué la porte de son parti en décembre. Mme Godbout s’est présentée pour un second mandat dans l’équipe de Jocelyne Deswarte – Ensemble pour nos citoyens. « Pourquoi est-elle revenue avec moi? Pourquoi Jean (Rioux) et Daniel (Tétrault) ont-ils encore confiance en moi? », se questionne-t-elle.

Elle croit qu’un des quatre conseillers indépendants souhaite prendre sa place. « Je vais rester jusqu’au bout », clame la mairesse.

« On ne demande rien de mieux que l’atmosphère change. » – Marjolaine Godbout

Changement

Lorsqu’ils ont quitté son parti, les conseillers évoquaient être « en désaccord avec la mairesse sur les moyens de prendre des décisions et sur la façon de communiquer l’information ».

Mme Godbout a indiqué que son premier mandat avec Mme Deswarte n’avait pas été le même pour diverses raisons. « Oui, je trouvais qu’elle était particulière. Il y avait quelque chose, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. À mon second mandat, je n’avais plus de doutes », dit-elle.

Le conseiller Lépine est catégorique : il souhaite que la mairesse démissionne. « Je ne suis pas d’accord avec son style de gestion centré sur elle », affirme-t-il.

De leur côté, MM. Bruneau-Collard et Labrie et Mme Godbout sont plus nuancés. Ils indiquent qu’ils veulent que Mme Deswarte corrige certains comportements, sans quoi elle devrait repenser à son avenir politique.

Les trois ont soulevé qu’elle doit « changer d’attitude envers l’administration municipale et les élus », qu’elle doit « présider convenablement les séances du conseil en gardant le quorum » et qu’elle doit démontrer « un meilleur leadership ». « On ne demande rien de mieux que l’atmosphère change. Je ne crois pas que Mme Deswarte, étant ce qu’elle est, va changer », estime Mme Godbout.

Neutre

De son côté, Daniel Tétrault n’a rien à reprocher à la mairesse et souhaite rester neutre dans ce conflit. Il soutient ne pas comprendre la situation. « Je suis surpris de voir que ça a viré comme ça. Je n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé. La situation n’est pas agréable », dit-il.

Le conseiller affirme toujours prendre ses décisions par lui-même et ne pas avoir de vision imposée par Mme Deswarte.

Le conseiller Jean Rioux soutient qu’il s’agit « d’une guerre de clan ». La situation le désole. Celui qui en est à son 4e mandat avec Mme Deswarte a de bons mots pour la mairesse. « Elle est trop bonasse, croit-il. Elle a un grand cœur. »

Avancement de la Municipalité

La mairesse soutient ne plus « arriver à avancer. On ne fait plus rien. J’ai plein de projets ».

Les quatre conseillers ont décidé de ne plus participer aux rencontres de caucus avec elle et les deux autres conseillers. « Elle n’a aucun respect et chaque fois, il y a de la chicane. Ce n’est pas intéressant », soutient M. Lépine.

M. Tétrault trouve difficile de ne plus pouvoir discuter des dossiers avec les autres conseillers. « Je ne suis pas d’accord sur tout. Il faut pouvoir échanger pour trouver une solution en gang, pas tout seul », mentionne-t-il.

De leur côté, les quatre conseillers assurent faire avancer les dossiers. Ils sont quatre contre trois; donc, ils détiennent la majorité.

Les conseillers joints ont tous dit vouloir faire avancer les dossiers pour le bien des citoyens et de la Municipalité et souhaiter laisser la politique de côté pour retrouver une harmonie. « On veut travailler pour les citoyens et non pas en vue des prochaines élections », affirme M. Labrie.

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