Montérégie : grève illimitée possible du milieu communautaire
La menace d’une grève illimitée plane chez les organismes communautaires. Ils manifesteront le 15 septembre prochain, là où la première ministre Christine Fréchette se présente en vue des prochaines élections.
« Lors de la manifestation du 15 septembre, il sera question de s’en aller possiblement vers une grève illimitée. C’est dans l’air plus que jamais », révèle Johanne Audet, directrice générale (DG) du Centre d’action bénévole (CAB) La Seigneurie de Monnoir. Le 25 mars dernier, dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte, les organismes communautaires locaux ont manifesté dans le Vieux-Saint-Jean. Le 2 avril, ils ont été des milliers devant l’Assemblée nationale. Le 15 septembre, le milieu communautaire provenant d’un peu partout se rassemblera cette fois à Trois-Rivières, circonscription dans laquelle se présente Christine Fréchette.
Au printemps dernier, les organismes ont demandé à Québec de mettre en place une véritable table de négociation structurée avec le comité national du mouvement. « Mme Fréchette n’a pas répondu à nos attentes », nomme Mme Audet. Elle met de l’avant ses besoins en matière de finances. « Je dois engager du personnel. On travaille à équipe réduite. J’ai des employés qui font la tâche pour deux afin de répondre à tous les besoins », décrit-elle. La DG du CAB indique qu’elle a dû refuser une demande d’aide la semaine dernière en raison du manque d’effectif. « Si l’on répond positivement à la demande, on se met le doigt dans l’engrenage et ça n’arrêtera jamais. C’est au CLSC de la prendre en charge ou au gouvernement à nous financer adéquatement », réclame Mme Audet.
Demande d’engagement
Le 3 septembre, le CAB ouvrait ses portes. Jean-François Roberge, candidat pour la CAQ, était présent. Johanne Audet révèle qu’elle avait une lettre d’engagement à lui faire signer. Il se doit « d’être favorable à la mise en place immédiate d’une table de négociation entre le gouvernement et les représentants du mouvement afin d’aboutir à des solutions concrètes, durables et structurantes », était-il possible de lire dans le document. Il est exigé qu’il porte cette demande auprès du gouvernement et de ses collègues; qu’il favorise l’ouverture d’un espace de négociation formel avec le milieu communautaire; qu’il suive l’évolution de ce dossier et qu’il contribue à l’avancement des solutions. « S’il ne signe pas, il pourra être présent, mais il ne pourra pas prendre de photos avec nous. S’il ne s’engage pas, il ne moussera pas son image et ne fera pas de promotion en utilisant notre organisme sur ses réseaux sociaux en disant qu’il nous aide », établit Johanne Audet. Au moment d’écrire ces lignes (2 septembre), il n’avait pas été possible de savoir si le député caquiste allait signer le document.
D’autres organismes au front
Nathalie Boucher, codirectrice de l’organisme Aux sources du Bassin de Chambly, fait savoir qu’elle soutiendra le mouvement tout l’automne. « Nous sommes toujours en attente, rien dans nos revendications n’a évolué », dit-elle. Elle souhaite pouvoir compter sur des montants financiers récurrents. « Nous devons composer avec les dons des citoyens et de certains donateurs ainsi que quelques subventions par projet, ce qui en résulte par des budgets prévisionnels très instables », dépeint-elle.
« Malheureusement, ça stagne, ajoute Cynthia Rousseau, DG du Carrefour Familial du Richelieu. Depuis la grève du milieu communautaire, nous avons l’impression que les choses n’avancent pas et que le gouvernement ne nous met pas en priorité alors que, sur le terrain, les besoins des familles continuent d’augmenter. » Mme Rousseau affirme qu’elle sera présente le 15 septembre. « Il faut se mobiliser et se faire entendre pour que le gouvernement passe à l’action », soulève-t-elle.
« Nous continuons d’appuyer les revendications portées par le mouvement communautaire autonome. Les organismes souhaitent surtout que les investissements se traduisent par un soutien tangible leur permettant d’assurer la pérennité de leurs services auprès de la population », renchérit Sylvie Blanchard de l’Entraide Plus. « Nous continuons d’offrir nos services à la population, tout en demeurant engagés dans les revendications visant à mieux soutenir le milieu communautaire », fait entendre Intégration compétences, qui annonce participer à la mobilisation du 15 septembre prochain à Trois-Rivières.
La Corporation de développement communautaire Haut-Richelieu-Rouville (CDCHRR) s’attend à ce que les personnes qui seront élues soient proactives en matière d’humanité. « Nous espérons qu’elles auront retenu l’importance d’investir dans la prévention, laquelle permettra de limiter le curatif. Malheureusement, nous sommes dans une société curative, qui attend toujours d’être dans la rivière avant d’intervenir », observe Nathalie Grenier, directrice de la CDCHRR.


