Marieville : elle lègue 735 000 $ à des organismes

La Marievilloise Cécile Pépin-Leduc a choisi de léguer ses 735 000 $ à trois organismes. La somme leur sera profitable afin d’assurer les services offerts à la population.

Le 10 février 2025, à l’âge de 85 ans, Cécile Pépin-Leduc est décédée. Son mari, Jean-Paul Leduc, mort en 2015, et elle n’ont jamais eu d’enfants.

La Marievilloise laisse derrière elle un legs de 735 000 $. Cette somme se trouve à être divisée, à parts égales, parmi trois organismes : la Fondation Santé Haut-Richelieu – Rouville, la Fondation québécoise du cancer et Diabète Québec. « Ces trois organismes leur tenaient à coeur », explique Maurice Gladu, liquidateur testamentaire.

Maurice Gladu est responsable de régler la succession de la défunte, notamment par la distribution des biens. C’est sa femme, Monique, qui tenait ce rôle initialement. Il a hérité de la tâche lorsqu’elle est décédée, il y a sept ans. Aucun des deux n’a touché d’argent, volontairement, pour mener à terme la mission. « Ils étaient mes amis », répond M. Gladu, tout simplement. Pendant une trentaine d’années, les deux couples ont vécu face à face. Maurice Gladu, qui a passé ses 80 années à Marieville, et sa femme ont aidé Mme Pépin-Leduc à réaliser diverses tâches au cours des dernières années de sa vie.

Respecter la volonté

Bien que sans enfant, Cécile Pépin-Leduc laisse tout de même dans le deuil de la belle-famille, ainsi que plusieurs neveux et nièces. Maurice Gladu est ferme à ce sujet. Il tient à faire respecter la volonté du couple. « J’exécute. J’ai montré le testament à la famille. Je n’étais pas obligé. Je n’ai rien à cacher », dit-il. Il a vérifié auprès d’un avocat si le testament était contestable. « Il l’a regardé et m’a dit de ne pas m’inquiéter : c’est pas contestable », s’est-il assuré.

Peu dépensiers

Cécile Pépin-Leduc était couturière. « Elle faisait leur linge personnel », situe M. Gladu. Jean-Paul Leduc a exercé le métier de fromager chez Parmalat. L’entreprise a mis la clé sous la porte de son usine de Marieville, le 30 septembre 2015, pour transférer ses activités de production fromagère à Victoriaville. « Il travaillait six jours par semaine. Ça ne sortait pas », révèle Maurice Gladu. Lorsque M. Leduc a rendu l’âme, il a voulu que Mme Pépin-Leduc vive sa vie. « Je voyageais deux ou trois fois par année. J’ai invité Cécile à se joindre à nous. Elle disait avoir peur de l’avion, mais ça ne dépensait pas », décrit M. Gladu. Il résume la situation en une phrase : « Elle n’en a pas profité, mais elle va en faire profiter les autres. »

Une « surprise » d’envergure

Chaque organisme touchera donc environ 245 000 $. Julie Coupal, directrice générale (DG) de la Fondation Santé Haut-Richelieu – Rouville, a appris la nouvelle du don inattendu seulement après le décès de la Marievilloise. « C’est une magnifique surprise. On aime que les gens nous le disent de leur vivant. Ça nous permet de les remercier chaque année et de leur donner de l’information pour qu’ils aient une idée de ce à quoi serviront les sous qu’ils nous lèguent », soutient la DG de l’organisme de bienfaisance enregistré (OBE). Mme Coupal reçoit approximativement un legs par année. Elle révèle qu’ils ne sont toutefois pas aussi élevés que celui-ci. Concrètement, l’argent ira soit au projet de réfection de l’unité de pédiatrie de l’Hôpital du Haut-Richelieu ou dans les investissements destinés au CHSLD/Maison des aînés.

De son côté, Marco Décelles, DG de la Fondation québécoise du cancer, mentionne que ce genre de don représente de 10 à 20 % du financement de l’organisation provinciale. L’organisme sans but lucratif ne reçoit pas de subvention gouvernementale. Le montant aidera à « poursuivre et à bonifier » la mission. Diane Charbonneau, conseillère principale à la philanthropie chez Diabète Québec, convient qu’il s’agit d’un « bon » montant. L’argent aidera notamment l’OBE à faciliter l’accès aux capteurs de glycémie et aux pompes à insuline. « C’est toujours accueilli avec énormément de gratitude. Les gestes posés sont exécutés dans le plus grand des respects de la personne défunte », indique Mme Charbonneau. Outre par l’entremise de son Programme d’accompagnement pour les personnes vivant avec le diabète, Diabète Québec ne reçoit pas non plus de subvention gouvernementale. « C’est une infime partie. Le reste, on ne fonctionne que par des dons », met en reflet Mme Charbonneau.