Coincée à l’étranger

Photo de Jean-Christophe Noël
Par Jean-Christophe Noël
Coincée à l’étranger
L’aéroport international Jorge Chávez bondé en cette période pandémique. (Photo : courtoisie - Anne-Marie Trépanier)

Anne-Marie Trépanier, Carignanoise, a trouvé le temps long, prisonnière à Lima, au Pérou.

Accompagnée de son conjoint et d’un couple d’amis, Anne-Marie Trépanier est arrivée au Pérou le 15 mars et devait revenir au pays le 26 du même mois.

« Deux jours avant le voyage, mon ami s’est présenté à l’agence qui lui a dit qu’au Pérou, tout était ok. Il lui a été dit que c’était notre choix de partir ou non, mais que si nous annulions, nous n’étions pas remboursés et qu’il n’était pas possible de déplacer le voyage », mentionne Anne-Marie Trépanier.

« Nous avons donc pris l’avion, notre vol n’étant pas annulé, pensant que c’était correct. Arrivés à Lima à 1 h 45, un guide nous attendait et nous a mentionné que nous devrions retourner au Canada, car le Pérou parlait de fermer les frontières. Pourquoi au Canada ils ne nous ont pas dit la même chose? » questionne Mme Trépanier.

Le 15 mars, dans la soirée, la nouvelle tombe, le Pérou fermera ses frontières.

« Nous sommes retournés à l’hôtel et avons appelé notre agence. Le guide touristique est venu nous chercher le lendemain afin d’avoir un vol de retour. L’aéroport était bondé. Les gens se disputaient alors que d’autres pleuraient. Nous sommes restés pendant cinq heures pour nous faire dire qu’il n’y avait plus de places. Nous sommes retournés à l’hôtel », relate la Carignanoise.

Confinée à l’hôtel, Anne-Marie Trépanier a attendu le 26 mars pour son retour au bercail. Étant donné les restrictions imposées par le gouvernement péruvien, Air Canada a, entre-temps, été forcée d’annuler tous ses vols réguliers, n’opérant que des vols spéciaux à la demande des autorités canadiennes.

C’est à ce moment qu’est entré en scène le code de rapatriement, celui qui permettra aux voyageurs canadiens de regagner leur nation. Mme Trépanier a compris rapidement que de recevoir de l’ambassade ce fameux code ne suffisait pas.

« Nous sommes également étroitement surveillés par la police et l’armée. » – Anne-Marie Trépanier

« J’ai reçu le code pour réserver le vol de rapatriement. Dès la première minute de tentative, le vol a été impossible à réserver. J’ai essayé pendant plus de 1 h 30, mais sans succès. De Montréal, un ami a appelé Air Canada pour essayer de réserver le vol pour moi. Après avoir été mis en attente plus d’une heure, on lui a dit que le vol du 26 mars était plein ainsi que celui du 27. Comment celui du 27 pouvait être déjà plein si les codes n’étaient envoyés que la veille? » se demande Anne-Marie Trépanier.

« Les opérations de rapatriement se font en collaboration avec le gouvernement canadien. Toute la logistique entourant le retour des Canadiens sur ces vols spéciaux relève d’Affaires Mondiales Canada. Il y a en effet un code qui est fourni. Celui-ci est transmis uniquement à l’ambassade canadienne locale, qui elle s’occupe de contacter les Canadiens inscrits. Air Canada ne gère aucunement la liste des passagers sur ces vols spéciaux », explique au Journal Pascale Déry des communications chez Air Canada.

En date du 30 mars, Anne-Marie Trépanier était toujours coincée au Pérou. La crainte s’est emparée d’elle depuis plusieurs jours déjà. C’est à 17 h 20 qu’elle a reçu de l’ambassade le message qu’elle attendait depuis 13 h. Après avoir rempli en ligne le document pour avoir son billet de retour, quant est survenue l’étape du paiement, un message indiquant que le site éprouvait des difficultés lui est apparu.

« Nous sommes vulnérables ici. C’est une forme de loterie. La procédure n’est pas évidente. Le fait de devoir attendre un courriel pour avoir un code pour avoir des billets nous garde sur le qui-vive. Nous sommes confinés à la chambre. Nous n’avons pas le droit de circuler dans l’hôtel et lorsqu’on sort pour aller à l’épicerie, on se met à risque d’attraper le virus, ce qui nous empêcherait de revenir. Nous sommes également étroitement surveillés par la police et l’armée », décrit la femme inquiète.

Après plus de deux semaines passées à l’hôtel, c’est à 14 h 50, aujourd’hui, que Mme Trépanier prendra l’avion vers Toronto. De là, elle et les trois autres voyageurs se loueront une voiture afin de regagner leur domicile.

Une fois les valises déposées, elle essaiera de se faire dédommager, mais, à ce stade de l’aventure, elle n’en est pas là dans sa démarche.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires